Le parc automobile français pourrait comporter plus d’1 million de véhicules électriques et hybrides rechargeables en 2022. Le parc actuel – comprenant les véhicules pour particuliers, professionnels ainsi que les bus – comprend 322 101 unités. Dont 46 536 immatriculations sur l’année 2020, ce qui représente une hausse de 76 % par rapport à 2019 à la même époque, d’après les chiffres de l’Avere (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique).

Avec presque 30 000 bornes de recharge sur le territoire, le territoire est également plutôt bien équipé en comparaison de ses voisins européens. La France se situe ainsi dans un top 5 européen en compagnie des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Norvège et du Royaume-Uni. Ici aussi, l’objectif affiché par la filière et par le Ministère des Transports est une augmentation pour atteindre les 100 000 bornes d’ici 2022.

En juillet 2019, le ministère, par l’intermédiaire d’Elisabeth Borne, avait annoncé des aides pour développer l’installation de bornes de recharges à destination des collectivités et des particuliers.

Avec 30 000 bornes pour 322 000 véhicules, la France fait partie des pays européens les mieux équipés en matière d’électromobilité


De nouvelles annonces pour augmenter le nombre de bornes de recharge

Cette année, les ministres Barbara Pompili et Jean-Baptiste Djebbari viennent d’annoncer le renforcement du programme ADVENIR pour prendre en charge jusqu’à 60% du coût des bornes ouvertes au public : une aide qui pourra osciller entre 2 000 € et 9 000 € contre 1 000 € à 2 000 € aujourd’hui.

Entre autres, le Gouvernement annonce également mettre en place des aides au rétrofit des bornes déjà installées ainsi que la mise en place d’un bonus de 1 000 € pour les véhicules électriques d’occasion. L’objectif est de développer le marché d’occasion du véhicule électrique.

De nouvelles mesures ont aussi été annoncées vis-à-vis des entreprises, notamment des acteurs de la grande distribution, des sociétés d’autoroute, des hôteliers et restaurateurs. À travers la signature de la charte « Objectif 100 000 bornes », les groupes E. Leclerc, LIDL, Système U, Green Yellow, la Métropole du Grand Paris, la FNCCR, ainsi que TOTAL, IZIVIA, ENGIE et ENEDIS se sont notamment engagés accroître le déploiement des bornes sur le territoire.

Par ailleurs, une enveloppe de 100 millions d’euros va être mise à disposition pour les bornes de recharge rapide sur les autoroutes et le réseau routier national.

Enfin, le Gouvernement annonce également la suppression des véhicules Crit’Air 2 de la prime à la conversion. À partir du 1er janvier 2021, afin de poursuivre le verdissement du dispositif, seuls les véhicules électriques, hybrides rechargeables et Crit’Air 1 seront éligibles à ce dispositif.

À circulation constante, quel que soit le scénario de renouvellement du parc automobile, les valeurs limites de l’OMS pour l’exposition à long-terme aux particules fines seront dépassées


Le véhicule électrique est-il une réelle solution ?

Ces mesures visent à améliorer l’expérience utilisateur pour les propriétaires de véhicules électriques ou hybrides rechargeables et lever ainsi un frein à leur achat par les consommateurs. Elles devraient, en toute logique, permettre de vendre davantage de ces voitures aux conductrices et conducteurs français.

Aujourd’hui, les ventes de ces véhicules sont en hausse, ce qui est une bonne nouvelle pour la réduction des émissions de GES du secteur de la mobilité, le plus stratégique pour réduire notre empreinte carbone. Reste que le développement de l’électrique n’est pas forcément la meilleure solution à long-terme pour verdir la mobilité. En particulier car la technologie des batteries lithium-ion n’est pas la plus pertinente d’un point de vue écologique, ni en matière de souveraineté économique.

Enfin, l’avance considérable des pays Asiatiques et des Etats-Unis en la matière n’en fait pas non plus un axe extraordinairement stratégique à l’heure actuelle. En parallèle, l’hydrogène bas-carbone pourrait devenir une solution plus pertinente, notamment au vu des investissements annoncés récemment via la Stratégie Nationale de l’Hydrogène bas-carbone pour structurer cette filière.

Par ailleurs, à côté des émissions de GES, il y a aussi la question de la pollution aux particules fines et de la santé publique. L’Anses insiste dans un rapport sur le fait qu’équiper les Français.es de voitures moins polluantes ne suffira pas à résoudre le problème de pollution atmosphérique. Elle démontre qu’à circulation constante, quel que soit le scénario de renouvellement du parc automobile, les valeurs limites de l’OMS pour l’exposition à long-terme aux particules fines seront quoiqu’il arrive dépassées.

Il faut donc développer en parallèle un meilleur usage de la voiture quand elle peut être remplacée par les transports en commun, le covoiturage ou les mobilités douces.

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