Cherchant à utiliser son expertise technique en sur les centre de données pour lier technologie et écologie, Béranger Cabaret fonde Stratosfair début 2020. Alerté par les chiffres de la pollution numérique, l’entrepreneur décide de réfléchir à ce que pourrait être le datacenter idéal pour lui : un centre de données français, local et bas-carbone qui s’inscrit dans les activités du territoire dans lequel il est implanté. « Notre savoir-faire c’est de produire et de proposer une solution d’hébergement de données pour les entreprises. Par ce biais, nous souhaitons les aider à amorcer leur transition numérique et écologique, mais aussi renforcer l’attractivité des territoires » explique t’il.

Le concept sur lequel l’entrepreneur travaille a donc pour vocation de s’inscrire dans une démarche circulaire et territoriale : en soutenant les initiatives d’énergies renouvelables locales pour alimenter les infrastructures, en valorisant la chaleur fatale émise par ces infrastructures au profit d’associations, de bureaux ou de serres urbaines. Stratosfair souhaite également que ses datacenters soient hébergés dans des conteneurs réhabilités et montés sur des plots de béton pour limiter son emprise au sol.

Ici, l’idée n’est donc pas de créer de grandes infrastructures, mais de se concentrer volontairement sur des centres de données de petite taille et de pouvoir les dupliquer facilement. Le premier datacenter de Stratosfair devrait être mis en activité en juin 2022, à Lanester, en Bretagne, près de Lorient. Il contiendra 16 baies de brassage, c’est-à-dire 16 armoires techniques qui hébergent et centralisent les données. Selon la startup, les sites pourront, à l’avenir, avoir une capacité comprise entre 8 et 32 baies. Ces armoires seront ensuite louées sous forme d’abonnement mensuel à différentes entreprises locales.

Les sources d’énergies utilisées et la façon de revaloriser la chaleur dépendra à chaque fois du territoire local et de ses particularités. Pour le centre de Lanester, l’entreprise fera notamment appel à du solaire photovoltaïque en complément du réseau. La chaleur fatale émise par les baies sera utilisée pour chauffer une serre urbaine attenante à l’infrastructure. En Septembre 2021, la jeune entreprise a réalisé une première levée de fonds de 550 000€ qui lui a permis de créer son premier modèle. Elle travaille désormais à s’implanter dans d’autres régions, notamment dans le Grand Est et les Hauts de France.

Les datacenters « green », une tendance qui monte

Avec son projet, Stratosfair s’inscrit dans une véritable tendance en matière de sobriété numérique. En effet, si une grosse moitié de la pollution numérique provient avant tout de la fabrication des terminaux et infrastructures que nous utilisons, leur usage est aussi une source d’émissions de gaz à effet de serre. Ce qui est surtout vrai dans les pays dont l’électricité est largement carbonée. En France, avec une électricité bas-carbone, le problème n’est pas tout-à-fait le même. Néanmoins, si l’on se fie aux chiffres de la Mission d’information sur l’empreinte environnementale du numérique, 10% de l’électricité produite en France est consommée uniquement par des data centers.

Un chiffre qui édifiant qui pousse de nombreux acteurs à proposer de nouvelles manières de penser ces infrastructures essentielles au fonctionnement de l’Internet car la production de données ne cesse d’augmenter au fil des ans : on estime qu’il y a deux fois plus de data centers en France aujourd’hui qu’il y a deux ans et que 90% des données qu’ils contiennent ont été créées sur les 6 dernières années. Avec un volume sans cesse croissant, la consommation d’électricité des data centers est donc en constante augmentation.

Mais la plupart des innovations liées aux centres de données concernent surtout la valorisation de la chaleur qu’ils émettent. En France, des entreprises comme Qarnot ou Neutral-IT sont notamment pionnières sur le sujet. Une autre innovation intéressante est proposée par Datafarm Energy, qui alimente des centres de données grâce au biométhane issu d’exploitations agricoles.

Pour aller plus loin, découvrez notre dossier sur la sobriété numérique 

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