Les biodéchets représentent un tiers des ordures ménagères en France. Au total, 12 millions de tonnes de ces déchets sont produites chaque année. Jusqu’ici, ils terminaient leur vie à l’enfouissement ou l’incinération. Pourtant, les déchets organiques représentent un gisement formidable lorsqu’ils sont revalorisés pour de nouveaux usages. Ils peuvent notamment servir comme fertilisant pour les sols être à l’origine de la création de biogaz ou biométhane.

La loi française vise d’ailleurs à faire en sorte que cette pratique soit davantage ancrée dans les habitudes des citoyens, notamment avec la loi relative à la lutte contre le gaspillage et pour une économie circulaire qui impose dès 2023 le tri à la source, la collecte séparée des biodéchets et la valorisation de ces derniers à tous les producteurs, y compris les ménages.

Des mesures sont alors à prévoir pour répondre aux exigences de cette loi et ainsi participer aux principes de l’économie circulaire qui en découlent. Entre collecte et valorisation locales, le compostage par les animaux et le traitement des déchets organiques non-alimentaires, Les Horizons fait le point sur ce qui existe en matière de valorisation des biodéchets.

A lire aussi : Etat des lieux et perspectives de la filière biométhane en France


Axibio, les points d’apports connectés

logo Axibio

Fondée par Pierre-André Gally et Marc Eyraud, l’entreprise Axibio propose aux particuliers et professionnels un système de collecte pour assurer le tri des déchets alimentaires à la source. Pour ce faire, elle met à disposition des points d’apports volontaires connectés qui communiquent sur le poids des déchets d’un foyer et sur son équivalent en compost ou en biogaz. Ainsi, les familles peuvent visualiser ce que représentent leurs biodéchets et comment ils seront revalorisés.

👉 Notre article sur Axibio


BinHappy, un service de collecte séparée  

Bin Happy valorise les biodéchets

BinHappy est un agent de la collecte séparée des biodéchets. L’entreprise propose aux restaurants commerciaux et collectifs un service de tri à la source d’où elle collecte les déchets alimentaires. Elle s’occupe ensuite d’acheminer les biodéchets récoltés vers des sites de compostage ou de méthanisation tout en communicant sur la valorisation de ces déchets auprès des restaurateurs partenaires.


Les Alchimistes, le compost en circuit court

logo Les Alchimistes

Les Alchimistes est une startup spécialisée dans le compostage urbain. Elle met à disposition des restaurateurs un service de compostage capable de brasser entre 1 et 1,5 tonne de biodéchets par jour. Et pour fournir un service 100% green, Les Alchimistes mise sur le circuit court. Les sites de traitement sont situés au cœur des villes, sur des parkings ou des friches et servent ensuite à approvisionner les fermes urbaines et collectivités via une livraison assurée en vélos cargos dans un rayon de 5km par des « super concierges ». La startup a levé 10M€ début 2023 pour se déployer sur le territoire national.

👉 Notre article sur Les Alchimistes


Tryon, la micro-méthanisation pour valoriser les biodéchets

image des unités de méthanisation de l'entreprise Tryon

Créée en 2015, la startup Tryon conçoit des micro-unités de méthanisation afin de valoriser les déchets organiques. Une solution qui s’adresse notamment aux collectivités locales et aux acteurs de la restauration dans le cadre d’une valorisation des biodéchets qui sera obligatoire en 2024.

👉 Notre article sur Tryon

Sur le même sujet : Les principales mesures de la loi anti gaspillage pour une économie circulaire




Les Drêcheurs Urbains revalorise les déchets de malt

logo les drêcheurs urbains

Nous trouvons des déchets organiques partout…même dans la bière ! Et ce n’est pas passé inaperçu aux yeux des Drêcheurs Urbains. Cette jeune startup valorise la drêche, c’est-à-dire les résidus humides de malt issus du brassage de la bière. En effet, chaque année ce sont 300kg de drêches pour 1 000L de bière qui sont jetés. Ce coproduit peut être recyclé en compost ou utilisé dans l’alimentation animale. Chez Les Drêcheurs Urbains, ce déchet est transformé en farine qui est ensuite vendue aux artisans pâtissiers, boulangers et aux restaurateurs parisiens.  


Moulinot, au cœur du lombricompostage

logo Moulinot

Moulinot, entreprise fondée par Stephan Martinez, ancien restaurateur, développe un service de collecte et de traitement des biodéchets. La startup s’occupe à la fois de la collecte et du traitement des biodéchets. Traitement qui consiste soit à la transformer en soupe organique pour la méthanisation, soit en compost via le lombricompostage.

👉 Notre article sur Moulinot


Veragrow, des fertilisants naturels grâce aux vers de terre

logo Veragrow

La lombriculture est également la spécialité de la startup Veragrow. Cette jeune pousse produit et commercialise des fertilisants et des engrais à partir du lombricompostage. Les produits développés par la startup seraient capables d’augmenter le rendement agricole de 25% et pourraient également permettre de réduire les besoins en eau grâce à la substance produite par le lombricompostage, le biohumus.

👉 Notre article sur Veragrow


Protifly, la valroisation des biodéchets par les insectes

logo protifly

D’autres insectes peuvent également participer à la valorisation des biodéchets. C’est le cas de la mouche soldat noire qu’utilise notamment Protifly. Cette startup fondée en 2016 revalorise les déchets organiques qu’elle collecte auprès des agriculteurs et des industries agro-alimentaires à l’aide de ces mouches qui se nourrissent des déchets. Elles parviennent alors à convertir les nutriments qui seront ensuite exploités pour la production de produits destinés à l’alimentation animale, le cosmétique et l’agriculture en tant que fertilisant.  


Les Détritivores, 1 400 t de biodéchets depuis 2015

logo Les Détrivores

Créée à Bordeaux en 2015, la startup Les Détritivores assure la valorisation des biodéchets dans la ville bordelaise, non seulement auprès des restaurateurs, mais également auprès des particuliers depuis 2019. L’entreprise se charge de collecter les déchets alimentaires dans les différents établissements partenaires de la ville pour ensuite les transformer en compost qu’elle vend aux agriculteurs. Depuis son lancement, plus de 1 400 tonnes de biodéchets ont été valorisés ce qui a permis d’éviter l’émission de plus de 500 tonnes de C02 depuis 2015.

👉 Notre article sur Les Détritivores


OuiCompost, un compost local pour la végétation en ville

logo Oui compost

Chez OuiCompost, le local est à l’honneur. Cette jeune entreprise collecte à vélo les déchets organiques d’établissements tels que les restaurants, les commerces et les collectivités ainsi que des habitants de la ville de Lyon. Le compost produit par la startup est par la suite vendu aux agriculteurs de la région, mais également aux fermes urbaines et péri-urbaines, un moyen de contribuer à la croissance de la végétation en ville. En 2020, l’entreprise a produit plus de 4 800kg de compost, soit 885kg de CO2 économisés.

👉 Notre article sur OuiCompost


Cocott’arium, des poules en charge de la valorisation des biodéchets

logo Cocott'arium

Si le plus souvent la revalorisation des biodéchets passe par la méthanisation ou le compostage, elle peut également s’effectuer grâce à la faune. C’est ce que propose notamment la startup Cocott’arium fondée en 2018 par Aurélie Deroo. Cette jeune pousse met à disposition des villes et des entreprises des poulaillers où vivent entre 4 et 10 poules ainsi que des bacs à compost. Des agents s’occupent ensuite de collecter les déchets déposés dans les bacs et de les donner aux poules pour les nourrir.

👉 Notre article sur Cocott’arium


Ecosec revalorise l’urine humaine

logo ecosec

Et les déchets organiques ne désignent pas seulement les déchets alimentaires, mais aussi les déchets produits par le corps humain, comme l’urine. La startup Ecosec en fait d’ailleurs son affaire en revalorisant celle-ci. Elle conçoit des toilettes sèches qu’elle dispose dans les villes, les sites de loisir et les festivals, et récupère l’urine des utilisateurs. A partir des déchets des festivaliers, par exemple, l’entreprise produit de l’engrais pour le jardin.


Capillum, les cheveux comme fertilisants et dépolluants

logo Capillum

Si l’urine est considérée comme un biodéchet, les cheveux le sont aussi. Et qui plus est, ils sont également valorisables. La startup Capillum, créée en 2019, a vocation à recycler les cheveux récupérés dans les salons de coiffure. Comme beaucoup d’autres entités, elle s’est mise à réutiliser les déchets capillaires en tant que fertilisants pour les sols agricoles ainsi qu’en tant que dépolluants. Capables d’absorber les effluents d’hydrocarbures, les cheveux sont tassés dans des tubes disposés le long des zones portuaires pour nettoyer l’eau.

👉 Notre article sur Capillum

À lire également