La crise climatique est un défi majeur pour notre planète et ses conséquences sont de plus en plus visibles dans tous les aspects de la vie quotidienne. Les entreprises ne font pas exception à cette règle, et sont même au coeur de cette transition. Pour les acteurs privés, de nombreux défis émergent pour s’adapter à la réalité du changement climatique ainsi qu’aux évolutions législatives en lien avec les politiques environnementales. On a pu le voir récemment avec les nouvelles dispositions de la loi Agec (Anti gaspillage et économie circulaire) qui sont entrées en vigueur cette année.

Cependant, si le changement climatique a un impact direct sur les activités des entreprises et peut entraîner des perturbations économiques et des coûts supplémentaires, elle amène également de nouvelles opportunités en créant de nouveaux marchés, en favorisant l’innovation et en ouvrant la voie à de nouveaux métiers dans les organisations. D’après le cabinet de recrutement Birdeo, spécialisé sur le marché de la RSE, l’année 2022 a vu une hausse des créations de postes (+25% en 2022) dans toutes les organisations concernant ces métiers à impact.

Pour cette année, 2023, le cabinet anticipe notamment une forte hausse des recrutements sur ces fonctions, et particulièrement dans le secteur financier et le secteur du conseil, en demande croissante de professionnels sur les sujets ESG, data et climat. L’entreprise identifie également 5 métiers porteurs qui devraient intéresser les recruteurs cette année.

Économie circulaire et aspects juridiques parmi les tendances de l’année

Responsable économie circulaire : repenser l’offre de services ou de produits d’une entreprise via le prisme de l’économie circulaire est un enjeu pour de très nombreuses entreprises, en particulier dans les secteurs manufacturiers où chez les retailers. Poste en lien avec le Marketing, le produit et les acheteurs/fournisseurs, le/la responsable économie circulaire doit posséder des compétences en gestion de projets, mais des connaissances en éco-conception, en réalisation d’ACV (analyse de cycle de vie des produits) et en sourcing de matériaux. Un poste complet qui devrait donc attirer de nombreux profils dans les années à venir.

Juriste RSE : le changement climatique impacte les organisations au niveau juridique et réglementaire. Sur le premier aspect, on l’a vu récemment avec les actions en justice engagées par des ONG à l’encontre du géant TotalÉnergies pour ses projets liés aux énergies fossiles où par la condamnation du sucrier Tereos à payer 9M€ de dommages et intérêts pour la pollution d’un cours d’eau : le devoir de vigilance est un aspect à ne pas négliger pour éviter de futures déconvenues. Sur le second aspect, la veille réglementaire est évidemment essentielle pour tous les acteurs qui souhaitent avoir un temps d’avance sur la loi pour opérer leurs mutations. Ainsi, de la cartographie des risques à la conformité des produits, et en interne à la formation des équipes aux nouvelles réglementations européennes et nationales : les juristes spécialisés en RSE et environnement devraient avoir du boulot ces prochaines années.

Responsable mesure d’impact : il n’y a pas de transition écologique possible sans une mesure préalable des impacts négatifs et/ou positifs de l’entreprise. Raison pour laquelle connaître les standards, les référentiels et les clés du reporting extra-financier sur le bout des doigts représentent des compétences recherchées par les entreprises.

Manager adaptation au changement climatique : c’est un autre poste qui devrait intéresser les recruteurs dans les prochaines années, notamment au sein d’ETI et grands groupes. Chargé.e de modéliser les risques auxquels l’entreprise peut faire face dans l’ensemble de sa chaîne de valeur, le ou la manager responsable de l’adaptation à la responsabilité de proposer des pistes d’adaptation du modèle économique en lien avec toutes les parties prenantes internes et externes. Un profil assez similaire au responsable économie circulaire, mais avec une vue à 360° sur la transition écologique et une maîtrise des référentiels et standards de l’ESG.

Chief Value Officer : dans la même veine que le responsable de l’adaptation, le ou la Chief Value Officer à pour mission de créer de la valeur et bâtir un business model profitable et durable. Ici, l’angle est cependant comptable et financier puisqu’il consiste notamment à intégrer la durabilité au cœur des décisions de gestion en prenant en compte des KPIs extra-financiers dans la comptabilité et le contrôle de gestion de l’organisation.

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