Le gaspillage alimentaire en France représente 10 millions de tonnes de nourriture chaque année. Et cela coûte environ 16 milliards d’euros. Or, d’après une étude de la Commission Européenne, les Dates Limites de Consommation seraient responsables de 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers et sont la plus grosse source de gaspillage dans la grande distribution. Nous aurions donc un impact considérable sur la réduction du gaspillage en gérant mieux ces fameuses DLC et DDM.

Il faut savoir que depuis leur apparition dans les années 1970, les dates de péremption sont définies uniquement par les fabricants. Elles peuvent donc varier pour un même produit et son volontairement difficiles à comprendre. D’ailleurs, pourquoi certains produits ont une Date Limite de Consommation (DLC) alors que d’autres ont une Date de Durabilité Minimale (DDM), et quelle est la différence ?

Il y a un an, la startup antigaspi Too Good To Go et l’association France Nature Environnement publiaient un rapport pour alerter les pouvoirs publics et les industriels sur ce sujet. Grâce au travail initié par ces deux organisations, c’est désormais chose faite. Mardi 28 janvier, en présence de Brune Poirson, secrétaire d’état auprès du ministère de la transition écologique, et le député Guillaume Garot, historiquement engagé dans la réduction du gaspillage alimentaire, 38 distributeurs, fédérations professionnelles, associations de consommateurs et industriels de l’agroalimentaire ont signé un “Pacte sur les dates consommation”.

Plusieurs engagements qui devraient faire avancer cette problématique dans les mois à venir. “Un point d’étape sera fait en 2021 et, d’ici là, un comité de suivi sera mis en place avec une feuille de route distribuée à chacun” précise Lucie Basch, fondatrice de Too Good To Go.


38 distributeurs et industriels s’engagent contre le gaspillage

À l’image du Fashion Pacte signé l’année dernière par les professionnels de la mode pour amorcer leur transition écologique, ce texte encourage l’action collective de toute une filière sur un sujet qui peut avoir rapidement un réel impact. Parmi les premiers signataires de ce Pacte des Consommations, on retrouve des distributeurs tels que Carrefour, Auchan et Système U. Mais aussi des industriels (Bel, Danone), des fédérations professionnelles ou encore des associations. Des acteurs de la filière agro-alimentaire qui s’engagent en particulier à travailler sur trois engagements :

• Mesurer l’impact des dates de péremption sur la réduction du gaspillage alimentaire,

• Travailler en concertation dans le but commun de réduire le gaspillage alimentaire,

• Endosser le rôle de pédagogue envers les consommateurs et les collaborateurs en les sensibilisant à ce sujet.

Entre autres exemples, ce Pacte les engage à “identifier les bonnes pratiques visant à diminuer le gaspillage alimentaire lié à des questions de logistique”, à “tester en magasin la mis en place de rayons antigaspi” ou encore à harmoniser les dates de péremptions “pour une même référence fabriquée dans une même usine mais vendue à des clients ou marques différentes”.


Des initiatives amenées à se multiplier

Ce Pacte sur les dates de consommation est l’aboutissement d’un combat que mène Too Good To Go depuis plusieurs années. Cela va aussi dans le sens de certaines mesures prises par les distributeurs à ce sujet.

Par exemple, en 2015, le groupe Carrefour a augmenté la durée de vie de 500 de ses produits de marque distributeur sans en changer la composition. La DLC a été allongée de 7 à 10 jours pour des yaourts et de 2 à 8 jours sur des crèmes dessert. Et ce sans impact sur la rotation des stocks. De son côté, Franprix a mis en place les étiquettes intelligentes de la start-up Cryolog pour son e-commerce sur Paris et sa première couronne en 2017. Ce système innovant se base sur des compostantes microbiologiques qui simulent la dégradation du produit en fonction des conditions. Ainsi, l’étiquette passe du vert au orange foncé et enfin au rouge en fonction de son état.

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