Aircool est une startup nantaise fondée en mai 2020 par Maxime Claval. Ingénieur de formation, Maxime s’est lancé dans un double projet : celui de répondre aux défis environnementaux et travailler en accord avec son éthique personnelle.

Après 4 ans à travailler dans l’ingénierie thermique des bâtiments, il met à profit ses compétences et son engouement pour l’écologie. Avec Aircool, il nous fait découvrir une solution déjà largement utilisée à l’étranger : le cool roofing.


Le Cool Roofing pour des villes résilientes aux fortes chaleurs ?

En France, le bâtiment est l’un des domaines clés dans la lutte contre le réchauffement climatique. Avec 123 millions de tonnes de C02 émises annuellement, le secteur représente 44 % de l’énergie consommée en France, loin devant le secteur des transports (31,3%). C’est donc sur ce domaine que l’entreprise Aircool a souhaité travailler en pratiquant la technique du Cool Roofing. 

Le « cool roof » (également appelé « toit frais » ou « toiture fraîche ») est une technique permettant de diminuer la surchauffe des toitures en été grâce à l’installation de grandes bâches de couleur claire ou la pose d’une peinture blanche sur le toits des immeubles. Ce concept très répandu aux Etats-Unis s’est notamment pérennisé par la création du Cool Roofing Council en 1998. Cet organisme à but non lucratif vise à mettre en œuvre et à communiquer un système précis d’évaluation de la performance énergétique radiative des surfaces de toits. La ville de New York compte ainsi déjà plus de 850 000 toits peints en blanc. 

La start up Aircool s’inspire de cette technique et propose de repeindre les toitures des bâtiments en blanc. Technique qui, Selon Ban ki-moon (ex-secrétaire général de l’ONU), permettrait de réduire la température interne d’un bâtiment de 7 degrés.

Alors quelles sont les caractéristiques de la peinture utilisé par Aircool ?

  • Elle réfléchit la lumière du soleil : la couleur très blanche de la peinture lui confère des propriétés ultra réflective pour réduire au maximum l’effet de chaleur.

  • Elle est durable : à l’inverse des peintures classiques qui durent 2 ou 3 ans, celle-ci peut durer jusqu’à 15 ans ! Après réalisation de l’Analyse du Cycle de Vie de la peinture, on constate qu’au bout d’un an, l’impact engendré par sa production est compensé par les économies d’énergies. La peinture va également prolonger la durée de vie de la toiture (minimisation de la maintenance).

  • Elle préserve l’homme et l’environnement : il s’agit d’une peinture à l’eau (donc moins nocive que l’acrylique). Les composants proviennent de France et d’Europe. Dans le cas de Aircool, la peinture est fabriquée à Rouen.

La ville de New York compte ainsi déjà plus de 850 000 toits peints en blanc. 


Ecologie, santé et économie : le Cool Roofing sur tous les fronts ! 

Le cool Roof est un concept écologique : il permet de limiter l’utilisation de la climatisation l’été, qui est responsable d’une surconsommation d’énergie et qui participe aussi au phénomène d’ilot de chaleur urbain. Le concept est aussi avantageux en matière de santé. Selon une étude américaine menée par le laboratoire Heat Island, le cool roofing améliore la qualité de l’air. Les toits froids diminuent la température de l’air urbain et ralentissent ainsi la formation d’ozone troposphérique. Le cool roofing améliore aussi la qualité de vie car les toits frais abaissent la température de l’air intérieur dans les bâtiments qui ne sont pas climatisés, ce qui favorise la productivité et la santé des occupants.

Si l’on s’intéresse aux entreprises, le prix est facturé 20 euros/m2 peint. Il peut ensuite varier en fonction du type de toiture, de la facilité d’accès… Le témoignage d’un patron de supermarché à Quimper (Finistère) confirme l’efficacité du Cool Roofing. Il a réduit de 15% ses consommations énergétiques et réalise ainsi 20 000 euros d’économies par an.  D’autres exemples sont à citer comme le centre commercial Boulanger à Amiens ou encore le terminal 2G de l’Aéroport Paris-Roissy Charles de Gaulle. 

Certains particuliers ont également fait appel à Aircool mais pour plus d’efficacité, le concept gagnerait surtout à s’étendre aux collectivités pour les bâtiments publics, les écoles ou les crèches. Des projets qui sont malheureusement longs à mettre en œuvre et sont parfois limités en raison des Plans Locaux d’Urbanisme.

Selon le laboratoire Heat Island, les cool roofs pourraient augmenter les besoins en énergie de chauffage dans les climats froids. Toutefois, cet inconvénient reste négligeable quant aux gains l’été. En France, cela n’aurait que peu d’incidence. Chez nous, le concept n’est pas encore très développé. Il pourrait cependant s’avérer utile en matière de résilience des villes et d’anticipation des fortes chaleurs estivales auxquelles nous serons confrontés à l’avenir.