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Les circuits-courts ailleurs que dans l’alimentaire- 4 minutes de lecture

Les circuits-courts, symbole de la consommation locale et responsable, migrent petit à petit de l’alimentaire vers d’autres secteurs, comme par exemple les énergies renouvelables.


Cela fait une dizaine d’années que les circuits-courts ont (ré)émergé dans nos habitudes de consommation, particulièrement dans le domaine de l’alimentation, en réponse à une volonté de mieux maîtriser sa consommation. Une tendance renforcée par le triptyque du manger “bio, local et de saison”. De plus, ces dernières années, le numérique, avec ses plateformes de commande en ligne, a permis de décupler le potentiel de la vente directe.

Ainsi, des marchés de producteurs aux AMAP, la vente directe du producteur au consommateur a considérablement évolué et permis à de véritables marques d’émerger, à l’image de La Ruche qui dit oui !, ou de Potager City qui oeuvre depuis déjà 12 ans la vente en ligne de fruits et légumes frais en circuit-court. Et l’engouement des consommateurs pour cette pratique commence à s’installer dans d’autres domaines, ce qui pourrait faire évoluer ou renaître certains secteurs d’activités.

fruits et légumes


Le circuits-court, une maille essentielle de l’économie circulaire

La vente en circuit-court est un mode de commercialisation de produits agricoles qui se fait en direct du producteur au consommateur ou, de manière indirecte, à condition qu’il n’y ait qu’un seul intermédiaire. Il s’agit d’une pratique en forte progression ces dernières années qui présente son lot d’avantages :

  • Réduction des emballages (moins de conditionnement et de transport)
  • Limitation du gaspillage (vente de produits « hors-calibre » ou de « légumes moches », risques de rupture de chaine de froid ou de dégradation amoindris)
  • Consommation plus responsable (consommation locale, souvent bio, meilleure rémunération pour les producteurs).

Aujourd’hui, il existe énormément de structures et de plateformes qui permettent l’essor des circuits-courts. Soit selon des critères de localisation, soit selon des types de pratiques agricoles. C’est par exemple le cas de la start up Alancienne qui fait la promotion de l’agroécologie. C’est aussi un concept qui, petit à petit, s’est étendu aux produits de la mer, à l’image de ce que proposent les entreprises poiscaille et terre de pêche.

Mais autour des pratiques agricoles, les circuits-courts dans l’alimentation ont permis à d’autres secteurs d’activité d’émerger. En profitant de l’essor de l’agriculture urbaine et péri-urbaine, mais aussi de la prise de conscience autour du gaspillage, nous voyons émerger ces dernières années de plus en plus de structures qui travaillent sur le compostage des déchets.

En récupérant les déchets de restaurants, puis en créant du compost qui sera utilisé par les producteurs agricoles locaux – véritable exemple de ce qu’est l’économie circulaire, la tendance du compost urbain en circuit-court, tel que le proposent Les Alchimistes ou encore OuiCompost, se démocratise fortement.

une éolienne dans un champ


De l’agriculture aux énergies renouvelables

Le retour à une consommation locale et responsable, c’est ce qui pousse aujourd’hui d’autres industries à repenser leur manière de fonctionner. Dans la mode, certaines marques en font le coeur de leur business modèle.

C’est aussi ce qui a poussé Hortense Harang et Chloé Rossignol a créer fleurs d’ici. Une entreprise dédiée à la vente de fleurs en circuit-court. Il faut savoir qu’en France, 85% des fleurs coupées achetées proviennent d’Afrique ou des Pays-Bas. Non seulement, elles ne sont pas de saison (les roses en hiver par exemple), mais elles sont surtout régulièrement arrosées d’intrants chimiques. Grâce à ce concept de vente de fleurs issues de producteurs locaux, la start-up permet aussi à toute une filière de pouvoir respirer face à la concurrence. En effet, entre 2005 et 2015, c’est presque 50% de la filière horticole française qui a du mettre la clé sous la porte.

Autre secteur qui tente de se réinventer grâce aux circuits-courts, c’est celui de l’énergie. Depuis quelques années, la transition énergétique favorise l’apparition de producteurs d’énergies renouvelables (souvent des petits barrages hydrauliques, ou de petites fermes solaires) qui vendent leur production à des fournisseurs spécialisés comme Plüm Energie, ekWateur our d’autres.

Cette tendance, rejointe par l’autoconsommation qui se développe en parallèle, a aussi permis à de nouveaux modèles d’émerger dans le domaine de l’énergie. C’est le cas, par exemple, de la société Ilek, qui propose une électricité 100% verte en circuit court, c’est à dire proposée par des petits producteurs locaux.

Cette tendance, on la retrouve aussi dans d’autres comportements, comme par exemple dans le soutien aux associations, qui est de plus en plus centré sur des actions locales. Une décentralisation de la consommation qui rejoint d’autres tendances, comme celle de la transparence, et qui pourrait bouleverser à l’avenir d’autres secteurs traditionnels.



Lire aussi : “On est entré dans une nouvelle forme de consommation, qui est une consommation militante”


Guillaume Joly. @guitjoly

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