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La lutte contre les aliments transformés fait partie des priorités pour redonner du sens à notre alimentation et orienter les consommateurs vers une alimentation durable. En France, il existe le Nutri-Score pour éclairer les consommateurs sur le sujet.



La définition en quelques mots

Le Nutri-Score, c’est un logo qui informe sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires. Il fonctionne sur une échelle de 5 couleurs (du vert au orange) associé à des lettres allant de A à E.

Il s’agit d’une manière simplifiée de comprendre la déclaration nutritionnelle obligatoire fixé par la réglementation européenne. Cette notation prend en compte, pour 100 grammes de produit, la teneur en nutriments et aliments à favoriser (les fibres, protéines, fruits et légumes) et les nutriments à limiter (acides gras saturés, sucres, sel). Il permet donc de savoir si un produit est plus ou moins bon pour la santé.

Et pour aller plus loin

La genèse du Nutri-Score provient en grande partie de la loi de modernisation du système de santé en France, datant du 26 janvier 2016. Cette loi a inscrit dans le droit “la possibilité de recommander un système d’étiquetage nutritionnel pour faciliter le choix d’achat du consommateur, au regard de la composition nutritionnelle des produits.” Pour cela, la création du Nutri-Score a été conduite avec des représentants des industriels, des distributeurs, mais aussi des consommateurs, des autorités sanitaires et des scientifiques. Ce collège avait pour but de définir les modalités de mise en place de cet étiquetage en s’appuyant notamment sur les expertises de l’Anses et du Haut Conseil de Santé Publique.

Parmi les entreprises à travailler de bonne foi sur la mise en place du Nutri-Score, on trouve ainsi des grands noms de l’industrie agro-alimentaire ; la grande distribution avec Leclerc, Auchan, Intermarché et Casino par exemple, qui apposent ce logo sur les produits issus de leurs marques. On retrouve également des industriels comme Danone, Bonduelle, McCain ou encore Fleury Michon et Findus.

À noter qu’à l’échelle européenne, 2 pays, la Belgique et l’Espagne, ont également adopté le Nutri-score.

bien manger vs mal manger


Le Nutri-Score, une étiquette pour mieux s’alimenter

Le Nutri-Score permet ainsi d’aider et d’éclairer les consommateurs dans leurs choix. Il s’agit d’une mesure de santé publique pour favoriser une alimentation saine et lutter contre l’obésité ou encore le diabète. Cependant, il ne concerne pas tous les produits alimentaires.

On le trouve essentiellement sur les emballages des aliments transformés, à l’exception de ce qui est café, thé ou herbes aromatiques. Les aliments transformés sont les produits alimentaires les plus susceptibles de contenir des nutriments dont la consommation doit être limitée. Il concerne aussi les boissons en dehors des boissons alcoolisées. C’est à dire qu’il est positionné sur les sodas par exemple. À noter une exception particulière pour les denrées alimentaires dont la face la plus grande a une surface inférieure à 25 cm².

C’est une des limites de ce système. L’autre limite étant qu’il n’est pas, à l’heure actuelle, obligatoire. Ce qui pousse certaines entreprises à ne pas l’appliquer ou à proposer des marqueurs différents. Cependant, là où l’information ne serait pas accessible, il existe des outils comme les applications ScanUp, Yuka ou encore Openfoodfacts qui permettent de scanner le code-barres des produits pour découvrir leur profil nutritionnel.

femme avec caddie dans supermarché


Seulement 5% des produits vendus en grande distribution

Mais parce que cet étiquetage est susceptible de faire baisser les ventes des produits phares de l’industrie agro-alimentaire, certaines grandes marques refusent de l’appliquer. Ainsi, cinq grandes entreprises (Coca-Cola, PepsiCo, Unilever et Mondelēz) refusent d’afficher le logo Nutri-score. Pour palier à cela, elles se sont concertées afin de proposer leur propre logo : le Nutricouleurs. Il faut savoir que ces 5 entreprises représentent à elles-seules 12% du monde alimentaire.

À noter que le groupe Nestlé a annoncé, le 26 juin 2019, qu’il opterait progressivement pour le système d’étiquetage Nutri-Score en Europe continentale à partir de la rentrée. Un revirement pour ce groupe qui refusait jusqu’ici de l’appliquer.

Leur système alternatif est élaboré sur la base d’un score caractérisant la qualité nutritionnelle du produit, pour chaque type de nutriments (énergie, matières grasses, acides gras saturés, sucre et sel). Ainsi, un aliment avec une faible proportion de sucre est vert dans la catégorie « sucre » mais peut être orange dans les catégories « sel » ou « matières grasses ». Ce qui amène de la confusion chez le consommateur. Cependant, cette tendance pourrait s’inverser dans les années à venir. Cela dépend notamment du parlement européen.

Ainsi, dans sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale en juin 2019, le Premier Ministre, Edouard Philippe a affirmé la volonté du gouvernement de rendre l’étiquetage du Nutri-Score obligatoire. Il précise vouloir réorganiser «notre police de l’alimentation pour apporter aux Français davantage de garanties sur ce qu’ils consomment. Nous avons lancé avec succès une démarche nationale pour améliorer l’information sur la qualité nutritionnelle des aliments et développer l’utilisation de Nutriscore dans l’étiquetage des aliments. Nous la défendrons auprès de la Commission européenne et de nos partenaires afin de rendre le Nutri-score obligatoire».

À voir désormais si l’Europe va s’associer à cette démarche de la France et si le parlement européen saura faire plier les grands industriels de l’alimentaire. En Novembre 2019, l’association UFC-Que Choisir dénonce le fait que le Nutri-Score n’est présent que sur 5% des produits vendus en grande distribution. Triste score.



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