Le 27 Avril 1987, Gro Harlem Brundtland, Première Ministre du Royaume de Norvège et  Présidente de la Commission mondiale sur l’Environnement et le Développement à l’ONU, rend aux Nations Unies un rapport intitulé « Notre avenir à tous », qui deviendra très vite le Rapport Brundtland. Ce rapport sera un texte fondateur pour l’écologie dans le monde, en particulier car il pose les bases de ce qui est aujourd’hui le Développement Durable.

Médecin, titulaire d’un Master de Santé Publique obtenue à Harvard, Gro Harlem Brundtland s’engage en politique au sein de l’AP, parti social-démocrate Norvégien. À 35 ans, elle est nommée Ministre de l’Environnement. Quelques années plus tard, en 1981, elle devient la première Femme nommée Chef du Gouvernement (première ministre) en Norvège. Elle occupera cette fonction 3 fois, en 1981-82, puis de 1986 à 1989 et enfin de 1990 à 1996.

Surnommée « Landsmoderen » (la Mère de la Nation) Gro Harlem Brundtland travaillera ensuite comme Directrice Générale de l’OMS.

Notre avenir à tous

En Décembre 1983, elle est appelée par le Secrétaire Général de l’ONU – Javier Perez De Cuellar – à présider la Commission Mondiale sur l’Environnement et le Développement, la CMED, qui siège à Genève pendant 4 années, afin de plancher sur les nouvelles relations entre l’humain et la planète.

Gro Harlem Brundtland et son Vice-président Mansour Khaled (Homme d’Etat Soudanais) choisissent une vingtaine de spécialistes appelés à réfléchir sur ces questions. Pendant ces 900 jours de travaux de la Commission, le monde connait notamment deux grandes catastrophes : l’explosion d’une usine chimique à Bhopal en Inde (250 000 personnes intoxiquées) et l’explosion du réacteur nucléaire N°4  à Tchernobyl.

En 1987, alors qu’elle est entre-temps redevenue Premier Ministre de Norvège, est présenté le célèbre rapport « Our common Future », qu’on appelle régulièrement le « Rapport Brundtland ». Ce travail est historique puisqu’il ancre officiellement, et pour la première fois dans un rapport des Nations Unies, la notion de « sustainable development » (développement durabe) : « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ».

Le rapport Brundtland a ensuite servi de base aux travaux de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED), le fameux « Sommet de laTerre » qui s’est tenu à Rio de Janeiro du 3 au 14 juin 1992. Ce sommet a mis en place l’ambitieux Programme Action 21, à l’origine des Agendas 21 (ensemble des actions destinés à s’inscrire dans un XXIème Siècle devenu résilient) ; de la Convention-Cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques ; de la Convention sur la Diversité Biologique et de la Déclaration sur les Principes sur la Gestion des Forêts. 

Aujourd’hui, la majeure partie des programmes internationaux de lutte contre le réchauffement climatique trouvent donc leur genèse officielle dans le rapport Brundtland de 1987.

Développement Durable : Un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs


Directrice Générale de l’OMS entre 1998 et 2003

En 1997, Gro Harlem Brundtland quitte la vie politique Norvégienne et accepte l’année suivante la responsabilité de Directrice Générale de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). C’est pendant son unique mandat (1998/2003), qu’elle affronte la première vague de SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) lié à un Coronavirus qui s’est développé en Chine dans la Province du Yunnan.

À l’OMS, elle compose son équipe de la manière suivante : sur 10 membres de son cabinet, huit viennent d’autres horizons que l’OMS, six sont des femmes et il y a parité entre les Etats « dits du Nord » et les Etats « dits du Sud ». En s’appuyant sur les contributions de tous les états représentés au sein de l’OMS et en acceptant des fonds privés, Gro Harlem Brundtland pose les base d’une gestion basée sur une parité réelle entre les femmes et les hommes et sur le besoin de regards neufs émanant équitablement des pays « riches et développés » tout autant que les avis des pays « en développement ».

Dans la logique du développement durable, elle mène au sein de l’OMS une réflexion qui met en avant l’état de santé des populations et de répondre à leurs besoins par un développement économique soutenable.

Membre du Global Elders (mouvement fondé par Nelson Mandela et Desmond Tutu pour valoriser la sagesse et l’expérience des anciens Grands Dirigeants), longtemps conseillère auprès de l’ONU pour le Climat et la Santé, Madame Harlem Brundtland est également quatre fois Docteur Honoris Causa des Universités de Haïfa, et de Louvain, de l’Institut Médical Universitaire Karolinska de Stockholm ainsi que de l’Université Pierre et Marie Curie (Paris 6).

Aujourd’hui totalement retirée de toute vie publique, Gro Harlem-Brundtland garde en mémoire d’avoir échappé de peu à la tuerie menée en juillet 2011 sur l’île d’UtØya par un illuminé extrémiste de Droite.