Aujourd’hui, l’un des défis majeurs auquel fait face la planète est de nourrir une population qui croit plus vite que les ressources dont elle dispose. Trop souvent, la réponse à cet enjeu a été de mettre en place une agriculture intensive. Cette agriculture permet certes d’augmenter les rendements, mais est aussi responsable de la dégradation de la biodiversité et du réchauffement climatique par la pollution qu’elle génère.

Ainsi, de l’agriculture intensive, Nutreets n’a gardé que l’idée de l’optimisation des ressources, pour produire plus avec moins, tout en y incluant l’enjeu de la préservation de l’environnement.

Pour ce faire, l’entreprise fondée en 2016 par Guillaume Pelet et Nils Olsen, a généralisé un système s’inspirant de la nature : l’aquaponie. Considérée par le Parlement Européen comme l’une des 10 technologies qui pourraient changer nos vies, elle est souvent questionnée sur sa rentabilité. Mais le modèle développé par Nutreets pourrait permettre de développer la pratique à plus grande échelle.


Un savoir-faire technique et une vision respectueuse de l’environnement

L’aquaponie est une méthode de production biologique qui combine l’élevage de poissons à d’autres cultures en hydroponie et permet ainsi de limiter les prélèvements d’eau grâce à son recyclage continu.

Ce processus fonctionne en cascade afin que les déchets des uns deviennent la matière première des autres. Ainsi, les déjections des poissons chargent l’eau d’éléments nutritifs, qui seront ensuite assimilés par les plantes et permettront la croissance de celles-ci. Les plantes, à leur tour, jouent leur rôle dans ce circuit en purifiant l’eau qui peut alors retourner aux poissons.

schéma aquaponie
Schéma classique d’un modèle aquaponique – source : Nutreets


À ce savoir-faire technique et innovant s’ajoute une vision durable et respectueuse des ressources naturelles. En effet, grâce à l’aquaponie, il suffit de nourrir les poissons qui vont ensuite pouvoir enclencher le circuit vertueux de production. Pour nourrir ses poissons, Nutreets utilise aujourd’hui des aliments classique mais vise un modèle innovant et circulaire pour le futur : récupérer les restes des restaurants pour alimenter des insectes qui viendront ensuite nourrir les poissons. La startup pourrait également nouer des partenariats avec des structures spécialisées dans la culture d’insectes comme Ÿnsect, déjà engagé sur ce créneau pour l’aquaculture.

Ainsi c’est une boucle circulaire complète que met en place Nutreets et qui ne nécessite aucun intrant chimique puisque l’apport d’azote se fait grâce aux poissons. Ce que les individus ne consomment pas sous une forme pourra donc être consommé après ce circuit sous une autre forme.

Avec ce système, Nutreets propose de fournir les professionnels de la restauration et des métiers de bouche mais aussi les écoles, les collectivités, les associations et toute personne souhaitant profiter de produits riches en goûts et en nutriments et respectueux de l’environnement. Leurs produits (fruits et légumes de saison, herbes aromatiques, poissons) sont disponibles en vente directe à la ferme ou encore auprès des revendeurs agréées Nutreets.

Aquaponie La Chapelle Basse-Mer
Site de production de Nutreets à La Chapelle Basse-Mer


Des fermes aquaponiques clés en main

À cette activité d’exploitation et de distribution, Nutreets associe aussi une structure de recherche et développement afin de proposer aux exploitants agricoles les solutions les plus adaptées à leurs besoins. Le but est donc aussi de concevoir, développer et commercialiser des fermes aquaponiques clés en main permettant une production à grande échelle et à faible impact environnemental.

Actuellement, l’entreprise dispose de 2 sites de production : un situé à La Chapelle Basse-Mer et l’autre au Teich. Elle produit 8 tonnes de végétaux par mois et permet d’économiser 90% d’eau par rapport à une méthode de production traditionnelle.

En 2021, Nutreets souhaite commercialiser leur système combinant la pisciculture et le maraîchage dans 3 fermes françaises et l’objectif est d’en livrer 7 d’ici 2023. L’entreprise souhaite notamment s’implanter dans plusieurs zones périurbaines afin de faire profiter à des villes comme Bordeaux, Toulouse ou encore Lille de cette forme d’agriculture hors-sol adaptée au milieu urbain.

Bonne nouvelle, l’entreprise vient de conclure une première levée de fonds à hauteur de
700 K€ auprès d’entrepreneurs expérimentés et de Business Angels afin d’accélérer le déploiement de son modèle à plus grande échelle sur le territoire.

À lire également