Finaliste du concours pour devenir Capitale Verte de l’Europe 2022 (battue par une autre ville française, en l’occurence Grenoble), la capitale de la Côte d’Or continue néanmoins de faire parler de ses avancées en matière de transition écologique.

Après un projet très technologique de smart city pour fluidifier le trafic et améliorer l’éclairage public, ainsi qu’un projet pour faire de la métropole bourguignonne un pionnier de l’alimentation durable, la ville de François Rebsamen se lance désormais dans la décarbonation de ses transports publics grâce à l’hydrogène.

Smart Energhy, un projet pour économiser 1 750 tonnes de CO2 par an

Avec le projet Smart Energhy, un consortium réunissant la métropole, Storengy et le groupe Rougeot, l’ambition de la ville est d’alimenter une partie de ses bus et de ses bennes à ordures ménagères en hydrogène dès 2022.

Pour cela, la collectivité mise sur la production d’hydrogène vert obtenu par la combustion des déchets issus de la collecte des ordures ménagères des habitants ainsi que par la construction d’une ferme photovoltaïque sur 12 hectares.

Deux stations à hydrogène devraient être mises en service. L’une en 2022, d’une capacité de 440 kg/jour et l’autre en 2023, d’une capacité de 880 kg/jour, chacune équipée de 4 bornes de recharge pour véhicules lourds et légers.

Dijon métropole prévoit ainsi, dès 2022, de faire circuler 27 bus, 8 bennes à ordures ménagères et une quinzaine de véhicules légers. Ce qui permettrait à la ville d’économiser l’équivalent de 1 750 tonnes de CO2 chaque année. L’évolution du projet, avec notamment l’ouverture des stations aux entreprises et particuliers qui le souhaitent, prévoit d’atteindre au total 200 bus, 50 bennes à ordures et 250 véhicules légers d’ici 2030.

La métropole engage pour le moment, via la co-entreprise Dijon Métropole Smart EnergHy (DMSE), une enveloppe budgétaire de 18M€ ainsi que 6,5M€ de subventions de la part de l’ADEME et du Conseil Régional.

Un bus de la société Divia qui gère les transports à Dijon


Pau, La Roche-sur-Yon, Versailles et les autres

Nouveau graal de la transition écologique, en particulier pour décarboner les mobilités, de nombreuses villes françaises misent aujourd’hui sur l’hydrogène. C’est particulièrement le cas de Pau, la ville de François Bayrou, avec son Frébus, un bus de 18 mètres qui roule à l’hydrogène. Mis en service en 2019, le Fébus affiche une autonomie quotidienne de 240 kilomètres qui lui permet une autonomie totale sur une journée. La ville a déboursé pour cela près de 74 millions d’euros, dont 50 millions d’euros pour réaliser les travaux nécessaires à l’accueil du projet, ainsi que 10 millions d’euros pour l’achat des bus et 4,5 millions pour le déploiement de la station de production d’hydrogène.

Dans l’Ouest de la France, les villes de Nantes et de La Roche sur Yon misent également beaucoup sur ce nouveau vecteur énergétique. À Nantes, c’est notamment pour alimenter une navette fluviale que l’hydrogène est utilisée. En Vendée, la startup Lhyfe vient de lancer la construction d’une usine de production industrielle d’hydrogène vert obtenu grâce à des énergies 100% renouvelables. Cette usine devrait alimenter à terme une flotte de bus ainsi que les bennes à ordures de la ville de La Roche-sur-Yon.

Ailleurs sur le territoire, les villes du Mans et de Versailles ont également des bus à hydrogène depuis quelques mois. Nul doute que la stratégie française pour un hydrogène bas-carbone proposée en fin d’année dernière ainsi que l’engouement des industriels pour cette technologie devraient accroître le nombre de municipalités intéressées par le sujet.

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