Aujourd’hui, les pertes et gaspillages alimentaires représentent, à l’échelle nationale, environ 10 millions de tonnes de produits par an, selon les chiffres de l’Ademe. Un chiffre qui contribuerait à 3% de l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre de l’Hexagone et forment un prélèvement inutile de ressources naturelles. En outre, ce gaspillage alimentaire représente aussi un coût économique qui n’est pas négligeable : entre 12 et 20 milliards d’euros par an en France.

Parmi les sources de gaspillage, figurent en bonne position les pertes liées aux dates de péremption. D’après la Commission Européenne, elles seraient responsables de 20 % du gaspillage alimentaire dans les foyers et sont la plus grosse source de gaspillage dans la grande distribution. Au global, elles représentent 10 % du gaspillage alimentaire en Europe. Elles aboutissent également à de nombreux invendus en grande distribution lorsque les dates arrivent à échéance. Selon les études, entre 55% et 94,8% du gaspillage alimentaire dans le secteur de la distribution est lié aux dates de péremption.

C’est pour répondre à cette problématique qu’est née la startup CodaBene (anciennement CB+) afin de proposer aux acteurs de la distribution une solution pour assurer la traçabilité et la valorisation des produits qui approchent de leur date de péremption.


Un outil de gestion qui mixe avertissements et recommandations

Basée à La Défense, la startup CodaBene œuvre en faveur de la réduction du gaspillage alimentaire et – de manière un peu plus globale – au profit d’une meilleure traçabilité des produits. Co-fondée en 2019 par Laurent Bacot et Jérémy Denais – très vite rejoints par Nicolas Arias et Margaux Cornu –, son produit phare se concentre sur son application DLC MEMO.

Il s’agit d’une application qui permet d’optimiser la fin de vie des produits qu’elle cible et sauve près de 2 millions de produits alimentaires tous les mois. Concrètement, « c’est une application qui va aider les équipes en magasin à détecter les produits qui approchent de leur date de péremption et, pour chacun des produits détectés, elle va formuler une recommandation valoriser au mieux ces produits et éviter qu’ils ne soient jetés alors qu’ils sont encore bon pour être consommés » précise Margaux Cornu, co-fondatrice de la société.

Ces recommandations se déclinent en plusieurs solutions : la mise en place de « bacs anti-gaspi » dans les supermarchés, la création de paniers anti-gaspillage via des applications comme Too Good To Go ou Phénix, et enfin le don aux associations.


Sensibiliser les parties prenantes aux dates de consommation

La startup travaille également avec Too Good To Go sur la sensibilisation des particuliers mais aussi des acteurs de la distribution et des industriels de l’agroalimentaire, à la différence entre date limite de consommation et date de durabilité minimale. Un sujet qui fait notamment l’objet d’un Pacte sur les dates de consommation entre différents acteurs de la filière agroalimentaire.

CodaBene commercialise donc sous forme d’abonnement son outil de gestion aux enseignes de distribution telles que Casino, Monoprix, Naturalia ou encore Intermarché. L’entreprise propose aujourd’hui son produit à plus de 730 points de vente alimentaires et s’engage dans une phase d’internationalisation.

À terme, l’entreprise souhaite aller plus loin en s’inspirant notamment du code unique authentifiant et traçant chaque médicament au sein de l’Union européenne. CodaBene cherche ainsi, au-delà de DLC MEMO, à créer d’autres solutions digitales qui pourront contribuer à la réduction du gaspillage alimentaire sur toute la chaîne alimentaire, et surtout à concrétiser cet enrichissement des codes-barres de manière à obtenir une réelle traçabilité des produits en enrichissant les codes-barres des produits avec les infos concernant les numéros de lot et les dates de consommation.

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