GIEC

C’est quoi le GIEC ? Cet organisme international est chargé de compiler, d’étudier et d’analyser les travaux scientifiques liés à l’évolution du climat. Définition, historique et enjeux de cette organisation majeure pour la transition écologique.



La définition en quelques mots

C’est quoi le GIEC ? Mot à mot, il s’agit du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. En Anglais IPCC (Intergovernmental Panel on Climate Change). C’est en réalité une Organisation Internationale sous l’égide de l’ONU (Organisation des Nations Unies) créée officiellement en 1988, après dit-on une réunion du G7, et ce, principalement à l’initiative du tandem Anglo-américain composé par Margaret Thatcher et Ronald Reagan. 

Le rôle du GIEC est d’expertiser (compiler, étudier et analyser) “l’information scientifique, technique et socio-économique qui concerne le risque de changement climatique provoqué par l’homme”. (Source : www.ipcc.ch).  Leurs rapports sont donc basés sur les recherches ou études effectuées par des scientifiques, des experts ou des organismes et publiées dans des revues scientifiques.


Et pour aller plus loin

Il s’agit donc d’une Organisation Inter Gouvernementale (comme l’OMC, l’Organisation Mondiale du Commerce, ou encore l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé). Concrètement cela signifie que les Etats membres de l’ONU sont tous membres de droit du GIEC (IPCC). Comme toutes les autres structures de l’ONU, il y a donc une Assemblée Générale des Etats Membres (195 à ce jour) qui désignent un Bureau exécutif composé de 36 représentants.

Le bureau est désigné pour un cycle d’études qui dure de 5 à 7 années. À l’issue de chaque cycle, l’Assemblée Générale du GIEC valide (à l’unanimité jusqu’à présent) le Rapport final. Chaque Rapport final est consultable sur www.ipcc.ch (ch puisque le GIEC est basé à Genève). Les quatre précédents Rapports ont été respectivement publiés en 1990, 1995, 2001 et 2007. Le 5ème Rapport l’a été en 2013/2014.


De la prédiction météorologique à l’étude du climat

Rentrer les récoltes avant une pluie torrentielle, éviter d’être surpris en mer ou en montagne par du gros temps ou tout simplement prévoir les activités de la semaine, la prédiction météorologique est une recherche aussi ancienne que l’Humanité. C’est dans les pays scandinaves, pays de navigateurs et d’explorateurs conquérants, que Suédois et Norvégiens ont développé les bases de la recherche météorologique.

Créée en 1950/1951, l’Organisation Mondiale de Météorologie (OMM) ou (WMO en anglais) s’appuie sur les données collectées depuis 1873 par l’Organisation Météorologique Internationale qui fût fondée par les grandes puissances Européennes de cette époque. L’Ecole Météorologique de Bergen (Norvège) et les Grandes Universités Américaines (UCLA et MIT) ont ensuite jeté entre 1930 et 1960, les bases mathématiques et algorithmiques des modèles climatiques qui permettent de mesurer aujourd’hui l’impact des activités humaines en termes de Gaz à effet de Serre (GES) et de réchauffement climatique. 

C’est donc au départ grâce à l’étude de la météo que nous nous sommes rendus compte que l’on pouvait comprendre et mesurer l’impact de l’Homme sur le climat.

Aujourd’hui, « l’expertise scientifique [du GIEC] est conduite par trois groupes de travail et une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre (GES). ». Selon le ministère de la transition écologique et solidaire, la répartition de leurs travaux se fait comme suit :

  • Le groupe de travail 1 évalue les aspects scientifiques du système climatique et de l’évolution du climat.
  • Le groupe de travail 2 s’occupe des questions concernant la vulnérabilité des systèmes socio-économiques et naturels aux changements climatiques, des conséquences négatives et positives de ces changements et des possibilités de s’y adapter.
  • Le groupe de travail 3 évalue les solutions envisageables pour limiter les émissions de gaz à effet de serre ou atténuer de toute autre manière les changements climatiques.
  • L’équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre développe et améliore un guide méthodologique pour le suivi des émissions de GES.

Chaque pays apporte sa pierre à cet édifice international. En France depuis 2001, c’est l’ONERC (Observatoire National sur les Effets du Réchauffement Climatique), créé par la loi du 19 février 2001, qui a pour missions principales de collecter et diffuser les informations sur les risques liés au réchauffement climatique, de formuler des recommandations sur les mesures d’adaptation à envisager pour limiter les impacts du changement climatique et d’être en liaison avec le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).


Le GIEC, pour qui et pour quoi faire ?

La communauté scientifique internationale se compose de chercheurs qui, dans un premier temps, publient dans des revues spécialisées l’avancée de leurs travaux. Ces articles sont lus et critiqués… (le mot critique du Grec krineien signifie « juger » c’est-à-dire porter un regard équilibré pour peser le pour et le contre, afin de rendre un bon jugement). Puis chaque Scientifique peut faire état publiquement de ses travaux. C’est donc au sein de cette Communauté Scientifique que  le GIEC puise ses informations. Y compris dans les thèses de chercheurs climato-sceptiques.

Dans un second temps les rapporteurs du GIEC émettent un avis destiné principalement aux décideurs (Gouvernements des Etats, mais aussi responsables économiques) ainsi qu’au grand public sur la base de ces travaux. Ces analyses sont donc une grande synthèse des éléments retenus par la science.

methodologie du GIEC
Méthodologie suivie pour l’élaboration d’un rapport du GIEC – source : ministère de la Transition écologique et solidaire


À l’image de ce que précise par exemple Jean-Marc Jancovici, (Ingénieur en énergie/climat, membre du haut-conseil pour le climat et président du think-tank The Shift Project), le GIEC n’est pas une tribune d’opinions dont on pourrait contester les avis (« tout ce qui fait l’objet d’un consensus dans les rapports du GIEC peut être tenu pour une certitude ») mais bel et bien une somme irréfutables de vérités scientifiques qui doivent impérativement être prises en compte pour la survie de la planète et de l’espèce humaine. Les recommandations du GIEC ont notamment servi de cadre aux Conférences de Rio en 1992 et à la rédaction du Protocole de Kyoto adopté en 1997 et dont l’entrée en vigueur s’est faite en 2005.

D’ailleurs le GIEC est Co-lauréat du Prix Nobel de la Paix en 2007 (en partage avec Al Gore, Vice Président de Bill Clinton. En 2006 Al Gore  avait publiquement interpellé l’opinion publique américaine et le Monde entier  dans un livre et un documentaire intitulés « Une vérité qui dérange »). Chaque année le GIEC publie ses recommandations pour modifier nos comportements et franchir à grands pas notre indispensable transition écologique. 



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