panneau zone faible emission

Définition, historique et enjeux des zones à faibles émissions : un dispositif pour réduire la pollution atmosphérique. Les ZFE permettent de limiter l’accès de certaines parties d’une ville (voire d’une ville entière) aux véhicules les plus polluants.


La définition en quelques mots

Une zone à faible émission (ZFE en français, LEZ – Low Emission Zone – en anglais) est une zone dont l’accès est interdit aux véhicules ne répondant pas à certains critères sur leurs émissions polluantes. Cela concerne souvent les véhicules les plus anciens ainsi que les poids lourds, autobus ou autocar. Cette zone peut être un quartier ou un arrondissement d’une ville par exemple.

Les critères pour limiter l’accès à ces zones sont généralement établis d’après les normes Euro, un ensemble de normes qui fixe les limites maximales de rejets polluants pour les véhicules neufs. En France, la loi mobilités permet aux collectivités de décider elles-mêmes les critères à utiliser. Jusqu’ici, c’est principalement le système de vignette Crit’Air qui est pris en compte pour interdire où non l’accès aux ZFE.

vignettes crit'air
En France, le système des vignettes Crit’air permet de définir les modalités d’accès aux ZFE


Et pour aller plus loin

Comment agir face aux enjeux sanitaires liés à la mauvaise qualité de l’air ? En France, par exemple, la pollution de l’air est responsable d’environ 48 000 décès prématurés chaque année. Et au fur et à mesure que le trafic routier augmente, le dépassement des valeurs limites réglementaires des concentrations en particules fines et en dioxyde d’azote dans les villes devient un sujet récurrent.

Parmi d’autres mesures pour réduire la pollution, plusieurs pays européens ont ainsi mis en œuvre dans certaines villes des zones dont l’accès est limité aux véhicules les moins polluants. Ce sont les ZFE (ou LEZ en anglais). Ces zones fonctionnent généralement toute l’année. Ce ne sont pas des zones activées uniquement en cas de pic de pollution. Elles concernent tout les véhicules et pas seulement les flottes municipales. Elles sont définies sur un périmètre donné.


Un concept apparu d’abord en Suède

La premières zones à faibles émissions sont apparues en 1996 en Europe. C’est en Suède, à Göteborg, Malmö et Stockholm qu’elles ont été introduites sous la forme de « zones environnementales » dans le centre-ville. Ces zones ciblaient les camions diesel et les cars de plus de 3,5 tonnes. En novembre 2018, on recense 231 zones à faibles émissions en Europe. Elles sont réparties à travers 13 pays : Autriche, République Tchèque, Danemark, France, Belgique, Allemagne, Italie, Pays-Bas, Suède, Royaume-Uni, Grèce, Portugal et Espagne. Paradoxalement, la Suède n’en compte que 8. L’Allemagne et l’Italie sont les pays européens qui comptabilisent le plus de zones à faibles émissions. 106 en Italie et 86 en Allemagne.

En France, la première ZFE a vu le jour à Paris le 1er septembre 2015 pour les poids lourds, bus et autocars immatriculés depuis le 1er octobre 2001. Elle a ensuite été étendue à tous les véhicules (voitures particulières, véhicules utilitaires légers, poids lourds) exceptés les deux-roues motorisés. Les véhicules interdits de circulation dans la capitale sont les Crit’Air 5 et non classés. Cela correspond aux véhicules diesel d’avant 2001 et aux véhicules essence d’avant 1997.

carte des zones à faibles emissions en Europe


Depuis le 1er janvier 2017, la ville de Grenoble a instauré la mise en place d’une zone à faible émission dans une partie de sa ville pour les véhicules utilitaires légers et les poids lourds. La ville de Strasbourg a également créé une ZFE pour ce type de véhicule dans son centre historique depuis le 1er septembre 2018.

À l’heure actuelle, 23 collectivités se sont engagées à mettre en place ces zones, dont au moins 15 qui devraient être mises en place d’ici fin 2020. Et avec la loi mobilités, toutes les agglomérations de plus de 100 000 habitants seront tenues d’au moins étudier la faisabilité de cette solution.


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