C’est une nouvelle page qui s’ouvre pour les nombreuses startups engagées dans l’élevage et la commercialisation de produits alimentaires à base d’insectes. En tout cas pour ceux qui travaillent le “ver de farine”, c’est à dire le scarabée molitor. Pour ceux là, un nouveau marché très prometteur s’ouvre : celui de l’alimentation humaine.

Ce mercredi 13 janvier 2021, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a en effet publié un avis positif très attendu sur l’utilisation du ver de farine à destination des humains. L’Agence met en évidence que celui-ci est sûr d’un point de vue sanitaire, en conformité avec les exigences et les procédures d’évaluation définies par la législation de l’Union européenne sur les nouveaux aliments.

Il faudra cependant, pour les producteurs de vers, attendre l’autorisation officielle de mise sur le marché qui doit être être prononcée par la Direction Générale Santé de la Commission Européenne avant de débuter la commercialisation de leurs produits.


La France en leader mondial de ces nouvelles protéines

« Nous ne pouvons que nous féliciter de cette avancée. Il s’agit d‘une étape importante qui vient récompenser le travail mené depuis des années par l’ensemble du secteur. Il démontre, s’il le fallait, l’excellence de la filière européenne et française et son leadership mondial » explique Antoine Hubert, CEO d’Ÿnsect.

Véritable figure de proue sur ce marché des protéines d’insectes, la startup française fait régulièrement parler d’elle pour le montant de ses levées de fonds (110M€ en 2019, 190M€ en 2020), en compagnie d’autres sociétés françaises : Innova Feed, NextProtein, ou encore Micronutris.

Aujourd’hui, les protéines d’insectes sont déjà autorisées dans l’alimentation des poissons d’élevage et devraient bientôt l’être pour l’alimentation des volailles et des porcs. On retrouve également des marques qui proposent des produits alimentaires à base d’insectes pour les animaux domestiques. Elles représentent également un potentiel fantastique pour la nutrition humaine, en particulier pour faire face aux défis qui nous attendent dans le futur.


Les nouvelles protéines sont les marchés de l’avenir

En effet, l’accroissement de la population à l’horizon 2050, la perte de surface agricole liée à l’artificialisation des sols, la perte de biodiversité et les bouleversements liés aux changements du climat vont nous obliger à produire davantage avec moins de possibilité. La culture d’insectes sur des fermes verticales représentent donc une opportunité essentielle pour y parvenir.

Ça n’est évidemment pas la seule alternative à notre disposition. Le recours aux protéines végétales, en premier lieu les légumineuses (pois, pois cassés, pois chiches, lentilles) sont également recommandées. La France est un terroir très intéressant pour la culture de ces légumineuses qui sont des alternatives à la consommation de protéines animales ou aux importations de Soja en provenance d’Amérique du Sud. Enfin, les produits alimentaires à base d’algues pourraient également être une solution intéressante.

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