définition de l'empreinte carbone indicateur d'impact sur le climat

C’est quoi l’empreinte carbone ? Définition, enjeux et limites de cet indicateur qui permet de mesurer l’impact d’une personne ou d’une entité sur le climat.


La définition en quelques mots

L’empreinte carbone représente la quantité de carbone émise par la consommation d’énergie et de matières premières d’une personne, d’une organisation ou d’un procédé. Elle se mesure en volume de CO2 émis par une entité. Mais pour être tout à fait précis, cette mesure comprend en réalité les émissions de trois gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Trois gaz qui représentent à eux-seuls 97% des six GES pris en compte par le protocole de Kyoto.

Et pour aller plus loin

À titre d’exemple, on estime que l’empreinte carbone d’un ménage français représente 16,4 tonnes de CO2 par an. Cela comprend les émissions de CO2 directement produites par le ménage (logement, utilisation d’une voiture, etc.) mais aussi la part d’émissions en lien avec les produits consommés par le ménage. On estime globalement que 70 % des émissions de gaz à effet de serre des ménages proviennent de 3 postes principaux : le logement, les transports et l’alimentation.

Récapitulatif de l'empreinte carbone en France entre 1995 et 2017
Empreinte carbone et émission sur le territoire national en France pour les 3 principaux gaz à effet de serre CO₂, CH₄ et N₂O

Ce qui est facile à mesurer est plus facile à améliorer

Fidèle à l’adage selon lequel on ne peut améliorer que ce l’on peut mesurer, le calcul de l’empreinte carbone aide à comprendre l’impact d’un produit, d’un service ou d’une organisation sur la planète. Plus le chiffre est élevé, plus son impact est négatif et mérite d’être diminué. C’est assez simple. C’est en grande partie pour cette raison que cette mesure s’est popularisée à travers la planète. À noter que la mesure de l’empreinte carbone est calculé à partir d’un indice baptisé «potentiel de réchauffement global». Cet indice est fixé par les scientifiques du GIEC. Ce qui permet aux chercheurs du monde entier de pouvoir se baser sur un seul référentiel.

L’empreinte carbone est aussi populaire pour avoir permis de mettre en place des programmes de compensation carbone. C’est à dire de financer des projets permettant de séquestrer ou de réduire des émissions de CO2. Par exemple, si un ménage français investit dans un programme de reforestation qui permet de séquestrer 16,4 tonnes de CO2 (ce qui est un gros projet pour un particulier), il aura compensé son empreinte carbone sur une année.

C’est de cette manière qu’un pays comme la France s’est fixé l’objectif d’être «neutre en carbone» à l’horizon 2050. Cela signifie que le pays souhaite diminuer ses émissions par différentes mesures. La promotion de l’économie circulaire en est une. Le développement des mobilités actives en est une autre. On note également la loi de transition énergétique qui impose aux investisseurs institutionnels (mutuelles, gestionnaires de fonds, caisses de retraites, compagnies d’assurance, associations, fondations, etc.) de déclarer leur empreinte carbone et donner des informations sur la manière dont ils envisagent de la réduire.

Mais cette neutralité peut aussi être atteinte en finançant des programmes permettant de compenser les émissions de CO2 du pays. Une logique malheureusement, ne répond pas totalement à l’urgence climatique.

récapitulatif des émissions de gaz à effet de serre en Europe en 2015
Émissions de GES en 2015 dans les pays de l’Union Européenne.

Les limites d’une mesure mono-critère

En effet, l’empreinte carbone permet de mesurer facilement l’impact d’un produit ou d’une personne sur la planète. Mais cet indicateur souffre de certaines limites. Par exemple, il ne prend pas en compte la production de déchets ni la pollution des eaux et des sols. Encore moins l’épuisement des ressources naturelles. Entendons-nous, il reste un indicateur fiable. Mais il existe d’autres unités de mesure d’impact environnemental plus complètes.

Il y a par exemple l’empreinte écologique. Cette mesure s’est popularisée ces dernières années car elle permet de définir le fameux “jour du dépassement”. C’est le Global Footprint Network (un think-tank) qui en est à l’origine. Cette mesure prend en compte davantage de critères pour définir l’impact d’une entité sur la planète et utilise pour l’illustrer le nombre d’hectares de forêt nécessaire pour la contrebalancer. L’empreinte carbone ne représente ainsi que 50% de l’empreinte écologique.

On peut citer également l’empreinte environnementale (Product Environmental Footprint). Cette mesure prend en compte plus d’une dizaine d’indicateurs en plus du carbone. Elle a vu le jour après la loi française dite «Grenelle II», dans laquelle est évoquée la nécessité de mesures plus concrètes pour résoudre les problèmes environnementaux.


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