Le secteur du bâtiment est l’un des plus gros consommateurs d’énergie en France, avec 44% de la consommation énergétique annuelle du pays. Une consommation fortement liée au chauffage l’hiver et par l’utilisation de plus en plus fréquente des climatiseurs l’été. Climatiseurs qui, on le rappelle, aggravent les problèmes liés au réchauffement. D’abord parce qu’ils rejettent de l’air chaud dehors, participant de fait à réchauffer les villes. Ensuite parce qu’ils boostent la consommation électrique l’été.

Il y a évidemment de plus en plus de solutions pour résoudre cette problématique, à commencer par la rénovation des passoires thermiques et la construction de bâtiment mieux isolés. Il y a aussi des techniques intelligentes, comme celle proposée par la startup Aircool qui utilise de la peinture blanche sur les toits pour rafraîchir les bâtiments. De son côté, Immoblade, est une entreprise qui conçoit des fenêtres capables de réduire la consommation énergétique des bâtiments en été comme en hiver.


Un concept basé sur la trajectoire du soleil

Xavier Sembely, co-fondateur d’Immoblade, s’est inspiré de l’industrie spatiale, secteur dans lequel il travaillait avant de créer la startup avec son associé Patrick Callec en 2018. L’entreprise conçoit et commercialise des fenêtres pour réduire la consommation énergétique du chauffage et de la climatisation. “Nous proposons des vitrages de protection solaire qui permettent de laisser passer les rayons du soleil l’hiver et de les bloquer l’été avec un système qui est passif, donc qui ne demande pas de maintenance, et qui a un poids carbone très largement inférieur à celui des concurrents” résume l’entrepreneur.

Cette innovation se base notamment sur la trajectoire du soleil qui diffère d’une saison à une autre. En été, la trajectoire du soleil est relativement haute par rapport à l’hiver où celle-ci est plutôt basse. C’est ainsi que les fenêtres sont conçues pour s’adapter à ce phénomène naturel et être performantes toute l’année. Mais quelle-est cette technologie ? “Ce sont des stores miniaturisés. A l’intérieur, dans l’espace entre les deux vitrages, il y a des lamelles qui sont orientées de manière à bloquer le soleil l’été quand il est relativement haut et le laisser passer l’hiver quand il est bas ».

Ainsi, pas besoin de maintenance puisque les produits ne sont pas modulaires, ils sont directement fixés au bâtiment. L’installation étant faite sur mesure en fonction des besoins de chaque projet, la startup n’a besoin que de la latitude et de l’orientation de la façade à protéger pour fournir un produit unique et efficace.

fenêtres Immoblade
Nous cherchons à agir sur les consommations de climatisation et de chauffage. La climatisation étant la seule utilisation dont l’intensité d’énergie croit


Une innovation labellisée

De ce fait, Immoblade est capable d’équiper des bâtiments de toutes sortes, des bureaux comme des bâtiments scolaires et parfois même des logements collectifs, sur tout le territoire français. La solution a su se faire une place sur le marché de la transition énergétique française, si bien qu’elle a été labellisée GreenTech Innovation par le Ministère de la Transition Ecologique ainsi que 1000 Efficient Solution par la fondation Solar Impulse en 2020 et 2021. Une consécration pour la startup qui envisage désormais de déployer son produit à l’échelle européenne, mais selon certaines conditions.

En effet, les saisons ne sont pas toujours les mêmes selon les pays, ce qui peut avoir un impact sur l’efficacité du concept de la société. “Si nous remontons trop au Nord nous allons protéger du soleil trop tôt. Nous allons bloquer les entrées solaires en avril ou en mai alors que le bâtiment en a besoin. Et si nous descendons trop au Sud, c’est l’inverse : nous allons laisser entrer le soleil au début et à la fin de l’hiver alors que le bâtiment a besoin de protection solaire à ces moments-là“, précise Patrick Callec.

En Europe, les vitrages développés par la startup sont tout de même compatibles avec les conditions météorologiques de plusieurs pays, de Madrid à Amsterdam par exemple.

À lire également