une plante grasse

C’est quoi le biomimétisme ? Définition et exemples de cette pratique qui consiste à s’inspirer de la nature afin de concevoir des produits ou des process qui sont à la fois efficients et durables.



La définition en quelques mots

C’est quoi le biomimétisme ? Eh bien, littéralement, cela signifie “imiter le vivant”. C’est une pratique scientifique qui consiste à s’inspirer des solutions naturelles pour en transposer les principes et les processus en matière d’ingénierie humaine. On appelle aussi cette pratique bioinspiration ou écomimétisme. Le biomimétisme s’inspire des différents aspects de la nature : formes, matières, propriétés, processus et fonctions. Ce sont principalement les plantes et les animaux qui sont observés dans cette pratique.

l'eastgate building est un exemple de biomimétisme
L’Eastgate Building est inspiré par les termitières

Et pour aller plus loin

Pour comprendre le biomimétisme, il faut d’abord prendre du recul sur l’état de la planète. Car avec près de 3,8 milliards d’années d’évolution et d’adaptation, la nature doit être considérée comme le meilleur laboratoire de R&D qui existe. La planète héberge ainsi une source inépuisable de génie et d’inspiration. Elle a su mettre en oeuvre des procédés presque parfaits en matière de gestion et de production d’énergie, de fabrication de matériaux, de recyclage ou encore d’ergonomie. La nature est aussi une précieuse mine d’or en ce qui concerne l’optimisation d’écosystèmes et l’organisation de vie communautaire. Regardez les fourmis et les abeilles par exemple.

Le biomimétisme est une pratique probablement aussi vieille que l’humanité. On sait que Léonard de Vinci s’inspirait des oiseaux pour concevoir les plans de ses machines volantes. Il est plus que probable que les humains s’inspirent de la nature depuis déjà la préhistoire. Cependant, le terme “biomimétisme” est apparu après la seconde guerre mondiale. Il a été définit par un scientifique Américain, Otto Schmitt. C’est le premier à décrire l’inspiration du vivant non pas comme une activité plaisir mais comme un réel processus scientifique. Le terme est ensuite repris et popularisé à la fin des années 90 dans une bible écrite par la scientifique Janine Benyus. Elle décrit alors le biomimétisme comme une façon « d’aider les innovateurs à concevoir des produits et des processus durables qui créent des conditions propices à toutes les formes de vie ».

En effet, tout l’enjeu des pratiques bio-inspirées consiste à répondre aux problématiques qui se posent à notre société humaine avec des coûts environnementaux et énergétiques moindre que ceux proposés par d’autres types d’ingénieries. En somme, c’est faire mieux avec moins. Si l’on manque encore de repères précis concernant ce champ d’études, la pratique se développe à grande vitesse. En France, il existe depuis 2015 un organisme appelé CEEBIOS (Centre européen d’excellence en biomimétisme) qui compile une centaine de projets de recherche sur ces sujets. L’organisation publie également de nombreux articles sur cette pratique et ces impacts positifs pour nos sociétés.

le shinkansen est un exemple de biomimetisme
La forme du Shinkansen est inspirée par le Martin-Pêcheur

4 exemples réussis de biomimétisme

Face à la crise écologique liée à la surexploitation des ressources naturelles, de nombreux chercheurs, architectes, industriels, prospectivistes et certains gouvernements s’intéressent au biomimétisme. Il pourrait ainsi s’avérer être un vecteur de mutation essentiel pour passer d’une économie polluante vers une « économie verte » s’appuyant sur des technologies simples, propres, sûres et sobres.

En attendant, voici déjà quelques exemples réussis de solutions inspirées par la nature.

Le Shinkansen et le martin-pêcheur

Au Japon, le train à grande vitesse s’inspire du nez des martins pêcheurs. En effet, le Shinkansen traverse de nombreux tunnels à plus de 300km/h, ce qui lui impose des niveaux de pression différents. Au même titre que le martin-pêcheur, qui passe de l’air à l’eau sans rencontrer de résistance ni même provoquer d’éclaboussures. Les ingénieurs japonais ont donc copié la tête et le bec du martin-pêcheur pour que leur train puisse résister à ces changements de pression

Velcro-Geckskin & Bardane-Gecko

Créée en 1941 par l’ingénieur suisse George de Mestral, la bande Velcro imite une plante, la bardane. En effet, le fruit de la bardane peut se fixer à différentes surfaces grâce à de nombreux crochets. C’est en reproduisant cette technique sur une bande de coton que le Velcro est né.

Soixante-dix ans plus tard, en 2011, des chercheurs américains ont mis au point un nouveau type d’adhésif sec, très puissant et incolore. Pour cela, ils ont imité la peau du gecko. En effet, le gecko est un lézard pouvant se déplacer sur un plafond grâce à l’adhérence de ses doigts. Un seul de ses doigt lui permet notamment de supporter le poids de son corps. En imitant la peau du gecko, les ingénieurs ont créés le geckskin. D’après ses concepteurs, une bande de geckskin de la taille d’une fiche bristol peut porter aisément un écran plat de 40 pouces.

L’eastgate building et la termitière

L’Eastgate building est un des meilleurs exemples de biomimétisme. Ce supermarché construit en 1996 à Harare au Zimbabwe s’inspire directement d’une termitière. Le cabinet d’architectes qui l’a créé a copié la structure des termitières afin d’y maintenir une chaleur uniforme. De nombreuses ouvertures permettent en effet à l’air d’entrer par le bas du bâtiment, tandis que de grandes cheminées permettent d’évacuer l’air chaud qui remonte par convection. Cette installation créé un courant d’air naturel qui est accéléré plusieurs fois dans la journée en activant des ventilateurs. La nuit, quand l’air est plus froid que le bâtiment, les murs diffusent peu à peu la chaleur qu’ils ont emmagasiné pendant la journée. L’immeuble consomme ainsi 90% d’énergie de moins que la moyenne.


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