la start-up urban canopee souhaite réduire les ilots de chaleur urbains
Ville durable

Végétaliser les villes grâce aux canopées urbaines- 5 minutes de lecture

La start-up Urban canopée développe des solutions végétales et connectées pour réduire les effets d’ilots de chaleur urbain. Remarquée au CES 2019 à Las Vegas, cette entreprise co-fondée par Elodie Grimoin veut rendre les villes plus vertes et durables.


Urban Canopee est une start-up française qui propose des structures végétales permettant aux villes de mieux s’adapter au réchauffement climatique. Ces canopées urbaines sont monitorées et irriguées à distance grâce à des pots connectés. Elles ont vocation à végétaliser les villes afin de les rendre plus résiliantes face au climat. Elles permettent notamment de lutter contre les ilots de chaleur urbain.

Depuis les années 1950, la densification des habitats en ville a en effet considérablement augmenté. Tout comme la création de voies asphaltées pour permettre la circulation des voitures. Les espaces verts ont ainsi diminué. Les friches urbaines ont été bétonnées. Avec un gros problème : cela favorise désormais la pollution, les risques d’inondations et augmente la chaleur en période de canicule.

canopée urbaines proposées par la start-up urban canopee
Le projet de l’entreprise Urban Canopee pour réduire la chaleur en ville


La densification urbaine a facilité la création d’ilots de chaleur urbains

En France, l’espace urbain progresse de 19% tous les dix ans. Dans le monde, d’ici 2050, on estime que 70% à 75% de la population mondiale résidera en milieu urbain. Pourtant les conséquences de ce développement urbain au détriment des espaces verts sont nombreuses. La pollution de l’air y est de plus en plus forte, évidemment. La biodiversité s’y effondre également. Saviez-vous par exemple que 3/4 des moineaux ont disparu de Paris en 13 ans ? Toujours à Paris, on vient de se rendre compte qu’il n’y avait pas suffisamment de fleurs pour nourrir les abeilles qui vivent dans la capitale.

Et désormais, nous nous rendons compte que cela augmente également les risques liés au climat. Les espaces urbains sont moins résiliants face aux intempéries, aux inondations et aux canicules. En effet, en période de fortes chaleurs, le béton, l’asphalte, l’absence d’ombre entraine une augmentation très forte des températures. Les températures la nuit peuvent être ainsi jusqu’à 10 °C plus élevées qu’en campagne.  C’est ce qu’on appelle les “îlots de chaleur urbain”. Cette expression n’est pas récente. Elle a fait son apparition vers le milieu du 20e siècle.

Le terme fait référence à un phénomène d’élévation des températures en milieu urbain par rapport aux zones rurales voisines. Un temps considéré comme bénéfique dans les villes faisant face à des hivers rigoureux, le réchauffement climatique et les épisodes de canicules répétées ont eu raison de cette considération. En effet, les ilots de chaleur urbains sont aujourd’hui considérés comme nocifs. Ils sont nocifs pour la biodiversité, pour le bien être des citadins ainsi que pour la qualité de l’air. Il faut donc trouver des solutions pour y remédier. C’est un des vastes chantiers des Smart City.

D’ici 2050, 75% de la population mondiale vivra en milieu urbain

Comment réduire les ilots de chaleur urbains ? 

Du Japon aux Etats-Unis en passant par l’Europe, les grandes métropoles cherchent désormais à réduire ce phénomène. A Lyon comme dans de nombreuses villes japonaises, la tendance est par exemple à l’arrosage du bitume pour le rafraichir.

A New-york le “white roof project” dans Brooklyn est aussi efficace et surprenant. Il a consisté à repeindre les toits des immeubles de ce quartier new-yorkais en blanc – pour augmenter son pouvoir réfléchissant de la lumière. Cette “astuce” a permis de faire baisser la température à l’intérieur des immeubles de presque 20°C.

Mais la principale tendance – et sans doute la plus durable – est la végétalisation des villes. En effet, les espaces verts ont un rôle de climatiseur naturel. D’abord, ils apportent de l’ombre aux citadins. Mais ils permettent aussi de rafraichir l’atmosphère par évaporation de l’eau que les végétaux puisent dans le sol.

Quand on sait que l’investissement en création et entretiens d’espaces verts représente en moyenne 1,2% du budget des 50 plus grandes villes françaises, on se dit qu’il existe un réel potentiel pour améliorer cet aspect là. D’autant qu’il existe en parallèle des solutions permettant d’optimiser l’arrosage des espaces verts et donc d’économiser l’eau.

la start-up urban canopee souhaite réduire les ilots de chaleur urbains
Trois structures mesurant cinq à six mètres de hauteur vont prochainement être installées à Toulouse – photo : Urban Canopee


Urban Canopée, la start-up qui veut développer canopées végétales en ville

C’est pour répondre à ce défi qu’est née la start-up Urban Canopee. Cette jeune entreprise propose des solutions pour lutter contre le changement climatique par le développement de canopées végétales au-dessus de la ville. Il s’agit de structures faites en fibre de verre, un matériau aussi résistant que l’acier, mais quatre fois plus léger, associée à un pot “connecté”. Ce pot contient un substrat spécifique ainsi qu’une réserve d’eau. Il est associé à des capteurs connectés qui permettent une irrigation automatisée.

Au-delà de la réduction des ilots de chaleur ; de l’aspect esthétique et moderne ainsi que du bénéfice pour la biodiversité, ces structures végétalisées réduisent aussi les risques d’inondation. Elles retiennent l’eau de pluie et l’évacuent par évapotranspiration. Elles assurent également un meilleur drainage des eaux pluviales et une réduction du ruissellement. Trois structures mesurant cinq à six mètres de hauteur vont prochainement être installées à Toulouse afin de valider le modèle. Plusieurs types de plantes indigènes et non-allergène ont été sélectionnées avec l’aide des élèves agronomes d’une école d’ingénieur  : clématites, hortensias, vigne vierge, rosiers… Un autre projet test verra le jour en 2019 à Paris.

Ces canopées végétales qui peuvent être installées partout en ville – les structures sont modulaires – doivent ainsi permettre aux villes d’être plus résiliantes face au changement climatique. Une belle promesse pour la santé et la qualité de vie des populations en ville, comme en attestent les exemples de villes vertes à Vitoria-Gasteiz ou encore à Nimègue.

Lire aussi : Kermap, un outil pour étudier la place des arbres en ville


Guillaume Joly. @guitjoly

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