Il y a encore 10 ou 15 ans, les entreprises capables de proposer à leurs salariés une réelle mission sociale ou environnementale étaient encore rares dans le paysage économique français. Certes, il y a des pionniers en matière d’économie sociale et solidaire, mais peu de PME ou de grandes entreprises avaient en tête ces considérations. Malgré des alertes de scientifiques mais aussi de responsables politiques (on se souvient, par exemple, du succès du film Une vérité qui dérange, proposé en 2006 par Al Gore), il aura fallu attendre la COP21 en 2015 pour que le monde économique s’empare réellement de ce sujet.

Mais depuis, les choses s’accélèrent et les entreprises sont davantage soucieuses du Développement Durable et de leurs objectifs RSE. À tel point que de nouveaux métiers émergent et intéressent désormais les recruteurs. « Aujourd’hui, la RSE n’est plus un sujet annexe, elle fait partie intégrante de la stratégie globale des entreprises. Elle concerne et implique autant les dirigeants que les collaborateurs, quelle que soit leur fonction » précise ainsi Caroline Renoux, fondatrice et CEO du cabinet Birdeo, spécialiste du recrutement de ces nouveaux métiers depuis 2010.

Une transformation de certaines fonctions en entreprise

De fait, les entreprises sont plus nombreuses à formaliser leurs engagements, via la certification B Corp, le statut de Société à Mission ou celle d’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale (ESUS). En parallèle, de nouveaux métiers émergent où doivent se transformer pour coller au contexte actuel. C’est par exemple le cas des fonctions Achat qui doivent prendre en compte la durabilité comme critère en plus des éléments de performance financière. Dans de nombreuses entreprises, le rôle des achats est d’ailleurs essentiel pour atteindre des objectifs environnementaux. C’est par exemple ce que fait la marque Nature & Découvertes qui a lancé l’année dernière un département de l’innovation durable au sein de sa direction des achats.

Les fonctions Marketing et Communication sont également touchées par ce besoin de se réinventer afin d’éviter au maximum les écueils du greenwashing, d’assurer davantage de transparence ou encore de s’engager vers des modes de communication et d’évènementiel éco-responsables. Un constat similaire pour les responsables produits, qui doivent désormais intégrer à leur processus des ACV plus complètes et travailler à l’éco-conception de leurs produits en anticipant dès le départ leur fin de vie.

Il en va de même pour les DAF et les fonctions RH qui intègrent maintenant les critères ESG à leurs politiques et qui doivent animer de nouvelles règlementations concernant de nombreuses thématiques telles que la mobilité (promotion des mobilités douces et du covoiturage) ou encore de nouvelles manières de travailler (télé-travail, végétalisation des espaces, tri des déchets, cantines éco-responsables, etc.).

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Des nouveaux métiers qui émergent

De fait, de nouveaux métiers apparaissent aussi au sein des organisations. Le monde du consulting voit par exemple apparaître des profils spécialistes de la neutralité carbone et les grandes entreprises des chefs de projets décarbonation, qui doivent repenser l’offre de services ou de produits d’une entreprise dans le but d’alléger le plus possible l’empreinte carbone de son activité. Des métiers « particulièrement recherchée dans les secteurs du transport, de la construction et des infrastructures » précise le cabinet Birdeo, qui note aussi l’émergence de profils chargés de faire du reporting de performance extra-financière.

Un autre métier en vue ces dernières années, apparu à la faveur de l’émergence des enjeux climatiques en entreprise, est lié au numérique responsable. Ainsi, de plus en plus de grandes organisations et PME recrutent des experts capable d’auditer un SI et de définir une politique numérique qui soit plus vertueuse, du choix du matériel informatique à toute la gestion technologique pensée autour (visio, cloud, mail…) en passant par des mécanismes comme le reconditionné et la réparation.

L’apparition de nouvelles fonctions en entreprise qui répond à un besoin pour de plus en plus de français.es de s’engager professionnellement dans des métiers qui ont du sens vis-à-vis du climat. Un sujet qui rejoint d’ailleurs celui de l’enseignement, puisque de nombreuses formations professionnalisantes émergent également pour former les jeunes et moins jeunes à la transition écologique. Même si, sur ce sujet, nous avons encore besoin d’aller plus loin.

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