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Glossaire

C’est quoi une Smart City ?- 6 minutes de lecture

Exemples et définition pour comprendre la Smart City, les enjeux des villes intelligentes et ses impacts probables sur nos sociétés.


Comprendre la Smart City : définition et exemples

En se fiant à la définition de la CNIL, la Smart City “est un nouveau concept de développement urbain (…) permettant d’améliorer la qualité de vie des citadins en rendant la ville plus adaptative et efficace, à l’aide de nouvelles technologies qui s’appuient sur un écosystème d’objets et de services”.

Donc pour simplifier les choses :  Une ville intelligente, c’est une ville qui utilise les nouvelles technologies (objets connectés, robotique, collecte et traitements de données, Internet) afin d’améliorer le quotidien de ses habitants. C’est encore un peu flou ? On vous donne un exemple avec une ville française.

Smart City : L’exemple de Chartres

Depuis 2015, la ville de Chartres a équipé certains de ses poteaux d’éclairage publics de capteurs reliés à un système informatique. Ces capteurs permettent de moduler l’éclairage urbain en fonction de ce qu’il se passe dans la rue. Par exemple, s’il n’y a personne sur la chaussée, l’éclairage est faible et sert uniquement à baliser les trottoirs. Mais dès lors qu’un piéton arrive, l’éclairage s’intensifie afin d’éclairer au mieux son trajet. Une fois le piéton parti, l’éclairage diminue à nouveau. Le résultat du dispositif est assez étonnant : 65% d’économies d’énergies pour la ville et un confort inchangé pour les habitants.

Autre innovation made in Chartres : Des conteneurs à déchets “connectés”. Dotés de capteurs et reliés à une interface Web, ils permettent aux habitants et employés municipaux de connaître le taux de remplissage des bennes à ordure en temps réel. Cela permet aux habitants de se diriger en priorité vers celles qui sont vides. Cela permet également aux éboueurs de ne se déplacer que vers les poubelles pleines et d’éviter ainsi des trajets et nuisances sonores inutiles.

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projection de ville éclairée grâce aux solutions de la start-up Glowee
Les smart-city sont les villes de demain : elles seront connectées et respectueuses de l’environnement. photo : Glowee

La ville intelligente : des applications variées

Mais la Smart City peut prendre encore différentes formes, par exemple :

  • La surveillance en temps réel des réseaux d’eau ou d’énergie afin d’éviter les pertes inutiles,
  • La surveillance de la qualité de l’air afin de prévenir les pics de pollution,
  • Le wi-fi linéaire gratuit et accessible partout (qu’on retrouve par exemple à Nantes, Mulhouse ou encore Lyon),
  • Les feux de signalisation connectés permettant d’optimiser la circulation,
  • Les parking intelligents permettant de connaitre en temps réel le taux de remplissage…

En fait, le périmètre couvert par la définition de ville intelligente regroupe de multiples domaines :

  • Les infrastructures publiques (bâtiments, mobiliers urbains, domotique, etc.),
  • Les réseaux (eau, électricité, gaz, télécoms),
  • Les transports (transports publics, routes et voitures intelligentes, covoiturage, mobilités dites douces – à vélo, à pied, etc.)
  • Les e-services et e-administrations.

Ces offres et services sont généralement basé sur ce qu’on appelle l’Open Data, c’est à dire la mise à disposition des données collectées à tous (citoyens comme entreprises) afin d’optimiser la création de services utiles aux citadins. La philosophie de la smart-city, c’est ainsi de permettre à une start-up de développer une application mobile permettant aux habitants de suivre en temps réel le parcours d’un bus grâce aux données mises à disposition par la régie des transports de la ville.

Dans sa définition, il faut cependant que la récolte et le partage des données rentre dans le champ d’une réponse aux attentes et intérêts des habitants. Donc qu’elle ne soit ni intrusive, ni un moyen de contrôle de la vie privée.

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la ville de copenhague est un exemple de smart-city
La ville de Copenhague est régulièrement citée comme un exemple de smart-city

Le concept de Smart City, pourquoi on en parle ?

C’est en 2005 que le terme de Smart City a fait son apparition dans le domaine public, utilisé par Bill Clinton à l’occasion d’un défi lancé par sa fondation à l’entreprise Cisco. L’ancien président des Etats-Unis avait alors appelé Cisco à “développer des plans de décongestion des villes, à commencer par San Francisco, Séoul et Amsterdam” afin de “diminuer les émissions de CO2 et économiser à la fois pour les citoyens et les communautés locales du temps et de l’argent”.

Voilà pourquoi on en parle. La Smart City doit permettre aux villes de répondre aux enjeux de développement durable qui se posent face à l’urbanisation croissante de nos territoires.

Car actuellement, 50% de la population mondiale vit dans des villes. Cela représente plus de 3 milliards d’individus. En 2050, ce pourcentage passera à 70%. Et dans le même temps les villes – qui n’occupent que 2% de la surface terrestre – produisent 80% des émissions de gaz à effet de serre. Il y a donc urgence à transformer la manière donc sont conçues nos cités.

Réduire la pollution et donc améliorer la qualité de l’air. Réduire les nuisances sonores et la pollution lumineuse. Faciliter la gestion des flux, notamment les transports. Faire des économies d’énergies. Optimiser la gestion des déchets. Améliorer la sécurité au coeur de la ville. Faciliter la communication et le partage d’informations entre les citadins et leurs administrations… La Smart City, c’est autant un sujet environnemental qu’un débat de santé publique. C’est également un projet de civilisation.

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les smart-city seront des villes vertes et connectées
La végétalisation des villes fait partie des transformations liées aux concept de smart-city. photo : Topager

Les villes connectées sont amenées à se structurer

Si les enjeux sont nombreux, les limites du modèle commencent également à apparaître au fur et à mesure que le concept se développe. Notamment en matière de sécurité et de vie privée.

En effet, quid de la propriété des données récoltées et partagées – notamment celles qui concernent les déplacement des citoyens ? En terme de sécurité, quels sont les risques pour des infrastructures sensibles d’être piratées ? Se dirige t’on vers une frénésie de services à l’intérêt ou l’efficacité restreints et développés dans l’urgence de suivre un effet de mode ? Et que faire en cas d’une utilisation de ses services et données qui serait privative de libertés ?

Autant de sujets sur lesquels nous n’avons pour le moment pas suffisamment de recul. Quoiqu’il en soit, la ville numérique et connectée se développe à vitesse grand V. Les précurseurs sont situés en Asie et notamment en Corée du Sud où en Chine. Mais ailleurs, Copenhague, Rio de Janeiro, Barcelone ou Stockholm sont également citées comme des pionniers sur le sujet. En France, on recense 25 communes, métropoles ou agglomérations qui développent actuellement des services intelligents. Si les grandes villes sont naturellement de la partie (Paris, Marseille, Lyon, Lille, Toulouse, Nantes…), ce concept reste à la portée de tous. Ainsi, 14 des 25 “Smart Cities” françaises sont des villes de moins de 250 000 habitants.


Guillaume Joly. @guitjoly

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