Un adage veut que l’on n’améliore que ce que l’on peut mesurer. Il en va ainsi de la qualité de l’air dans nos villes. Alors que la pollution atmosphérique est responsable de 48 000 décès prématuré chaque année en France, de quelles solutions disposons nous pour améliorer la qualité de l’air que nous respirons ?

À l’évidence, ce serait le cas si nous arrivions à réduire drastiquement le trafic automobile. À Pontevedra, par exemple, ville espagnole qui s’érige de modèle en la matière, les émissions de CO2 ont baissé de 61% entre 1999 et aujourd’hui. Mais ce qui fonctionne à Pontevedra ne fonctionnera pas nécessairement à Paris. Et pour permettre aux collectivités locales, aux entreprises, associations et particuliers d’agir concrètement sur la qualité de l’air, la start up nantaise Atmotrack a développé des outils et une technologie qui permettent justement de mesurer la qualité de l’air en temps réel, rue par rue, quartier par quartier.

Pollution de l'air à Paris


Une mesure ciblée de la pollution

Pour connaître l’origine et l’étendue précise des différents polluants atmosphériques, AtmoTrack place ainsi ses capteurs sophistiqués sur des voitures, des abribus ou encore des façades de bâtiments. Ces capteurs connectés permettent de mesurer en temps réel différents polluants, comme le dioxyde d’azote, le monoxyde de carbone ou encore le taux de particules fines.

“Il s’agit de capteurs plus localisés pour une information plus précise”, résumait récemment Romain Scimia, co-fondateur de la structure au micro d’Europe 1. Cette société fondée en 2015 compte aujourd’hui une dizaine de collaborateurs et teste ses produits dans différentes villes de France en collaboration avec d’autres organismes comme Airparif (organisme agréé par le ministère de l’Environnement qui surveille la qualité de l’air en Île-de-France) ou Air Pays de la Loire (un équivalent en région).

La finalité de ces capteurs est d’accompagner les collectivités territoriales à penser, ou repenser, leurs aménagements urbains en fonction de la pollution. Il peut aussi servir à des entreprises ou des établissements qui accueillent un public sensible, à l’image des écoles, crèches ou hôpitaux. Elle peut également servir pour des particuliers qui souhaitent, par exemple, connaître la qualité de l’air avant d’aller faire du sport ou de se promener avec un enfant.

Ce nuage informera en temps réel les habitants du quartier de l’île de Nantes sur la qualité de l’air


Des expériences concrètes dans certaines villes de France

Dans le quartier de l’île de Nantes, un mobilier urbain connecté en forme de nuage va progressivement être déployé d’ici à fin 2020. Alimenté par les données émanant d’Air Pays de la Loire et, à partir du mois de Juin, également par celles d’Atmotrack, ces nuages auront vocation, par un jeu de couleurs (rouge, orange, vert), à informer les passants sur la qualité de l’air dans le quartier.

Cette utilisation concrète des capteurs développés par Atmotrack fait écho à une autre expérimentation réalisée récemment par le skipper français Arthur Le Vaillant lors de la Solitaire du Figaro. Son bateau, équipé d’une balise développée par la start up nantaise a ainsi pu mesurer le taux de particules fines au large. L’entreprise collabore également depuis quelques temps avec la ville de Grenoble pour compléter leurs analyses de qualité de l’air.

D’autres applications sont encore à inventer et à mettre en place à ce sujet. Nul doute que cette utilisation de la technologie au service de la ville et des citoyens permettra à l’avenir de faciliter la transition écologique de nos territoires.

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