La crise sanitaire aura fait découvrir à beaucoup la pratique du télétravail en 2020. D’abord présenté comme un moyen pertinent pour ralentir la propagation du virus, les chiffres de l’année 2020 montrent que la mise en place d’un télétravail à grande échelle peut aussi avoir des bénéfices pour l’environnement.

En effet, télétravailler permet de supprimer les trajets domicile-travail qui l’une des sources principales des émissions de CO2 du transport routier. Alors, le télé-travail, c’est un élément-clé pour réduire la pollution ?

Pas tout à fait car, selon l’Ademe, cet effet direct du télétravail peut être influencé par différents effets rebonds qui viennent majorer ou minorer ces bénéfices. On vous résume tout ça dans l’infographie ci-dessous


Un véritable impact si les entreprises réduisent la taille de leurs locaux

Ainsi, éviter les déplacements domicile-travail permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 271 kg équivalent Co2 par an et jour de télétravail. Mais pour que le télétravail ait un impact environnemental encore plus intéressant, il faudrait donc le généraliser et – en contrepartie – proposer aux entreprises de réduire où de supprimer leurs locaux.

Dans ce cas de figure, la réduction des émissions de CO2 est amplifiée jusqu’à 52% si les entreprises adoptent des pratiques de flex office c’est-à-dire si elles réduisent leurs surfaces proportionnellement au nombre de télétravailleurs dans l’entreprise. En effet, cela vient d’autant plus diminuer les émissions de gaz à effet de serre du travailleur qui ne se déplace pas au bureau en permettant d’éviter de construire et de chauffer des espaces inoccupés.

Cependant, les 271 kg équivalent Co2 économisés par le télétravailleur peuvent aussi être minorés par plusieurs effets rebonds. Parmi eux, on retrouve bien évidemment l’augmentation de la consommation d’énergie à la maison car si travailler de chez soi peut permettre de moins chauffer les locaux de travail (et encore ce n’est pas toujours le cas), cela suppose aussi de chauffer plus chez soi pour s’y sentir confortable toute la journée et de consommer plus d’électricité avec l’utilisation de ses équipements.

Une balance environnementale largement positive malgré tout ?

En parlant d’équipements, travailler chez soi suppose de travailler d’autant plus depuis son ordinateur. Là où des réunions pouvaient se tenir en présentiel, le télétravailleur y assistera désormais en visioconférence ce qui implique des consommation d’énergies liées non seulement au fonctionnement des appareils mais aussi à la sollicitation des serveurs et au transfert de données. L’Ademe estime cet effet visioconférence à 2,6 kg eqCO2 par an et par jour de télétravail.

Enfin, travailler de chez soi ce n’est pas non plus rester enfermé toute la journée. Certains déplacements doivent être maintenus comme aller faire des courses ou encore déposer ses enfants à l’école et le télétravail invite aussi à de nouvelles mobilités pour aller faire du sport ou prendre l’air. Cependant, ces déplacements peuvent aussi émettre des émissions de Co2 s’ils ont lieu en voiture notamment et ainsi minorer l’effet positif du télétravail.

Finalement, l’ensemble des effets rebonds négatifs identifiés par l’Ademe pourraient réduire en moyenne de 31 % les bénéfices environnementaux du télétravail. Mais, face à des effets positifs induits plus importants, l’Ademe conclut que la balance environnementale du télétravail reste largement positive.

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