Freshmile est l’un des principaux opérateurs français de bornes de recharge pour véhicules électriques. Une entreprise qui s’est positionnée avec audace sur ce créneau en 2010, à une époque où l’électromobilité n’était pas encore un sujet de préoccupation majeur. Si la start up a beaucoup travaillé sur des sujets de R&D autour de la recharge, c’est en 2016 qu’elle décolle véritablement à l’occasion d’un partenariat avec la Caisse des Dépôts.

Cet accord entre les deux structures, qui donne naissance à la filiale Freshmile Services, permet notamment au petit poucet de venir concurrencer les grands acteurs du secteur que sont EDF, Bouygues ou encore SPIE sur les appels d’offres des collectivités locales. L’entreprise basée près de Strasbourg s’est ainsi fait une place sur un marché qui devrait exploser dans les prochaines années. En effet, les gouvernements européens ont érigé le véhicule électrique en solution pour lutter contre la pollution atmosphérique. Or, le développement de l’électromobilité ne se fera pas sans les infrastructures adéquates.

80% des recharges se font à domicile ou sur le lieu de travail

Présent en France mais également sur des marchés à l’international (en Allemagne, au Liban ou en Egypte par exemple), Freshmile fait donc partie des différents opérateurs (au même titre qu’Izivia, la filiale d’EDF) qui structurent actuellement le réseau de bornes de recharge sur notre territoire. L’entreprise équipe principalement des entités publiques et privées : entreprises, syndicats de copropriété, villes, départements, etc.

Un créneau qui lui permet par exemple d’équiper des grands groupes comme Engie, SAP ou encore Atos. Equiper les entreprises s’avère une nécessité notamment car de plus en plus de sociétés équipent leurs flottes professionnelles de véhicules électriques et que la LOM (Loi Mobilités) incite les acteurs privés à installer des bornes de recharge sur leurs parkings. Aujourd’hui, 80% des recharges se font d’ailleurs au travail ou à domicile. Et si Freshmile discute de plus en plus avec des syndicats de copropriété, elle n’équipe cependant pas de maisons individuelles.

Sur ce marché des opérateurs de charge, l’entreprise Alsacienne se démarque grâce à une double activité : d’un côté, elle gère 3 500 bornes de recharge (sur les 26 000 installées en France), en assurant l’installation via des partenaires et, surtout, l’exploitation et la maintenance. De l’autre, Freshmile propose des services permettant d’avoir accès à environ 60 000 bornes en France et à l’étranger. Elle permet ainsi à ses utilisateurs de pouvoir se charger facilement (à l’aide d’une carte ou d’une application mobile) où qu’ils soient et où qu’ils aillent, en partie grâce à des accords d’itinérance entre les différents opérateurs.

borne recharge freshmile


Une accélération de toute part dans l’électrique

“Il y a une accélération très forte de l’électrique en ce moment, et notre but est de suivre cette courbe” précise Alice Meyer, Directrice des opérations chez Fresmile. Ajoutant au passage l’une des clés pour la réussite de leurs projets : “il faut rendre le véhicule électrique attirant”. Et pour cela, il faut évidemment que les usages soient simplifiés au maximum, et que l’accès aux infrastructures puisse se faire au moins aussi facilement que pour le plein d’une voiture thermique. Une vision que partagent actuellement les opérateurs, constructeurs automobiles et gouvernants.

Ainsi, l’objectif affiché du gouvernement français est par exemple de multiplier par 5 le nombre de bornes de recharges sur le territoire d’ici 2022. La France en compte aujourd’hui 26 000 pour plus de 220 000 véhicules électriques. Afin d’atteindre son objectif, des mesures ont d’ailleurs été annoncées par Elisabeth Borne dès le mois de juillet 2019. À titre d’exemple, les 3 000 premières copropriétés à en faire la demande ont pu bénéficier de bornes de recharge à moitié prix.

Du côté des constructeurs, l’Union Européenne leur impose de passer à l’électrique. Et si toutes ne sont pas encore convaincues par ce modèle, certaines marques commencent à s’y intéresser de près, et notamment en matière de micromobilité à destination des jeunes urbains. C’est, par exemple, le cas de la marque espagnole SEAT, qui propose désormais des voitures, des scooters et même des trottinettes électriques. Reste que pour réduire effectivement la pollution atmosphérique dans les villes, il faudra passer à l’électrique – certes – mais avant tout réduire l’usage que nous faisons de la voiture individuelle.