l'agroécologie favorise les jardins bio et la permaculture
Glossaire

C’est quoi l’agroécologie ?

C’est un moyen présenté par l’ONU comme la possibilité d’avenir pour nourrir la planète tout en la préservant. Alors, c’est quoi l’agroécologie ?


La France va « multiplier par dix » le nombre d’exploitations engagées dans l’agroécologie, pour parvenir à « 10% des fermes françaises », a annoncé début Avril le ministre français de l’Agriculture Stéphane Travert. Cela fait suite à des propos relayés par l’ONU présentant l’agroécologie comme une alternative capable de nourrir la planète tout en la préservant. Quelle est donc cette « solution miracle » qui fait parler d’elle ?

C’est quoi l’agroécologie ?

Le terme Agroécologie est de plus en plus utilisé pour définir un nouveau modèle agricole, alternatif au courant actuellement dominant. Il n’existe pas de définition unique. Il s’agit plutôt d’une philosophie permettant de concevoir des systèmes de production qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes.

C’est à dire utiliser au maximum la nature comme facteur de production en maintenant ses capacités de renouvellement. Quand on simplifie au maximum, c’est surtout de limiter le recours aux produits phytosanitaires et le travail intensif des sols afin de préserver les ressources naturelles. 

Il s’agit d’un double constat effectué au sujet du modèle agricole dominant aujourd’hui. Après la seconde guerre mondiale, la nécessité d’introduire une agriculture intensive visant à assurer la sécurité alimentaire était une bonne idée. 70 ans plus tard, il faut accepter que le modèle a atteint ses limites.

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l'agriculture urbaine permet le développement de l'agroecologie

Devons nous changer de modèle agricole ?

D’une part, l’utilisation d’intrants chimiques (comme les pesticides à base de néonicotinoïdes ou encore le glyphosate) ont des conséquences désastreuses sur la nature. La diminution radicale des insectes pollinisateurs et, par extension, des populations d’oiseaux en est un exemple flagrant. Sans parler des conséquences pour l’humain des perturbateurs endocriniens induits par l’utilisation des produits phytosanitaires. Par ailleurs, la monoculture intensive dégrade les sols (comprendre qu’elle en épuise la richesse : vers de terre et autres micro-organismes qui rendent la terre fertile).

D’autre part, il faut bien avouer que le modèle agricole actuel ne permet pas de résorber la faim dans le monde. Pire, il ne permet pas non plus aux agriculteurs de vivre décemment de leur métier.

La production agricole doit donc faire face à des défis économiques, sociaux et écologiques importants :

  • Mieux gérer les ressources (l’eau et les terres agricoles se raréfient),
  • Protéger la biodiversité,
  • S’adapter au changement climatique (réduire les gaz à effet de serre et favoriser les cultures locales),
  • S’adapter à une pression démographique croissante (nous serons 9 milliards d’humain en 2050),
  • Améliorer l’équilibre des territoires,

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l'agroécologie favorise les jardins bio et la permaculture
Le jardin pédagogique bio de l’association alôsnys, en Bourgogne – photo by alôsnys

L’agroécologie sera t’elle l’agriculture du futur ?

Mis en avant par des figures comme Pierre Rahbi, l’agroécologie est un mix entre l’agronomie, l’écologie et le bon sens. Il s’agit de mettre en place à un endroit donné les meilleures relations possibles entre la biodiversité, les sols, le climat et les techniques de culture. A ce titre, l’agroécologie épouse volontiers les concepts de permaculture ou encore d’agroforesterie. L’idée principale étant que les animaux et le climat sont davantage des collègues de travail que des éléments à combattre.

Les grandes pratiques induites par ce type d’agriculture sont les suivantes :

  • Favoriser les associations de cultures (fruitiers-légumineuses par exemple),
  • Favoriser la rotation des cultures sur plusieurs petites parcelles afin de préserver les sols,
  • Limiter l’érosion des sols (semer en place sans labourer, culture sur butte, couverture de sols et paillis),
  • Limiter les intrants chimiques (préférer les engrais verts, le compost et l’action naturelle des animaux),
  • Favoriser les éléments paysagers (arbres, haies, mares, etc.),
  • Favoriser les cultures adaptées au terroir local.

Par rapport au futur, l’avantage certain de cette pratique est qu’elle favorise l’agriculture sur de petites surfaces. Ainsi, elle se marie avec l’essor important de l’agriculture urbaine où encore des pratiques nouvelles comme l’aquaponie et l’hydroponie.

Par ailleurs, ce type d’agriculture implique moins de dépenses en machines, en produits chimiques et peut rendre productive de petites parcelles. L’agroécologie peut donc se généraliser facilement dans des zones économiquement faibles ou encore relever le niveau de vie des agriculteurs.

Alors, l’agroécologie est-elle une solution miracle ? Attendons pour en juger. Le directeur-général de l’Agence des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO), José Graziano da Silva, estime que « beaucoup reste à faire » pour convaincre une majorité d’agriculteurs conventionnels que le système est viable et rentable. Le mouvement est cependant lancé.


Guillaume Joly. @guitjoly

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