L’agriculture urbaine connaît un essor considérable ces dernières années afin de répondre aux enjeux écologiques et, en particulier, à renforcer la résilience alimentaire de nos territoires. Dans le sillage de cet essor, on voit ainsi apparaître de nouvelles techniques de production parmi lesquelles se trouve une pratique ancestrale : l’aquaponie.

Ce système, qui permet de cultiver en circuit-fermé à la fois des espèces végétales et aquacoles, est une pratique particulièrement adaptée à l’agriculture urbaine ou péri-urbaine. Entre autres avantages, l’aquaponie consomme 90% d’eau de moins qu’une culture en pleine terre, sans avoir recours à des intrants chimiques (même qualité de l’agriculture bio), sans perte de productivité ou de qualités nutritionnelles.

Les Horizons vous propose de découvrir quelques acteurs qui participent à la structuration de cette filière



Agriloops, le pari de l’aquaponie en milieu salé

une gambas sur une main, photo proposée par Agriloops

Agriloops est une startup rennaise qui propose un système combinant aquaculture et maraîchage. Fondée fin 2016, par deux ingénieurs diplômés d’Agrocampus Ouest, cette ferme aquaponique possède deux zones de production directement reliées : l’une dédiée à l’aquaculture avec différentes zones d’élevage, l’autre à la production végétale. Agriloops est réputée pour sa maîtrise de l’aquaponie en eau salée. En effet, en plus de concevoir des produits sans antibiotique, sans pesticide et sans sulfite, les deux ingénieurs ont pu mettre au point un système de circuit fermé dans un milieu salin. Leur choix s’est porté sur l’élevage de gambas, conscients que la France représente le deuxième plus gros consommateur européen.


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La Ferme Intégrale, un prototype de la ferme du futur ?

projet ferme aquaponique de la ferme intégrale

Si l’aquaponie existe dans l’Hexagone depuis quelques années, elle est majoritairement pratiquée à petite échelle. Le projet de La Ferme Intégrale s’inscrit dans la volonté de faire passer ce système recirculé à grande échelle pour favoriser l’autonomie alimentaire des territoires et revaloriser les biodéchets. En plus d’être pensé pour être le plus autonome et le plus neutre possible sur le plan énergétique, le projet de Gabriel Faysse et de ses deux associés – Marion Garnier et Lauranne Galliard – pourrait permettre la réappropriation de « zones mortes pour l’agriculture ». L’aménagement a été pensé pour l’accueil du public aussi bien dans un but commercial que touristique et permettrait à la ferme d’atteindre à l’horizon 2023 une production annuelle de quarante tonnes de sandre et soixante tonnes de légumes. 


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Nutreets, pour faire passer l’aquaponie à l’échelle commerciale

Nutreets aquaponie

Nutreets est une startup française qui exploite, près de Nantes, la première ferme aquaponique commerciale de France. Elle s’adresse essentiellement à des professionnels de la restauration et de l’immobilier. L’objectif des fondateurs de Nutreets est de déployer ce modèle circulaire à grande échelle en commercialisant des fermes clés-en-main et en travaillant avec des acteurs innovants sur des boucles circulaires permettant d’intégrer la valorisation des biodéchets dans le circuit.


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Le programme APIVA, premier programme de R&D sur l’aquaponie en France

culture de salades en aquaponie

Le programme APIVA (AquaPonie, Innovation Végétale et Aquaculture) a été lancé en 2014 afin de réunir différents acteurs autour de cette pratique et permettre de structurer la filière. Le programme regroupe ainsi des acteurs de la recherche (CIRAD, INRAE, ITAVI) ainsi que des structures pédagogiques dans le but de transférer le maximum d’informations aux porteurs de projets désirant se lancer dans cette voie.

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LISAqua, des gambas élevées selon un concept de permaquaculture

équipe LISAqua

Tout comme Agriloops, les fondateurs de LISAqua ont bien saisi l’appétence des Français pour les gambas. Près de Nantes, la startup LISAqua (Low Impact & Sustainable Aquaculture) a donc mis au point un modèle de co-culture d’espèces complémentaires – gambas, microalgues, invertébrés – selon un objectif de « Triple zéro ». Avec zéro antibiotique, zéro rejet polluant, zéro surgélation, LISAqua souhaiterait produire dix tonnes de crevettes par an à partir de 2022 et développer un réseau national de fermes aquatiques engagées et éco-responsables dès 2023.


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Eauzons, l’aquaponie comme tremplin pour une pisciculture responsable

Félix Haget, directeur général d'Eauzons

Par rapport aux autres acteurs de l’aquaponie – souvent concentrés sur la culture maraîchère – Eauzons a la particularité de se concentrer essentiellement sur leur activité dédiée à l’élevage de poissons de haute qualité. Pour le moment, sa serre de 2 000 m² est à l’origine d’une production d’environ 28 tonnes de nourriture par an, dont 8 tonnes de saumon. La société ne manque pas d’ambitions et se consacre actuellement à la réalisation d’une ferme commerciale de 10 000 m² qui garantirait un rendement optimisé. 


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BiOPONi, le cabinet qui accompagne les entreprises dans leur démarche aquaponique

technique aquaponie agriculture urbaine

BiOPONi est un cabinet d’ingénierie et d’organisme de formation en aquaponie et aquaculture recirculée. Ayant vu le jour en 2018, ce cabinet aspire à répondre à des besoins spécifiques en proposant des solutions ciblées telles que les solutions de reproduction, solutions zéro rejets, la mise aux normes de piscicultures, etc. En relation étroite avec la ferme pilote Eauzons et le revendeur de matériel spécialisé en aquaponie professionnel, HydrOccitanie, il cherche à exploiter les potentiels de l’aquaponie ainsi qu’à remédier au manque de données, d’experts et de formation dans le domaine. Aujourd’hui, 27 projets de fermes en aquaponie ont été étudiés par BiOPONi à l’échelle métropolitaine mais également au-delà.

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Cette liste est évidemment une liste non-exhaustive des différents acteurs de l’aquaponie en France, elle vise à mettre en avant des exemples illustrant la diversité des projets et des structures qui développent cette activité.

D’autres acteurs participent évidemment à cet essor : c’est le cas par exemple de l’AFAUP (Association Française d’Agriculture Urbaine), du salon de l’Aquaponie, de la Fédération Française de l’Aquaponie ou de l’organisme de formation Echologia/Aquaponia.

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