L’hydrogène est un vecteur énergétique qui pourrait être un véritable accélérateur de la transition écologique, notamment pour décarboner les secteurs de l’industrie et des transports. D’ailleurs, la Stratégie Nationale pour le développement de l’Hydrogène décarboné, présentée en septembre 2020 par Bercy et le Ministère de l’Écologie, prévoit de mobiliser 7 milliards d’euros pour le développement d’une filière française d’excellence sur le sujet.

Le secteur du transport représente un marché clé à ce sujet, notamment pour venir concurrencer les véhicules électriques batterie. À condition de produire de l’hydrogène grâce à une électricité bas-carbone (c’est le cas en France), le véhicule à hydrogène possède en effet de beaux atouts vis à vis de son concurrent à batteries : capacité à équiper des véhicules lourds comme les bus, camions et bennes à ordure, mais aussi une autonomie largement supérieure et un temps de recharge qui se compte en minutes.

Aujourd’hui, les bornes de recharge à hydrogène ne sont pas encore très nombreuses sur le territoire mais le maillage s’intensifie, notamment grâce à des solutions françaises. C’est ce que propose la startup Atawey depuis 2016.


Un électrolyseur directement installé dans les dispositifs de recharge

En 2012, Jean-Michel Amaré et Pierre-Jean Bonnefond créent Atawey, un projet qui, initialement, à vocation à développer des solutions de stockage de l’hydrogène. En 2016, les deux entrepreneurs opèrent un pivot dans leur projet et décident de se lancer dans la mobilité hydrogène avec l’installation de leur première station de recharge dédiée aux vélos. Une offre qui s’adresse autant aux entreprises qu’aux collectivités et qui comprend une flotte de vélos hydrogène à assistance électrique en plus de la station de recharge et de la maintenance. Elle compte aujourd’hui une dizaine d’infrastructures de ce type.

L’entreprise s’est ensuite attelée à proposer des stations pour tout type de véhicules, tels que les véhicules légers utilisés par les particuliers, les utilitaires, et les filières de l’industrie et du transport pour les poids lourds, les véhicules de manutention ou même les bus. De nombreuses collectivités françaises sont d’ailleurs très intéressées par le développement de l’hydrogène pour faire fonctionner leurs bus et bennes à ordures. C’est le cas à Pau avec le Frébus, au Mans, à Versailles et, plus récemment à Dijon avec son projet Smart EnergHy.

Et pour les entreprises et collectivités intéressées, la PME conçoit et propose deux types de stations. “Il y a des stations dans lesquelles nous allons placer des bonbonnes de gaz qui vont délivrer de l’hydrogène aux véhicules. Ensuite, nous avons des stations qui sont directement pourvues d’un électrolyseur avec lequel l’électricité – si possible issue d’énergies renouvelables – va transformer l’eau en hydrogène vert, tout ça sur place, au sein de la station” précise ainsi Martin Bridenne, responsable communication chez Atawey. Une station avec électrolyseur peut produire jusqu’à 2 kilos d’hydrogène par jour, soit l’équivalent en matière de conduite, de 70 000 km/an.


94% de l’hydrogène est encore issu d’énergies fossiles

Les stations mises à disposition par l’entreprise sont adaptables en taille et en pression en fonction des types de flottes ; et permettent des recharges en moyenne aux alentours de 10 minutes. Une trentaine de ces bornes est déjà déployée sur le territoire français ainsi que deux autres en Nouvelle-Calédonie et en Suisse. Mais l’entreprise ne compte pas s’arrêter là, puisque la demande augmente dans les pays du nord de l’Europe, où ils prévoient d’installer leurs bornes de recharge. Atawey envisage également de se déployer hors du continent à l’avenir.

Attention cependant, car aujourd’hui, encore 94% de ce vecteur énergétique est produit à partir d’énergies fossiles en France, via une technique appelée vaporeformage du méthane, ce qui génère 11,5 millions de tonnes de CO2 et représente 3% des émissions nationales de GES. Dans ce contexte, Atawey prévoit d’améliorer ses modes de production d’hydrogène en augmentant l’utilisation de l’électrolyse à base d’énergies renouvelables (ou à minima bas-carbone) afin de proposer une réelle alternative écologique.

La bonne nouvelle, c’est que le prix de l’hydrogène bas-carbone a déjà été divisé par 4 depuis 2010 et que la maturité des technologies d’électrolyse pourrait contribuer à diminuer encore ce prix. L’association France Hydrogène estime que les prix pourraient baisser à 2€ ou 3 €/kg d’ici 2028, contre une moyenne située entre 1,5€ et 2,5€ pour l’hydrogène gris.

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