Jeudi 8 octobre 2020, Grenoble est désignée « Capitale verte européenne » pour l’année 2022. Ce titre, décerné chaque année depuis 2008 par un jury d’experts de la Commission européenne a pour but de valoriser une ville d’Europe qui engage des mesures « exemplaires » en matière d’environnement et de développement durable.

Grenoble a emporté le titre de Capitale verte européenne face aux 3 autres finalistes retenus par la Commission européenne : Turin (Italie), Tallin (Estonie) et Dijon. Grâce à un dossier retraçant les actions de ces dix dernières années en faveur de la transition écologique. Elle succède ainsi à son homologue finlandais Lahti et deviendra la seconde ville française ambassadrice des villes durables dans l’Union Européenne, après Nantes en 2013.

Un prix qui n’est pas seulement honorifique, puisqu’il octroie également à la ville la somme de 350 000 euros. Ainsi, le titre de Capitale verte européenne est une véritable opportunité pour enclencher une effet démultiplicateur des transitions et renforcer l’attractivité du territoire, effets que toutes les précédentes villes lauréates approuve.

Grenoble capitale verte européenne

23% d’émissions de gaz à effet de serre en moins depuis 2005

Située dans une région très exposée à la pollution de l’air, Grenoble a réussi à réduire de 23% ses émissions de gaz à effet de serre entre 2005 et 2018. En outre, elle se fixe comme objectif une réduction supplémentaire de 50% de ces émissions d’ici 2030 ainsi qu’une baisse de 40% de ses émissions de particules fines.

Pour cela, la municipalité a notamment misé sur la généralisation de la limitation de vitesse à 30 km/h dans la métropole ainsi qu’à des actions en faveur d’une mobilité verte. Elle est, par exemple, en tête du classement des villes cyclables de France 2019 de la FUB dans la catégorie ville de 100 000 à 200 000 habitants. Déjà récompensée au Baromètre des villes cyclables en 2018 grâce notamment à plus de 320 km de pistes et d’aménagements cyclables supplémentaires réalisées en 2017 et à ses 7 000 métrovélos en circulation, la ville de Grenoble est aussi la deuxième ville de France pour les déplacements domicile-travail à vélo selon l’INSEE.

La ville complète ses mesures en faveur de la réduction de son empreinte carbone côté transports en commun avec l’objectif, d’ici 2022, de convertir 100% de son parc de bus diesel par des véhicules électriques ou, à minima, par des bus au gaz naturel (une énergie fossile, certes, mais qui ne rejette pas directement de CO2 dans la métropole). La Métropole compte également faire passer à l’électrique sa flotte de véhicules municipaux d’ici 2025.


Biodiversité, alimentation durable et énergies renouvelables

Grenoble Métropole s’est aussi distinguée de ses concurrentes avec des actions en faveur de la biodiversité, de l’alimentation ou encore des énergies renouvelables. La métropole a ainsi l’ambition de couvrir 100% des besoins des ménages grenoblois par des énergies renouvelables d’ici 2022 ; et de développer d’ici 2030, un réseau de chaleur urbain issu d’un mix énergétique 100% énergies renouvelables et de récupération.

Côté alimentation, les cantines scolaires grenobloises seront bientôt approvisionnées pour moitié en produits bio et/ou locaux. Aujourd’hui, c’est déjà un repas végétarien par semaine disponible dans la restauration collective et bientôt deux. De plus, depuis le début de l’année 2020, les enfants des crèches bénéficient de repas à 95% bio ou local.

Enfin, depuis 2008, la ville de Grenoble n’utilise plus aucun produit chimique pour la gestion de ses espaces verts et a été pionnière dans ce domaine. Depuis 2014, elle a gagné plus de 5 000 arbres, qui contribuent à assainir l’air en aspirant les particules fines et le carbone. De plus Grenoble comptabilise 6 vergers, 23 jardins partagés (d’une superficie équivalente à 3 terrains de football) et 60 jardins « à adopter » pour ces résidents.


Un budget participatif pour des projets de végétalisation

La ville héberge également le tout premier écoquartier français, primé en 2009 par le ministère de l’Écologie, qui a vu le jour sur le site d’une ancienne caserne militaire. Elle a aussi été la première ville française à mettre en place un Budget participatif qui a permis aux habitants grenoblois de plus de 16 ans de décider eux-mêmes de l’affectation de 3,2 millions d’euros depuis 2015 dans des projets qui participent à la transformation de la ville.

Cette démarche a débuté par un appel à projet qui a ensuite donné lieu à un vote. Sitôt les projets lauréats connus, les chantiers ont pu commencer. Le projet qui a reçu le plus de vote de la part des habitants de Grenoble est par exemple le projet « Vers le haut, vers le bas », qui propose de végétaliser des rues vers le bas à l’aide d’une alternance de matériaux (herbe, terre, béton) et vers le haut via une pergola végétalisée, pour créer de l’ombre dans des rues trop minérales et abaisser la température des espaces urbains. 120 000€ au total qui ont été alloué à ce projet.

À retrouver sur le même sujet