La mouche de l’olive est un fléau pour les oléiculteurs. Elle peut ravager des parcelles en quelques semaines. En conséquence, les producteurs ont deux alternatives pour protéger leurs cultures : soit utiliser des pesticides qui ont des externalités négatives sur la biodiversité et les sols ; soit utiliser des produits biologiques qui ne sont pas toujours efficaces. Mais une nouvelle alternative pourrait voir le jour grâce à la startup Cearitis.

Elle a développé une solution permettant d’éviter l’utilisation d’intrants de synthèse dans la culture des olives grâce au biomimétisme. Concrètement, les mouches de l’olive – appelées diptères – sont attirées par les molécules d’oliviers. Elles pondent leurs oeufs dans les fruits et y laissent un jus de ponte qui permet de signaler à ses congénères que l’olive est prise. Or, ce jus est aussi, par conséquent, un signal répulsif. Signal sur lequel s’est basé Cearitis pour concevoir son produit.

Piège attractif de Cearitis
Piège attractif de Cearitis


Des débuts prometteurs pour cette jeune pousse

Cearitis propose donc un produit répulsif à diffuser sur les parcelles d’oliviers. Mais pour aller plus loin, l’entreprise propose également un piège qui, de son côté, émet un produit attractif – basé sur des kairomones – afin d’attirer les diptères hors des parcelles. Avec cette double solution, la startup espère aider les oléiculteurs à se passer des intrants de synthèse.

Aujourd’hui, les produits de Cearitis contre la diptère sont encore en phase de tests et d’amélioration, notamment sur des parcelles situées dans le sud de la France, à Maussane-les-Alpilles et en Camargue. Avec ces tests, la jeune pousse a constaté que sa solution permet de protéger 90% de la parcelle et divise par deux les pertes constatées. La protection s’avère ainsi plus efficace que les produits traditionnels utilisés par les oléiculteurs. De plus, elle permet un gain de temps pour les exploitants. “Il y a besoin de quatre fois moins de temps de travail pour protéger les plants. La solution répulsive est diffusée avec un tracteur pulvérisateur, et le piège attractif est autonome” détaille Solena Canale Parola, co-fondatrice de la startup.

Globalement, l’efficacité du produit peut dépendre des conditions météorologiques. Par exemple, la diffusion ne se fait pas pendant les périodes de vent et de pluie. Néanmoins, les diptères sont présents de juin à octobre, ce qui correspond à des périodes souvent ensoleillées dans le sud de la France. D’ailleurs, ces mouches ne sortent pas quand il n’y a pas assez de luminosité. Raison pour laquelle le piège de Cearitis possède des capteurs qui réagissent à la luminosité. En cas de manque de soleil, le système ne se déclenche pas. Ce qui permet une optimisation de l’utilisation des produits.

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Une commercialisation attendue en 2023

La commercialisation à grande échelle de ces produits ne devrait pas arriver avant 2023, le temps pour l’entreprise de terminer ses tests et d’affiner sa proposition. En parallèle, l’entreprise a décidé de s’intéresser à d’autres ravageurs pour compléter sa gamme. Elle devrait développer – sur le même modèle – des solutions contre la mouche méditerranéenne des fruits et la mouche des fruits rouges. 

À plus long-terme, l’entreprise souhaite exporter ces produits en Europe, notamment en Italie, Espagne, Portugal et Grèce ainsi qu’aux États-Unis. Cearitis sera d’ailleurs présente au Salon de l’Innovation de Las Vegas, en janvier prochain, afin de faire connaître son innovation. Une levée de fonds d’environ 400 000€ est d’ailleurs en projet pour financer le développement de l’activité.

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