En France, au premier janvier 2021, 39 millions de véhicules étaient en circulation. Pour réduire le parc automobile des métropoles françaises, l’entreprise Wesk propose un service d’autopartage en free-floating, c’est-à-dire une flotte de véhicules en libre-service, baptisé « Shaary by Wesk ». Leur solution, qui se veut pratique et durable, permet en effet de limiter l’usage récurrent de la voiture individuelle et la consommation d’énergie fossile, surtout lorsque l’on sait que 90% des bouchons à l’entrée des villes sont liés à des autosolistes.

Shaary propose ainsi une application mobile à ses utilisateurs, téléchargeable gratuitement et sans abonnement. Les conducteurs, qui doivent avoir au moins 21 ans et 2 ans de permis, ont ensuite la possibilité de géolocaliser un véhicule disponible, puis de le réserver. Ils ont ensuite 15 minutes pour s’y rendre et déclencher le démarrage de l’opération. Le coût de la prise en charge s’élève à 1,50€, puis la location du véhicule est de 35 centimes par minute. Après avoir roulé, les utilisateurs doivent déposer le véhicule à l’intérieur de la zone autorisée. 

Véhicule Shaary


Un véhicule électrique dont la recharge est entièrement assurée par l’entreprise

Les véhicules de la flotte Shaary sont tous à motorisation électrique, et répondent à la norme Crit’Air 0. Les véhicules mesurent 1,83 mètre de long, 1m de large et 1,6m de haut, ce qui permet aux utilisateurs de se déplacer aisément dans la circulation et de se garer facilement. Élément novateur dans le paysage de l’autopartage, le service Shaary s’occupe du paiement du stationnement, de la recharge du véhicule, de l’entretien et du coût de l’énergie, ce qui permet aux utilisateurs d’éviter toute préoccupation. Cela leur permet aussi d’éviter les conséquences des envolées récentes du prix des carburants.  

Implantés à Marseille depuis janvier 2022, puis à Strasbourg, Nice et bientôt Nancy, les services de Shaary se décrivent comme un « complément aux transports publics » et se « positionnent sur les derniers kilomètres pour une mobilité plus fluide« , selon Henri Coron, l’un des fondateurs de Wesk. L’entrepreneur précise que le service est également avantageux pour les villes, auprès desquelles l’entreprise s’acquitte des frais de parking, en réduisant notamment l’emprise au sol des véhicules et en optimisant l’occupation du domaine public.

À l’origine de la création de Shaary by Wesk, le constat est le suivant : la voiture individuelle est de plus en plus perçue comme indésirable en métropole. En outre, son utilisation n’est pas optimisée : pour 2h d’usage quotidien, le véhicule personnel reste ensuite stationné le reste du temps.

Or, rien qu’à Marseille, on compte 1,2 million de véhicules individuels, ce qui représente une surface d’occupation de l’espace conséquente. Face au coût de l’espace dans les métropoles et à la difficulté de trouver une place de parking, les créateurs de Shaary soulignent « qu’un véhicule d’auto-partage remplace jusqu’à 8 véhicules individuels« .

Leur service appuie ainsi sur le gain d’espace obtenu avec la diminution du parc automobile, mais également sur le soulagement des coûts d’utilisation de la voiture, qui représente aujourd’hui le deuxième budget des foyers français. Pour être rentables, les quadricycles proposés par l’entreprise doivent être utilisés au moins 80 minutes par jour et par véhicule, ce qui représente environ 7 à 10 conducteurs.  

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Véhicule Shaary


Habituer les français au partage de véhicules

Mais pour réaliser cette transition dans le domaine de la mobilité, l’entreprise sait que les utilisateurs doivent s’habituer progressivement à ce partage de l’automobile, surtout dans un pays où la tradition du véhicule individuel est encore très prégnante. Wesk vise particulièrement les jeunes des métropoles, qui n’ont pas forcément la possibilité d’acheter leur propre véhicule.

Pour ce faire, l’entreprise compte bien miser sur les enseignements tirés des erreurs de précédents services d’autopartage, et met en avant le rôle de ses « jockeys », qui rechargent et entretiennent le véhicule à la place de l’utilisateur. 

Pour pouvoir se développer, l’entreprise a également réalisé une levée de fonds d’un montant de 2,5 millions d’euros en 2021. Elle a aussi bénéficié du financement de la BPI, et a fait financer ses véhicules par des organismes de crédit. À ce jour, Shaary by Wesk a permis la création d’une quarantaine d’emplois.

Par la suite, l’entreprise souhaite amplifier ses flottes dans les villes où elle est déjà présente. Cet accroissement représente un enjeu important, dans la mesure où un utilisateur n’est généralement pas prêt à faire plus de 300 mètres pour trouver un véhicule. À la fin de l’année, l’entreprise prévoit de posséder entre 300 et 350 véhicules déployés en France, et en envisage 1 500 d’ici l’an prochain. Et ce, grâce à une levée de fonds prochaine, qui permettra aussi de développer le service dans d’autres villes de France. 

Car, pour Henri Coron, « l’électrique est une des solutions pour éliminer le CO2 des métropoles, mais il faut aussi une consommation citoyenne de l’automobile qui permet de moins polluer la ville et de libérer plus d’espaces à des prix très concurrentiels ». 

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