Le numérique est responsable de 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Une empreinte carbone majoritairement liée à la fabrication des appareils que nous utilisons : smartphones, tablettes, ordinateurs, objets connectés, serveurs, infrastructures réseaux, etc.

De l’autre côté, la consommation énergétique quotidienne du numérique n’en est pas moins délétère pour l’environnement, de surcroît dans des pays qui fonctionnent majoritairement à l’aide d’énergies fossiles. Raison pour laquelle la consommation électrique des 4 800 data centers installés dans le monde est une préoccupation. À titre d’exemple, on estime qu’en 2016, les quelques 157 data centers installés en France ont représenté à eux-seuls 8% de la consommation électrique nationale.

De plus en plus de solutions émergent donc pour réduire ou améliorer cette consommation d’électricité. C’est notamment ce que propose la startup Datafarm Energy, en travaillant auprès des agriculteurs afin de créer des centres de données alimentés grâce au biométhane.


Installer des datacenters dans des fermes à la campagne ?

Datafarm Energy associe donc le numérique et l’agriculture à travers un système énergétique renouvelable et circulaire. En somme, la startup installe ses data centers dans des fermes bovines et les alimente grâce au biométhane issu de la dégradation des biodéchets et des effluents d’élevage. “Datafarm Energy, pour résumer, ce sont des datacenters qui fonctionnent à la bouse de vache” s’amuse Gabrielle Dufour, co-fondatrice de la startup. “Plus précisément, nous mettons à disposition de datacenters territorialisés une énergie renouvelable et décarbonée qui est l’énergie du biogaz d’origine agricole” ajoute l’entrepreneure.

Créée il y a un peu plus d’un an, la startup a déjà initié la construction de deux sites après avoir effectué un travail de prospection auprès d’agriculteurs dont l’exploitation est suffisamment adaptée pour accueillir les centres de données, et qui possèdent déjà une unité de méthanisation. Datafarm rachète ensuite l’intégralité du biogaz disponible et réutilise la chaleur fatale pour refroidir les serveurs mais aussi pour d’autres usages. “L’agriculteur peut s’en servir pour chauffer les digesteurs qui doivent être maintenus à une température comprise entre 38°C et 40°C, mais elle peut aussi servir pour chauffer du foin, de la luzerne ou du bois”.

Une initiative qui permet de réduire le gaspillage énergétique souvent causé par la surchauffe des data centers qui doit être régulée par des systèmes de climatisation. Ces derniers sont d’ailleurs responsables de 50% de la consommation d’électricité d’un centre de données.


Soulager la bande passante avec des data centers “locaux”

À terme, l’entreprise souhaite se déployer à plus grande échelle dans une logique qui vise à permettre de développer le tissu économique local. “Il y a une demande qui va accompagner les objets connectés et la 5G qui va transformer l’économie locale. Nous voulons participer à amener dans les territoires des datacenters qui vont pouvoir être utilisés localement par les entreprises ou les clouders“, ajoute Gabrielle Dufour. D’autant que l’installation d’un data center en zone rurale permet le déploiement de lignes à haut débit pouvant être utilisés par les entreprises locales.

A terme, la startup souhaiterait améliorer son service afin d’utiliser l’hydrogène comme vecteur de stockage et de résilience des centres de données en cas de panne ou de problème de production du biogaz.

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