l'économie circulaire veut limiter les décharges
Glossaire

C’est quoi l’Économie Circulaire ?- 5 minutes de lecture

Définition et enjeux de l’économie circulaire, ce modèle économique qui représente l’un des axes essentiels à la réussite de la transition écologique.


La définition en quelques mots

L’économie circulaire, c’est un modèle économique dont l’objectif est de produire des biens et des services de manière durable, en limitant la consommation et les gaspillages de ressources (matières premières, eau, énergie) ainsi que la production des déchets. C’est un modèle totalement opposé à celui qui domine actuellement, qui est un modèle dit “linéaire”. La transition vers l’économie circulaire permet de créer des modèles de production et de consommation qui sont durables et respectueux de l’environnement.

Et pour aller plus loin

Jusqu’à ces dernières années, le modèle économique dominant consiste en un schéma simple : on extrait des ressources pour produire des biens. On utilise ces biens. Puis on les jette. Et on recommence l’extraction de ressources pour produire à nouveau.

Quel est le problème de ce modèle ? Il part du principe que les ressources qui permettent de produire sont inépuisables. Ce qui est faux bien entendu. D’une part, on épuise la planète et d’autre part, à force de consommer, on épuise aussi nos portefeuilles. Et les dérives commerciales – obsolescence programmée en tête – accentuent ces effets. Ainsi, les enjeux de l’économie circulaire sont à la fois environnementaux, économiques et sociaux.

Elle concerne les particuliers bien entendu. Mais elle repose avant tout sur les entreprises : les méthodes qu’elles utilisent pour extraire des ressources jouent directement sur la production de déchets (par exemple, le secteur de la construction produit environ 70% des déchets en France). Cependant, la manière de fabriquer des produits influence également leur durée de vie (coucou l’obsolescence programmée) ainsi que la capacité à les réparer (qui peut réparer chez lui un produit Apple ?)

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compost
Valoriser les biodéchets pour en faire du compost, c’est une des applications de l’économie circulaire

Comment renouveler des pratiques ancrées depuis si longtemps ?

Vaste chantier que celui de transformer nos habitudes. La transition vers l’économie circulaire nécessite de progresser dans plusieurs domaines. Mais pour simplifier, il y a 3 grands axes sur lesquels travailler :

  • Réduire la quantité de matières premières pour fabriquer des produits ;
  • Mettre au point des produits plus durables et réparables ;
  • Recycler les déchets pour les réutiliser dans d’autres productions.

L’économie circulaire peut également se conjuguer avec une réduction de la consommation, favorisée par l’économie collaborative, qui consiste à utiliser un service sans forcément être propriétaire du produit (le covoiturage, l’échange de services entre particuliers, etc.).

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la poubelle connectée R3D3
Le recyclage – notamment des matières plastiques – est un enjeu majeur de l’économie circulaire

La France : une bonne volonté qui contraste avec un retard flagrant

En France, la notion d’économie circulaire a émergé au moment du Grenelle de l’environnement, en 2007. Mais il faut attendre 2015, avec la loi de transition écologique, pour qu’elle s’inscrive dans le débat public. Cette loi reconnaît la transition vers une économie circulaire comme un objectif national et comme l’un des piliers du développement durable.

Elle en inscrit également la définition dans la loi (code de l’environnement, article L.110-1-1) : « La transition vers une économie circulaire vise à dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que, par ordre de priorité, à la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits, et, suivant la hiérarchie des modes de traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut, à une valorisation des déchets. »

Pour autant, notre pays n’est pas en avance sur le sujet. Le taux de recyclage des déchets municipaux dans l’hexagone est de l’ordre de 40% contre 66% en Allemagne par exemple. Ce retard se traduit de façon plus importante dans la collecte des emballages plastique : la France, qui vise 100 % en 2025, n’est aujourd’hui qu’à 20 %, contre 30 % pour la moyenne européenne.

Sur notre territoire, à peine 55 % des bouteilles en plastique sont collectées, contre plus de 90 % dans les pays nordiques.

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l'économie circulaire encourage le recyclage du plastique
En France, seules 55% des bouteilles en plastique sont collectées pour être recyclées.

La feuille de route du gouvernement

Ainsi, afin de combler son retard sur ce sujet et de continuer d’affirmer son volontarisme sur les questions écologiques, la feuille de route pour la transition vers l’économie circulaire, préparée par Brune Poirson (secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’écologie) propose les objectifs suivants :

  • Réduire de 30% la consommation de ressources par rapport au PIB d’ici à 2030 par rapport à 2010
  • Diminuer de 50% les quantités de déchets non dangereux mis en décharge en 2025 par rapport à 2010
  • Tendre vers 100% de plastiques recyclés en 2025
  • Limiter les émissions de gaz à effet de serre : économiser l’émission de 8 millions de tonnes de CO2 supplémentaires chaque année grâce au recyclage du plastique
  • Créer 300 000 emplois supplémentaires, y compris dans des métiers nouveaux liés à l’économie “verte”.

Parmi les autres mesures citées :  la lutte contre l’obsolescence programmée, la mise en avant du réemploi et de la réparation des produits sont aussi des facteurs permettant de changer à la fois les mentalités et nos modes de vie.


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