Flying Whales est une jeune entreprise française fondée en 2012 par Sébastien Bougon. Elle est spécialisée dans le secteur de l’ingénierie et des études techniques. Elle a développé récemment le LCA60T (Large Capacity Airship 60 tons) : un ballon dirigeable dont les propriétés en font un moyen de transport bas-carbone et efficace pour certaines activités dans le domaine du fret et de la livraison.

La région Nouvelle Aquitaine, qui compte de nombreuses entreprises de l’industrie spatiale, aéronautique et défense a su miser sur sa dynamique territoriale et innovante pour accueillir cette startup parisienne. C’est donc en Juin 2019 au Salon du Bourget que Flying Whales décide d’implanter son site de production de dirigeables géants à Laruscade dans le Nord de la Gironde. 

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Un géant des airs pour révolutionner le fret aérien durable 

La particularité du LCA60T résulte dans sa conception même : une capacité d’emport de 60 Tonnes (en soute ou sous élingue), capable de charger et de décharger en vol stationnaire sans nécessité d’infrastructures au sol, une propulsion hybride, une structure rigide et un coût environnemental réduit. Le dirigeable possède également des dimensions remarquables : 154 m de long, 43m de hauteur et 60m de largeur.

Ce dirigeable est avant tout le résultat de 5 années de recherches entre la startup parisienne, un consortium de plus de 30 entreprises et laboratoires de pointe issues de l’industrie aéronautique mais aussi de financements par des actionnaires publiques (BPI, Région Nouvelle-Aquitaine, ONF) et privés (AVICI général, Bouygues, Air Liquide). 

Ce projet vient également renforcer la filière industrielle aéronautique de Nouvelle Aquitaine et prévoit la création de 200 à 300 emplois à l’horizon 2025. 

Initialement conçu pour répondre aux besoin de l’Office National des Forêts (ONF) notamment pour l’exploitation de bois en zones difficiles d’accès, l’usage du dirigeable      questionne et fascine. Il pourrait s’écarter de sa mission originelle pour répondre aux problématiques de logistique globale dans les régions géographiquement reculées (comme par exemple la collecte des déchets dans les zones insulaires).

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Une solution en réponse aux préoccupations climatiques

À l’heure où le réchauffement climatique inquiète et où la raréfaction des ressources fait débat, le dirigeable de Flying Whales pourrait s’imposer comme un pilier du transport aérien durable. 

Rappelons que le secteur du transport est responsable de 14,7% des émissions de Gaz à effet de serre dans le monde (données du GIEC). Le retour du dirigeable est donc motivé par ces préoccupations climatiques et contribue ainsi à l’Objectif n°7 du du Développement Durable de l’ONU. 

Il se situe entre le transport maritime (lent et très polluant) et l’avion (rapide, fiable mais très polluant lui aussi) et nécessite que peu d’énergie pour avancer du fait qu’il flotte dans l’air.  En ce sens, il est donc plus sensible au vent, peut s’aider des courants pour se déplacer autour de 100 km par heure et possède un meilleur ratio “coût environnemental / tonne transportée”.

Le dirigeable est cependant controversé puisqu’il est gonflé à l’hélium : un gaz rare et inerte (qui reste pour le moment la meilleure alternative) obtenu via l’extraction du gaz naturel, une énergie fossile. Autre bémol : le tout électrique. Pour avancer, le LCA60T utilise une propulsion hybride électrique distribuée ce qui impose pour le moment d’embarquer du kérosène aéronautique à bord pour ensuite alimenter des turbogénérateurs qui feront fonctionner la centrale électrique. 

Des alternatives vertes sont en cours d’expérimentation notamment en alimentant la source d’énergie hybride au moyen de piles à combustibles approvisionnées par de l’hydrogène. Finalement, le dirigeable LCAT60 de Flying Whales se positionne en précurseur d’une nouvelle approche aéronautique et durable. Élaboré pour le transport de charges lourdes, l’usage de cet aéronef reste multiple et s’inscrit dans une logique appréciable de transition écologique. 

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