C’est quoi l’empreinte carbone ?

L’empreinte carbone est un indicateur qui permet de mesurer l’impact d’une action ou d’une activité sur l’environnement, en se basant sur la quantité de gaz à effet de serre (GES) émise lors de cette action ou activité. C’est à dire par la consommation d’énergie et de matières premières émises par une personne, d’une organisation, d’une entreprise, d’un Etat, d’un objet, ou d’un procédé.

Elle se mesure en volume de CO2 émis par une entité. C’est ainsi qu’on estime par exemple qu’il faut 60 kilos de CO2 pour produire 1 kilo de viande de bœuf, ou que l’empreinte carbone des Français représente 11 tonnes équivalent CO2 (t CO2 éq) par habitant en 2018.

Pour être tout à fait précis, l’empreinte carbone ne se limite pas qu’au seul dioxyde de carbone, mais comprend en réalité les émissions combinées de trois gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4) et le protoxyde d’azote (N2O). Trois gaz qui représentent à eux-seuls 97% des six GES pris en compte par le protocole de Kyoto.


Pour aller plus loin

Fidèle à l’adage selon lequel on ne peut améliorer que ce l’on peut mesurer, le calcul de l’empreinte carbone aide à comprendre l’impact d’un produit, d’un service ou d’une organisation sur la planète et donc sur le changement climatique. Plus le chiffre est élevé, plus son impact est négatif et mérite d’être diminué. C’est assez simple. C’est en grande partie pour cette raison que cette mesure s’est popularisée à travers la planète.

À noter que la mesure de l’empreinte carbone est calculé à partir d’un indice baptisé «potentiel de réchauffement global». Cet indice est fixé par les scientifiques du GIEC. Ce qui permet aux chercheurs du monde entier de pouvoir se baser sur un seul référentiel.

Un outil plus pertinent que l’inventaire national

L’empreinte carbone est une approche globale basée sur le lieu de consommation finale et non pas sur le lieu de production, comme c’est le cas pour l’inventaire national. En cela, il est considéré comme un indicateur plus juste pour mesurer l’impact réel des organisations d’un pays car cela intègre au calcul les émissions de GES importées liées au cycle complet de production et au transport.

Les négociations internationales autour les émissions de GES étaient historiquement menées sur la base de l’inventaire national, c’est à dire des émissions liées à un territoire. Donc sur la base du lieu de production, ce qui exclut de fait les importations. Cela biaise les conclusions et donc les actions à mettre en place. Car basiquement dans ce cas, il suffit de faire produire ailleurs – délocaliser – , puis d’importer pour que l’inventaire national soit faible. Depuis peu et notamment depuis les Accords de Paris, l’empreinte carbone semble s’imposer afin de mieux comprendre le rôle de chacun dans ces émissions mondiales. Et d’apprécier de manière plus juste les pressions de chaque pays sur le climat en se basant sur la consommation finale et non plus sur le lieu de production.

Concrètement cela donne une vision plus équitable et instaure un principe de solidarité entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement.


L’empreinte carbone de la France

empreinte carbone par habitant France
Evolution de l’empreinte carbone par habitant en France – source : statistiques.developpement-durable.gouv.fr

On estime que l’empreinte carbone d’un ménage français est de 16,4 tonnes équivalent CO2 par an, ou de 11,2 tonnes équivalent CO2 par habitant (en 2018). L’empreinte carbone de la France comprend :

  • les émissions directes de GES issues des ménages, comme le carburant, le logement, le chauffage
  • les émissions de GES causées par la production intérieure de biens et de services destinée à la demande intérieure (hors exportations), le “made in France” consommé en France
  • des émissions de GES associées aux biens et services importés, pour les consommations intermédiaires des entreprises ou pour usage final des ménages. C’est à dire toutes nos importations.

Si la relocalisation industrielle entamée par la France ces derniers mois est avant tout à visées économiques et commerciales, c’est aussi un atout afin de mieux maitriser son empreinte carbone et donc son réel impact sur l’environnement. Car l’industrie française est une des plus décarbonée au monde.

Objectifs

Dans le cadre de la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte, une Stratégie Nationale Bas-Carbone a été mise en place avec comme principal objectif d’être «neutre en carbone» à l’horizon 2050. Cela signifie de séquestrer autant de GES que nous en émettons, ou de compenser nos émissions de GES. Mais au delà de simplement compenser, un des moyens les plus efficaces afin d’atteindre une balance à l’équilibre – la neutralité -, est de réduire l’empreinte carbone nationale. Ce qui diminuera mécaniquement les efforts de compensation à mettre en œuvre. Cela est possible via différentes mesures. La promotion de l’économie circulaire en est une. Le développement des mobilités actives en est une autre.

On note également la loi de transition énergétique qui impose aux investisseurs institutionnels (mutuelles, gestionnaires de fonds, caisses de retraites, compagnies d’assurance, associations, fondations, etc.) de déclarer leur empreinte carbone et donner des informations sur la manière dont ils envisagent de la réduire. C’est l’enjeu de toutes les organisations qui peuvent mesurer leur empreinte réelle, et donc l’améliorer.

L’empreinte carbone est aussi populaire pour avoir permis de mettre en place des programmes de compensation carbone. C’est à dire de financer des projets permettant de séquestrer ou de réduire des émissions de CO2. Par exemple, si un ménage français investit dans un programme de reforestation qui permet de séquestrer 16,4 tonnes de CO2 (ce qui est un gros projet pour un particulier), il aura compensé son empreinte carbone sur une année. Les entreprises raffolent de ce type de mécanisme. Mais la logique simple de compensation ne répond pas totalement à l’urgence climatique, car elle n’intègre pas de mécanisme de réduction des émissions qu’elle vient compenser.


Les limites d’une mesure mono-critère

En effet, l’empreinte carbone permet de mesurer facilement l’impact d’un produit ou d’une personne sur la planète. Mais cet indicateur souffre de certaines limites. Par exemple, il ne prend pas en compte la production de déchets ni la pollution des eaux et des sols. Encore moins l’épuisement des ressources naturelles. Entendons-nous, il reste un indicateur fiable. Mais il existe d’autres unités de mesure d’impact environnemental plus complètes.

Il y a par exemple l’empreinte écologique. Cette mesure s’est popularisée ces dernières années car elle permet de définir le fameux “jour du dépassement”. C’est le Global Footprint Network (un think-tank) qui en est à l’origine. Cette mesure prend en compte davantage de critères pour définir l’impact d’une entité sur la planète et utilise pour l’illustrer le nombre d’hectares de forêt nécessaire pour la contrebalancer. L’empreinte carbone ne représente ainsi que 50% de l’empreinte écologique.

On peut citer également l’empreinte environnementale (Product Environmental Footprint). Cette mesure prend en compte plus d’une dizaine d’indicateurs en plus du carbone. Elle a vu le jour après la loi française dite «Grenelle II», dans laquelle est évoquée la nécessité de mesures plus concrètes pour résoudre les problèmes environnementaux.

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