Nantes est considérée comme une smart-city
Ville durable

Quels exemples de Smart City en France ?- 6 minutes de lecture

5 villes font figure d’exemples dans le développement des Smart City en France : Lyon, Nantes, Dijon, Bordeaux et Montpellier. Retour sur ces projets de villes durables, vertes et intelligentes.


En Europe, les Smart City sont déjà nombreuses, à l’image de Pontevedra en Espagne ou de Copenhague au Danemark. En France, quelles sont les villes les plus avancées en la matière ? Lyon, Nantes, Dijon, Bordeaux et Montpellier en sont de très bons exemples. Retour sur les spécificités de ces métropoles françaises bien avancées en matière de Smart City.


Lyon, 340 millions d’euros investis dans des projets de Smart City

Lyon est la 1ère smart-city de France.
Hiraki, dans le quartier de la Confluence, 3 bâtiments qui produisent plus d’énergie qu’ils n’en consomment


La ville de Lyon a été classée première ville intelligente de France et 10e d’Europe par le parlement européen en 2015. Pionnière dans le pays sur ces sujets, la métropole lyonnaise a investi plus de 340 millions d’euros pour amorcer la transition de sa ville. Dans les transports, la métropole teste notamment un système de navettes autonomes. Elle propose aussi des véhicules électriques en auto-partage. Mais l’une de ses plus belles réussites, c’est avant tout l’éco-quartier intelligent de la Confluence.

Inauguré en septembre 2015, c’est un ensemble de 3 bâtiments qui est intéressant dans ce quartier. Baptisé Hiraki, cet ensemble est le premier en France à produire plus d’énergie qu’il n’en consomme. Une prouesse réalisée grâce aux panneaux photovoltaïques en façade et sur les toitures, à un cogénérateur à huile de colza ainsi qu’à l’utilisation de la géothermie grâce à la Saône. Les immeubles d’Hikari consomment de 50% à 60% d’énergie de moins qu’un bâtiment classique. En outre, 67% des besoins électriques, 87% des besoins en chauffage et 80% des besoins en climatisation sont autoproduits.

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Dijon aménage un espace public connecté

Dijon fait partie des 5 premières smart-city en France
Dijon fait des trucs.

La métropole de Dijon bénéficie d’une structure unique en France : un poste de commandement qui permet la gestion centralisée de différents équipements urbains connectés. Ce dispositif appelé OnDijon a été inauguré au mois d’Avril 2019. En pratique, cela veut dire que l’éclairage, les feux rouges ou la distribution d’eau par exemple, sont pilotés à distance et en temps réel. Pour mener à bien ce projet d’envergure, la ville de Dijon a investi près de 53 millions d’euros pour ces équipements. Ce sont par exemples 43 000 lampadaires connectés qui ont été installés.

L’objectif annoncé par la ville est de pouvoir réaliser 65 % d’économie d’énergie d’ici à 2030. Dijon innove aussi dans le domaine de la mobilité. Elle a mis en place le système intelligente « Prioribus », un système de signalisation connecté qui donne la priorité au bus et permet l’augmentation de la fréquence des transports en commun.


Nantes, l’open-data au service des transports

Nantes est la 1ere ville de France pour l'open-data
Nantes est la première ville de France quant à l’exploitation de l’open-data pour améliorer le confort des habitants.


En 1985, Nantes a été la première ville de France à réintroduire le tramway après la suppression des premiers réseaux au moment de la seconde guerre mondiale. Depuis, le développement et l’optimisation des transports dans la ville ne cesse de croître, à l’image des réseaux de tramway, de bus, et d’une invention atypique : le busway. Mais ces dernières années, la métropole nantaise se distingue surtout pour ses avancées en matière de smart-city. La réhabilitation de l’île de Nantes, avec le quartier de la création en est un exemple. La ville continue aussi d’innover pour réduire les émissions de CO2 liés aux transports, en testant par exemple les navettes autonomes.

Nantes est surtout réputée pour avoir développé très tôt l’open-data afin d’améliorer le confort de ses habitants. 48 applications mobiles sont nées en l’espace de 6 ans, avec pour objectif commun de faciliter la vie des Nantais. Toujours dans les transports, cela donne par exemple “Nantes dans ma poche”, une appli qui permet de signaler un problème sur la voie publique ou de consulter l’état du trafic en temps réel. La ville de Nantes a d’ailleurs été élue “capitale verte de l’Europe” en 2013 pour sa politique de déplacement urbains privilégiant les transports en commun et les circulations douces.

De plus en plus de smart-city lancent des applications utilisant l’open-data afin de favoriser le dialogue ville-citoyens.


Bordeaux, l’éco-quartier du stade Matmut-Atlantique

Le quartier du stade Matmut-Atlantique est un laboratoire pour développer la smart-city bordelaise.


À Bordeaux, le développement de la ville en Smart City prend pour le moment la forme d’un quartier laboratoire. Ce quartier, c’est celui du stade Matmut-Atlantique. À l’image de Dijon et d’autres smart-city, la ville a fait le pari d’installer des capteurs de données sur du mobilier urbain afin d’en optimiser la gestion. Ainsi, ce sont par exemple 220 capteurs qui ont été installés sur l’éclairage public mais aussi un capteur sur un système de recharge de véhicule électrique. Le but de ces installations est de baisser la consommation énergétique en pilotant l’allumage et l’extinction des luminaires à distance. Concernant la borne de recharge de véhicules électriques, la métropole souhaite en comprendre l’usage par les riverains afin d’optimiser leur déploiement.

Bordeaux a également prévu l’installation de capteurs sur des containers de tri et éventuellement la mise en place de trois poubelles intelligentes. L’idée sera ensuite d’analyser les retours de ce quartier-test afin de déployer ces équipements à toute la métropole bordelaise.

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Montpellier, une écocité au service du “bien-vieillir”

Le quartier de La Mantilla à Montpellier est un exemple de smart-city
L’ilot de la Mantilla à Montpellier


Montpellier, comme Bordeaux et Lyon, vise à créer un quartier-test concernant les projets de Smart City. Sauf qu’ici, c’est sur pas moins de 2 500 hectares comprenant 4 communes (Castelnau-le-Lez, Lattes, Montpellier et Pérols) qu’a vu le jour, l’écocité baptisée « De Montpellier à la mer ». Ce sont notamment deux endroits qui sont particulièrement intéressants. D’abord, le quartier de la Mantilla où se trouvent des bâtiments exemplaires en terme énergétique. Cet ilot s’appuie en effet sur le réseau de chaleur de Port Marianne, complété par la géothermie et permet la production de froid à partir de la chaleur au moyen de machines.

Un peu plus loin, le quartier Eurêka est lui aussi un bel exemple de ce que seront les Smart City. Ddoté d’une mixité fonctionnelle de logements, bureaux, commerces et activités, Eurêka souhaite offrir des services nouveaux dédiés à la population senior et à la problématique du « Bien-vieillir ». Sur 20 hectares, il en contiendra 4 dédiés à l’agriculture urbaine et au développement des circuits courts (avec la vente des récoltes du verger et des maraîchages dans le quartier même). L’ensemble des aménagements du quartier y seront adaptés aux déplacements de tous et notamment des personnes âgées. Enfin, le quartier compte un portail numérique pour suivre sa consommation énergétique.

Dans la foulée de ce projet, la ville de Montpellier vise la construction d’un pôle tertiaire dédié à la Silver Economy (produits et services à destination de la population senior) pour développer cette filière dans la métropole.


Guillaume Joly. @guitjoly

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