FabBRICK est une jeune startup créée en décembre 2018. Sa créatrice, Clarisse Merlet, a imaginé ce concept lorsqu’elle était encore étudiante en école d’architecture. Elle a alors créé une brique de construction à base de textiles usagés. Elle réemploi ainsi des vêtements abîmés, destinés à être jetés, en briques servant à construire du mobilier, voire des cloisons.

Avec ce projet, Clarisse Merlet rejoint une nouvelle vague d’architectes qui s’orientent vers l’éco-construction afin de répondre aux enjeux environnementaux. “C’est un domaine très énergivore et polluant, je me suis alors demandée quel matériau pourrait être intéressant pour la construction” précise la jeune entrepreneure. Et là où d’autres regardent vers la paille, le bois ou la terre crue, elle s’est intéressée au coton, un matériau résistant et considéré comme un très bon isolant.


Une brique de construction à la mode

FabBrick fait ainsi le constat qu’il y a aujourd’hui “de moins en moins de ressources naturelles et de plus en plus de déchets”. En effet, à lui seul, le secteur de la construction représente 3,4 tonnes de déchets par habitant, chaque année.

Or, en utilisant des ressources qui se raréfient, comme le sable, ou qui sont plus polluantes comme le pétrole, cela fait du secteur de la construction un mauvais élève en terme d’empreinte carbone. Parallèlement, 4 millions de tonnes de textiles sont jetés chaque année en Europe… Un autre secteur qui a aussi besoin de repenser sa circularité.

Le coton contenu dans les textiles est “un matériau très performant, autant d’un point de vue acoustique que thermique” confie Clarisse Merlet. Pouvoir recycler les textiles dans une logique d’économie circulaire permettrait ainsi de favoriser une transition écologique pour ces deux secteurs d’activités.

Pour réaliser ses briques, FabBRICK utilise donc des textiles préalablement broyés qui seront mélangés à une colle écologique, toujours dans une logique de respect de l’environnement. Cette colle bio-sourcée et non polluante permet alors d’agglomérer les fibres de textiles qui seront pressées mécaniquement pour former les briques. Résistantes au feu et à l’humidité, ces briques servent, aujourd’hui, majoritairement pour la conception de mobilier ou de cloisons.

FabBRICK dans un magasin Jules. Photo : Clarisse Merlet

Vers des murs porteurs en vêtements usagés ?

Depuis sa création en décembre 2018, FabBRICK a déjà recyclé 8 tonnes de textiles, créant ainsi plus de 17 000 briques. Si certaines de ces briques sont utilisées pour l’ameublement – pied de lampe, tables basses – des projets de plus grande envergure sont en préparation.

Parmi les 17 000 briques produites, 15 000 ont notamment services pour un premier projet d’envergure. En effet, en partenariat avec l’enseigne de prêt-à-porter masculin Jules, la jeune pousse Française a réalisé les meubles de 7 magasins de la chaine. Une manière, aussi, pour l’enseigne de parfaire sa démarche RSE. Et un partenariat qui permet à la startup de réaliser sa preuve de concept et d’envisager l’avenir.

Si aujourd’hui, le matériau peut être utilisé pour les meubles ou les cloisons, l’entreprise poursuit également des recherches pour démocratiser les matériaux de construction durables. À terme, l’objectif de FabBrick est ainsi de pouvoir proposer une brique de construction autant pour les cloisons que les murs porteurs. De quoi en faire un must-have de l’éco-construction… et de permettre des débouchés pour donner une seconde vie à nos vêtements.

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