Placé derrière le secteur des transports, et à égalité avec celui du bâtiment, le secteur agricole est le deuxième poste d’émissions de GES de la France (19 % du total national d’émissions de gaz à effet de serre, soit 85 MtCO2 eq. émis en 2019). Elles sont principalement liées aux émissions de CO2 inhérentes aux exploitations (fonctionnement des engins agricoles), ainsi qu’aux émissions de méthane et protoxyde d’azote émanant des élevages et cultures.

Bien que ces émissions aient diminué de 8% depuis les années 1990, il reste encore du chemin pour les réduire. La Stratégie Nationale Bas-Carbone (SNBC), revue en 2019, vise une division par 2 des émissions du secteur agricole entre 1990 et 2050 : soit -46 % entre 2015 et 2050 dont -18 % entre 2015 et 2030. Et pour cela, il existe 3 principales pistes qui permettraient de réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole :

  • réduire le recours aux engrais minéraux de synthèse ;
  • développer l’agroécologie et diversifier les cultures ;
  • modifier notre rapport aux protéines pour l’alimentation animale et humaine.

Mais il ne faut pas oublier pour autant que le secteur agricole est un allié pour la transition énergétique grâce au biométhane ou à l’agrivoltaïsme, par exemple, et qu’il représente également un atout pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France grâce au stockage du carbone dans le sol. Les prairies, par exemple, favorisent le stockage du carbone, tout comme certaines pratiques (la diversification des cultures, l’agroforesterie ou la culture de légumineuses.). Ce qui amène les pouvoirs publics à lancer un label bas-carbone “grandes cultures” pour financer les projets qui permettent d’accélérer le stockage du carbone dans le sol.

Un label bas-carbone “grandes cultures” lancé par le gouvernement

L’étude 4 pour 1 000 de l’INRAE, publiée en juin 2019, avait déjà confirmé que, via les grandes cultures, “réside l’un des plus forts potentiels d’augmentation du stockage de carbone en France”. En effet, avec environ 250 millions de tonnes de CO2 nettes captées grâce à la photosynthèse en France, les grandes cultures constituent un véritable atout qui permet à la fois de fournir des aliments, de l’énergie, et des matériaux biosourcés, à l’image du développement de la filière paille pour l’isolation.

Fin août 2021, le Ministère de la Transition Écologique a donc lancé le Label Bas Carbone méthode Grandes Cultures afin de mettre en exergue la contribution positive des Grandes Cultures dans la lutte contre le réchauffement climatique via le stockage du carbone dans le sol. Un système intéressant même si les Grandes Cultures sont souvent pointées du doigt pour les externalités négatives qu’elles peuvent avoir sur l’environnement, en particulier du côté de leur utilisation massive d’intrants de synthèse.

Et, pour accompagner les exploitants dans leur transition vers des pratiques bas-carbone, la startup française My Easy Farm, spécialiste de l’aide à la décision dans le secteur agricole, lance un outil appelé MyEasyCarbon.

MyEasyCarbon, un outil clé-en-main pour les projets bas-carbone

MyEasyCarbon est donc un outil qui s’adresse à la fois aux agriculteurs et aux professionnels qui les accompagnent : chambres d’Agriculture, coopératives/négociants, organismes de gestion. Il permet d’établir le Diagnostic Carbone actuel de l’exploitation et de simuler les gains potentiels des changements de pratiques culturales.

“MyEasyCarbon a été pensé pour enregistrer facilement et le plus automatiquement possible les changements de pratiques culturales des agriculteurs, pour qu’un projet Label Bas Carbone contribue à une rémunération complémentaire pour les agriculteurs, sans se transformer en usine à gaz “ souligne Francois Thiérart, co-fondateur de MyEasyFarm. En outre, l’outil permet également de documenter en temps réel les interventions dans chaque parcelle pendant la durée d’un projet Bas Carbone ou encore de calculer le bilan annuel effectif des Crédits Carbone générés sur l’exploitation.

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