data center permettant le stockage et la transmission de l’information

Voici un terme à la mode. Mais qu’est ce qu’un data center, ces endroits remplis d’ordinateurs qui permettent de stocker nos données ? Définition, enjeux et perspectives pour ces infrastructures méconnues.



La définition en quelques mots

Un data center (ou data centre, ou encore centre de données en Français) est un endroit physique sécurisé où sont réunis un ensemble d’éléments comme du matériel informatique (ordinateurs, serveurs, unités de stockage…) des équipements réseaux et de télécommunication, des systèmes de contrôles et de sécurité (climatisation, incendie…).

Tous ces éléments fonctionnent ensemble et permettant le stockage et le traitement de données informatiques (les datas). La taille d’un data center peut varier d’une simple pièce à un immeuble de plusieurs étages, et va permettre à une entreprise ou une administration de fonctionner à l’ère d’Internet.


Et pour aller plus loin

Equinix, Interxion, Etix ou Data 4, ces noms ne vous disent certainement rien, ce sont des exemples d’entreprises qui se cachent derrière ces fameux data centers. Ces derniers  jouent un rôle central dans le bon fonctionnement d’une organisation utilisant des bases de données car il permet la constitution d’un système d’information. En effet, en stockant et traitant les données de manière sécurisée, le data center va prendre en charge les applications d’une entreprise. Il faut entendre par là les applications basiques comme la messagerie, ou les plus complexes comme les logiciels ou progiciels puissants de gestion.

Un data center peut être à usage exclusif d’une entreprise et internalisé dans ses locaux, ou administré par un tiers et mutualisé en regroupant plusieurs entreprises, applications ou sites internet.
De manière très concrète lorsqu’une personne achète en ligne, navigue sur les réseaux sociaux ou fait une recherche sur internet, toutes ces informations sont opérées par les data centers.

Cartographie mondiale des data centers
Cartographie mondiale des data centers – source : datacentermap.com


Composants et avantages d’un data center

Les data centers sont des sites physiques ultra sécurisés car ils traitent et protègent des données sensibles. Ils doivent fonctionner sans interruption étant garants du bon fonctionnement de tout l’écosystème web.

C’est pour cela qu’ils sont pensés et organisés de manière très stricte. En voici les composants essentiels :

  • les serveurs : ce sont eux qui hébergent les bases de données, applications et sites internet

  • les baies de stockage des données

  • l’architecture réseaux : ce sont les routeurs et commutateurs qui permettent de relier ces éléments entre eux et avec l’extérieur

  • une unité de distribution d’énergie, avec un bloc d’alimentation d’urgence

  • un système de climatisation et de refroidissement

  • et bien sûr des systèmes de protection contre les intrusions informatiques

La qualité des performances de ces infrastructures et le niveau de sécurité élevé sont les grands avantages des data centers. Une très grande majorité des entreprises et administration n’auraient par ailleurs pas les ressources humaines et financières pour gérer ce type de matériel.

Un data center répond à la fois au besoin d’une grosse entreprise qui souhaite louer ces infrastructures car elle a un volume très important de données à stocker et à traiter. Mais aussi au besoin d’une plus petite qui visera plutôt la rapidité du traitement des données.

En rendant les informations accessibles partout dans le monde au moyen simple d’une connexion Internet, l’utilisation de datacenters a également permis l’émergence du cloud computing (ou informatique dématérialisée).

Les racks de serveurs qui composent les data centers
Les racks de serveurs qui composent les data centers


Où se trouvent les data centers?

Les besoins en stockage, l’avènement du cloud, et plus globalement le boom d’internet font exploser le nombre de data centers.

D’après datacentermap.com on compte plus de 4500 data centers à travers le monde, répartis dans 122 pays dont plus de 1800 aux États-Unis. On estime leur nombre en France à 156 dont 56 en Île de France. Suivent les régions Nord-Pas-de-Calais (16) PACA et Pays de la Loire (12) et Rhône-Alpes (11). Une étude de Xerfi table même sur le cap des 200 data centers en France à horizon 2020. La France est aujourd’hui la 4ème nation européenne derrière la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les Pays-Bas.

La France doit devenir la première terre d’accueil de data centers d’Europe”. Ces mots prononcés par Bruno Le Maire lors de son discours d’inauguration d’un datacenter d’Equinix en Février dernier à Pantin en Seine-Saint-Denis affichent clairement les ambitions françaises en la matière. Car il est question de “souveraineté numérique” et d’être en mesure d’héberger les données numériques sur le sol français. La proximité de ces centres de données est un sérieux atout de confiance.

Jusqu’ici les grands groupes du secteurs privilégiaient les pays à la fiscalité attrayante. C’est pour cela que le gouvernement a décidé fin 2018 d’abaisser la taxe TICFE sur l’électricité consommée par les data centers. Bon pour le business assurément, mais quel signal pour l’environnement ?

Le datacenter Kolos à Ballangen sera le plus gros du monde
Le projet Kolos à Ballangen au delà du cercle Arctique en Norvège sera le plus gros data center du monde


Un impact environnemental, mais des solutions

Car effet le gros point noir des data centers est leur pollution et l’empreinte écologique grandissante de ces derniers. Cela commence à se savoir, la consommation d’énergie du numérique dans sa globalité est colossale. On estime que si Internet était un pays ce serait le 3ème plus gros consommateur d’électricité au monde.

Les data centers ont leur part de responsabilité étant les garants du stockage et de la bonne transmission de l’information à travers le monde. On estime qu’un centre de données de taille moyenne consomme autant qu’une ville de 40 000 habitants. Les data centers installés en France absorbaient 8% de la consommation électrique nationale en 2016.

Les composants du matériel informatique utilisé lors de leur construction sont une des cause de la pollution émise. Mais leur monstrueuse consommation d’énergie est principalement imputée au fonctionnement de tout ce petit monde aux énergies fossiles. Et notamment au refroidissement des machines : on estime que près de 50% de la consommation d’électricité d’un data center serait lié à son système de climatisation. Et les projections ne sont guère réjouissantes.

Il existe heureusement plusieurs solutions. Par exemple implanter les data centers dans les pays nordiques pour profiter de l’air frais extérieur, ou même de l’eau des lacs ou de la mer. C’est la technique du free cooling ou refroidissement naturel pour climatiser les salles des serveurs. Malin. Facebook a ainsi installé ses data centers en Suède.

Alimenter ces centres de données avec des énergies renouvelables est une autre option. L’éolien, l’hydraulique ou le photovoltaïque se prêtent parfaitement au jeu, et certains GAFA – tous sauf Amazon en fait – font déjà tourner les leurs à 100% aux énergies renouvelables (2020 pour Facebook).

Il existe enfin une solution plus axée sur l’innovation. Celle de la récupération et la réutilisation de la très forte quantité de chaleur émise. C’est une technique émergente mais qui a de l’avenir. L’idée est de tirer partie au maximum de la chaleur émise par les machines pour la valoriser et ainsi en faire de véritables chauffages urbains. 2 exemples : OVH chauffe ses locaux à Roubaix uniquement via la récupération de chaleur de ses data centers. Et le parc d’activités du Val d’Europe alimente son réseau de chauffage urbain grâce à un data center situé non loin.



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