Selon le dernier rapport du Haut conseil pour le climat le bâtiment est le quatrième secteur le plus polluant en France. Celui-ci est responsable de l’émission de 79 millions de tonnes équivalent CO2 chaque année. Il est aussi à l’origine de plus de 40% de la consommation finale d’énergie du pays. Cette importante consommation est fortement liée l’utilisation du chauffage et de la climatisation de bâtiments qui n’ont pas été, dans bien des cas, pensés pour être durables. De plus, les émissions liées à la construction sont comptabilisées dans la catégorie industrie, ce qui biaise les émissions réellement émises par le bâtiment.

Ce secteur n’échappe donc pas à l’impératif qui touche toutes les activités présentes sur le sol français : il doit être complètement repensé pour permettre au pays de tenir ses engagements climatiques, à savoir la neutralité carbone d’ici 2050. C’est à cette tâche là que contribue l’entreprise Amoès avec son bureau d’études. 

La jeune entreprise se présente ainsi comme une société d’ingénierie spécialisée dans la performance environnementale et énergétique du bâtiment. Son objectif est de “développer des bâtiments à très basse consommation et à très faible impact environnemental”. 

Bientôt des économies d’échelle pour les matériaux biosourcés ?

Créée en 2007 par 4 centraliens et incubée deux ans au sein de l’École Centrale de Paris, Amoès est une entreprise dont le siège social Asnières-sur-Seine. Il s’agit d’une SCOP, elle emploie 35 personnes, dont 13 sont associés. Concrètement, la société propose ses services pour de nombreuses étapes du processus de construction des bâtiments. Cela va de l’audit et la programmation à l’exploitation, sur tous types de contrats. L’entreprise se structure autour de 6 activités : maîtrise d’oeuvre fluide, optimisation de la performance environnementale des bâtiments, AMO R&D, formation et, enfin, audit.

La société travaille avec différents types de clients. Ceux-ci peuvent être des promoteurs privés ou des bailleurs sociaux dans le résidentiel. Le bureau d’études Amoès peut fournir son expérience dans les équipements à des communes, des départements, des régions, des universités. La société travaille également avec des clients institutionnels comme l’Ademe.

Amoès reconnaît que l’usage de matériaux durables en remplacement du béton – certes peu cher mais à l’impact environnemental déplorable – engendre pour le moment des coûts plus élevés. Mais cela tient au fait que la filière du béton est extrêmement bien structurée alors que celle du bois par exemple ne permet pas encore de dégager des économies d’échelle. Julien Staal explique qu’il s’agit d’une question de temps mais aussi qu’il faut élargir le raisonnement. “Le béton coûte moins cher mais nous ne payons pas les coûts écologiques” détaille-t-il.

L’équipe Amoès

Une entreprise au développement “modéré et régulier”

Fidèle à sa volonté d’avoir un impact important sur la construction des bâtiments et des espaces publics, ce qui passe par une intervention la plus rapide et la plus large possible dans le processus de construction, l’entreprise travaille de plus en plus à l’échelle urbaine. Comprendre : le bureau d’études accompagne des aménageurs de quartier dans la réflexion de la stratégie environnementale à appliquer. Cela se traduit par la déclinaison opérationnelle de ces stratégies dans des documents de prescriptions à destination des futurs maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre des lots. L’entreprise accompagne par exemple l’aménageur et travaille en parallèle avec la maîtrise d’œuvre urbaine pour l’établissement public d’aménagement Paris-Saclay sur le sud du plateau de Saclay. 

Amoès possède 4 agences en France : à Paris, à Bordeaux, à Lyon et à Marseille depuis cette année. Pour répondre à ses ambitions, l’entreprise a fait le choix d’un développement modéré et régulier. Amoès espère compter une cinquantaine de salariés d’ici 2030. La société connaît une croissance sereine puisqu’elle a connu une hausse de 10,5% de son chiffre d’affaires entre 2019 et 2020, celui-ci s’établissant à 2,3 millions d’euros. Ce développement de l’entreprise témoigne d’une prise de conscience de la nécessité de construire durablement dans la société . Cette prise de conscience se traduit à travers différentes formes : un travail législatif, des rapports d’associations, le développement de nombreuses solutions

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