En 2017, Hubert Motte est ingénieur nouvellement diplômé. Il se pose la question de son premier emploi : intégrer une entreprise et opter pour un travail plutôt classique ou créer son propre projet. “C’est à ce moment là que je me suis concrètement posé la question : quel monde je veux pour demain et comment moi j’y contribue, à mon échelle ? “ confie-t-il lors d’une interview pour Brut. C’est dans cette optique qu’il se décide à créer la startup La vie est Belt.

La vie est Belt est spécialisée dans l’économie circulaire et l’upcycling. La startup transforme notamment des pneus de vélo usagés en ceinture. C’est le principe même de l‘upcycling : valoriser un objet en lui donnant une seconde vie. Un moyen intéressant pour réduire les déchets et avoir un impact positif sur l’environnement.

un vélo attaché


Upcycler des pneus et du tissu

Cette idée lui est venue lors d’un partenariat universitaire à Bogota, en Colombie : “j’étais animateur dans un bidonville. Là-bas ils vivent sous les déchets, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose”. En voyant les pneus déposés dans le bidonville, l’idée de les réutiliser survient afin de désencombrer ces zones de déchets tout en créant des objets utiles.

“On peut en faire des ceintures puisqu’on est des millions à en porter”. Et la matière ne manque pas. En Europe, on estime par exemple que 10 millions de pneus de vélo sont brûlés chaque année.

Pour créer une ceinture, le pneu est alors découpé en bande puis lavé pour retirer les odeurs et les saletés du caoutchouc. Une fois coupés, les bandes sont assemblées à l’aide de presses et d’outils utilisés initialement pour le cuir. Pour faire les ceintures, Hubert Motte s’est donc inspiré d’un savoir-faire artisanal, similaire à celui du cuir.

Mais la startup ne recycle pas uniquement des pneus. Elle utilise également des tuyaux de lance à incendie vétustes. Plus récemment, la jeune entreprise s’est aussi intéressée à l’industrie de la mode, deuxième industrie la plus polluante au monde. En France, ce sont 200 000 tonnes de textiles qui sont récupérés chaque année pour être pour être broyés quand il ne sont pas mis sur le marché de la seconde main. Sur ce créneau, La vie est Belt propose désormais des caleçons fabriqués à partir de tissus de seconde main. Les textiles sont alors lavés, repassés et assemblés en paires pour réaliser ces caleçons 2.0.


Une entreprise engagée dans l’inclusion des personnes en situation de handicap

La startup, située à Roubaix, utilise majoritairement des matières premières de la région Hauts de France. La vie est Belt récupère ainsi entre 800 et 1 000 pneus de vélo que ce soit dans les déchèteries ou dans les ateliers de vélo. Depuis 2017, elle a permis d’upcycler plus de trois tonnes de pneus de vélo usés. Une belle solution à l’heure où les fabricants de pneus cherchent des solutions pour réduire leur empreinte environnementale.

Mais en plus d’avoir un impact positif sur l’environnement, La vie est Belt s’engage aussi d’un point de vue sociétal. Alors que le taux de chômage des personnes en situation de handicap s’élève à près de 20%, La vie est Belt décide d’agir sur ce point en devenant partenaire AlterEOS – un prestataire de services qui emploie 85% de salariés en situation de handicap – afin d’assurer la chaine de production des ceintures.

Environnement et société sont alors des engagements de la startup à l’image de celle de son entrepreneur.

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