Des appareils électroménagers durables et réparables, voilà ce que propose l’entreprise Kippit. La start-up fabrique et commercialise des engins électroménagers, plus particulièrement une bouilloire multifonction et bientôt un lave-linge et un grille-pain, que les consommateurs peuvent réparer ou modifier eux-mêmes. L’entreprise fait justement en sorte de permettre aux clients d’accéder facilement aux pièces des produits en choisissant des matériaux et des technologies adaptées.

Qui plus est, les plans sont disponibles en open source pour que les consommateurs puissent assurer leurs propres modifications fonctionnelles et design s’ils le souhaitent ou s’ils en ont besoin. Kippit, basée à Toulouse, privilégie également la fabrication locale avec des ateliers régionaux et inclusifs et des fournisseurs Français et Européens.


La panne de trop comme genèse d’un projet environnemental

L’obsolescence programmée est aujourd’hui considérée comme un délit en France, et ce depuis 2015. Il aura fallu pour cela une action combinée de plusieurs associations et un certain nombre de constats, par exemple sur l’espérance de vie d’un ordinateur qui n’était plus que de 5 ans contre 11 en 1985. Cependant, cette obsolescence provoquée existe toujours et les consommateurs sont insuffisamment informés et protégés contre ce fait. La difficulté à réparer les produits, notamment, en est l’une des causes. En France, seuls 44% des appareils électroniques sont réparés lorsqu’ils tombent en panne.

Pour Kareen Maya Levy et Jacques Ravinet, la naissance de Kippit est d’ailleurs liée à une panne. À l’origine, ils étaient gérants d’un institut de sondage. Un jour, la machine à laver de Kareen tombe en panne, le réparateur lui annonce la couleur : ce genre de machine ne se répare pas. Le mieux, c’est de la jeter et d’en acheter une autre, dit-il. Pour Kareen, c’est la panne de trop. C’est alors qu’elle et Jacques débutent leur aventure initialement appelée Ineloo avec la recherche et le développement d’un lave-linge durable en collaboration avec des ingénieurs de l’école ICAM de Toulouse.

Devenue Kippit, la startup se lance réellement avec la mise sur le marché de sa bouilloire multifonction en 2019. Entièrement réparable, écoconçue, le produit est également intéressant en matière d’usage. Non seulement capable de chauffer l’eau, celle-ci accompagne l’utilisateur dans la préparation de ses repas en cuisant des pâtes, du riz, des légumes à la vapeur et des œufs, ou même en faisant réchauffer des plats au bain-marie et des biberons. Un produit qui correspond alors à plusieurs cibles dont les étudiants qui manquent d’espace, ou aux parents qui manquent de temps.

Kareen Maya Levy, co-fondatrice de Kippit


245K€ levés auprès de sa communauté

Depuis, l’équipe s’est agrandie en accueillant notamment des ingénieurs pour pouvoir conceptualiser de nouveaux produits comme un lave-linge ou un grille-pain. Elle a également créé sa propre communauté de Kippers, particulièrement lors de la commercialisation de la bouilloire en 2020 grâce à une campagne sur Ulule qui a eu un plus grand succès que prévu.

Pour maintenir du lien avec sa communauté, l’entreprise a fondé une structure, la SAS Kippit Investissement, qui a permis a ses 108 adhérents d’investir 245 000€ pour le développement de la startup. Un exemple intéressant de financement grâce à sa communauté et qui montre aussi que le sujet de la réparabilité séduit les consommateurs. Récemment, la startup Murfy, spécialiste de la réparation et du reconditionnement des produits électroménagers, a également réalisé une levée impressionnante auprès de particuliers sur la plateforme Lita.co en récoltant près d’un million d’euros.

Depuis le 01er janvier 2021, la lutte contre l’obsolescence programmée des produits électriques et électroniques a aussi fait un grand pas en avant grâce à la mise en place d’un indice de réparabilité. Mesure phare de la loi Antigaspillage pour une Économie Circulaire, il doit permettre d’informer les consommateurs sur la capacité des produits qu’ils achètent à être réparés facilement.

Cet indice prend notamment en compte 5 critères principaux : la documentation, la démontabilité de l’appareil, la disponibilité des pièces détachées, le rapport entre le prix de la pièce détachée la plus chère et le prix du produit originel ainsi qu’un critère spécifique à chaque catégorie de produits.

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