Près d’un tiers des ordures ménagères résiduelles sont des biodéchets. Chaque année, cela représente en France 12 millions de tonnes de déchets alimentaires et de déchets naturels biodégradables qui présentent un très fort potentiel de valorisation. Une valorisation qui sera d’ailleurs obligatoire à partir du 01er janvier 2024 afin d’éviter leur mise en décharge ou leur incinération, qui produit des gaz à effet de serre.

Sur ce point, les biodéchets représentent une véritable manne car ils peuvent servir à produire du gaz renouvelable et des fertilisants pour améliorer les sols agricoles. Aujourd’hui, seuls les biodéchets de certains restaurants et enseignes de grandes distributions sont récupérés pour être ainsi valorisés. Mais sur le territoire, de plus en plus d’acteurs commencent à structurer des filières locales pour généraliser ce procédé afin d’anticiper l’application de la loi AGEC. Et c’est notamment le cas de la startup Ouivalo.

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Sensibiliser au tri et à la valorisation des déchets

C’est le manque criant de solutions sur ce sujet qui a poussé Camille Marhadour-Savary, Kévin Hamon et Richard Hugou, les trois co-fondateurs de Ouivalo, à s’attaquer à la question du ramassage des biodéchets.

Basés à Nantes, ils décident alors de mettre en place des points-relais de compost au sein de commerces partenaires désireux de récupérer les déchets de leurs clients. Puis, pendant deux ans, l’entreprise qui se définit comme un « laboratoire de solutions » a pu construire et tester différents outils pour la valorisation de ces déchets : un service de cartographie des points-relais dans lesquels déposer ses déchets. Accessible en ligne, il référence les points de collecte et oriente l’usager vers les solutions les plus adaptées à son profil. Pour sensibiliser les particuliers, des défis sont également proposés pour améliorer le geste de tri.

Cet outil, utilisable par tous, est le résultat des retours faits par les citoyens sur le terrain. Ouivalo a aussi su se montrer attentif aux remarques des collectivités pour pouvoir apporter une réponse pertinente, efficace, et adaptée aux besoins des territoires. Un point d’autant plus crucial que les obligations légales deviennent plus contraignantes dans ce domaine. « C’est une très bonne nouvelle pour l’environnement et pour la gestion des biodéchets » se félicite Camille Marhadour-Savary, « mais il reste des défis importants pour les collectivités » rappelle-t-elle. C’est pourquoi Ouivalo propose d’accompagner ces acteurs dans le déploiement de solutions face à l’afflux de biodéchets à venir.

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L’enjeu de créer des boucles locales avec les acteurs locaux

En effet, on trouve chez Ouivalo une réelle volonté de faciliter le tri des biodéchets et permettre aux collectivités de se saisir de ces enjeux. La structure s’appuie d’ailleurs sur des acteurs locaux pour structurer son réseau : la collecte dans l’hyper centre-ville de Nantes est ainsi assurée par la société de coursiers GreenCourse. De plus, Ouivalo a réussi à créer un cercle vertueux ultralocal : les biodéchets collectés sont ensuite transmis à Compost In Situ, une coopération d’agriculteurs qui les valorisent dans leurs exploitations.

À l’heure actuelle, la startup revendique la valorisation de 38 tonnes de biodéchets grâce à plus de 500 foyers. A terme, l’entreprise souhaite finaliser ses expérimentations et achever de développer ses services d’accompagnement.

Le bureau de Recherche et Développement de l’entreprise s’intéresse d’ailleurs à des objets connectés à placer sur les bacs de tri pour mieux comprendre les habitudes des usagers. Enfin, Ouivalo souhaite poursuivre son développement pour pouvoir s’adresser à des territoires plus étendus.

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