La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC, 2020) prévoit l’instauration d’un label national pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Il sera lancé en janvier 2023 et aura pour objectif de garantir que les enseignes de la grande distribution mettent en place des actions concrètes et efficaces dans la réduction du gaspillage. Il permettra également aux consommateurs soucieux de leur impact sur la planète de pouvoir se tourner vers des magasins engagés dans l’anti-gaspillage.

Ce label sera décerné par un organisme certificateur agréé sur la base d’un audit qui comprend 17 critères répartis en 4 grandes catégories :

  • Des critères transversaux qui évaluent la performance globale du point de vente en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire ;
  • Des critères portant sur l’approvisionnement, l’achat et la fabrication des denrées alimentaires ;
  • Des critères concernant la commercialisation des denrées alimentaires ;
  • Des critères ayant trait à la gestion des invendus ;

À noter que ce label national anti-gaspi ne sera pas accordé aux magasins si deux critères incontournables ne sont pas respectés : un, que le taux de casse du magasin ne dépasse pas un certain seuil, et deux, que le don aux associations caritatives soit priorisé dans la gestion des invendus du magasin afin que l’antigaspillage reste avant tout une mesure solidaire.

Par ailleurs, afin de privilégier les démarches d’amélioration continue, le renouvellement du label anti-gaspillage aura lieu tous les 3 ans.

Pour les professionnels de la grande distribution, c’est évidemment un enjeu fort afin de coller à une mesure essentielle pour la transition écologique, mais aussi pour répondre aux attentes de consommateurs qui sont de plus en plus exigeants sur ce sujet. C’est pourquoi la startup Phénix, pionnier en France sur les sujets de l’antigaspillage aux côtés de Too Good To Go, vient de lancer un service d’accompagnement à l’obtention de ce label. L’entreprise co-fondée par l’entrepreneur Jean Moreau se fixe l’objectif d’amener plus de 300 points de vente vers la certification nationale avant la fin de l’année 2023


Le gaspillage alimentaire responsable de 8 à 10% des émissions mondiales de CO2

La lutte contre le gaspillage alimentaire est identifiée depuis longtemps comme l’une des solutions les plus efficaces pour lutter contre le réchauffement climatique, et notamment par les experts du Giec dans leur dernier rapport. D’après l’ONU, le gaspillage alimentaire représente ainsi 8 à 10% des émissions mondiales de CO2.

En France, l’Ademe estime que le gaspillage alimentaire représente chaque année l’équivalent de 10 millions de tonnes de nourriture, soit 150 kilos de nourriture par an et par habitant. C’est également une perte nette de 16 milliards d’euros en valeur marchande.

Pour réduire le gaspillage, il existe de nombreux leviers pour les professionnels de l’agroalimentaire : améliorer la traçabilité et le suivi des invendus, le don aux associations, la vente de paniers anti-gaspi à prix réduit via une application mobile, le don pour l’alimentation animale ou encore une meilleure sensibilisation aux dates de consommation font partie des leviers.

Sur le plan législatif, la lutte contre le gaspillage alimentaire a véritablement décollé dans l’hexagone en 2013 avec la signature du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, signé en juin 2013, puis avec la loi Garrot de 2016. Sur ce sujet, l’objectif de la loi AGEC consiste à réduire le gaspillage alimentaire de 50% dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025 et dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale d’ici 2030.

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