Dans son rapport publié en août 2021 – un prochain rapport devrait être rendu public dans les prochaines semaines – le GIEC reprécise que le réchauffement climatique s’intensifie et que ses conséquences sont “irréversibles pour des siècles ou des millénaires”. Entre autres conséquences, la montée des mers et océans constitue l’une des plus grandes menaces auxquelles nous devons faire face. Aujourd’hui, on estime ainsi qu’entre 75% et 90% des plages du monde sont en train de reculer et, toujours d’après les chiffres du GIEC, ce sont au moins 280 millions de personnes sont menacées de subir des déplacements, dans les prochaines années, à cause de la montée des eaux.

Les littoraux en France, caractérisés par la concentration d’activités anthropiques – allant du tourisme à la pêche – sont d’ailleurs marqués par une densité de population très forte, à peu près 2,5 fois supérieure à la moyenne nationale. De fait, les collectivités seraient bien avisées de s’intéresser davantage au recul du trait de côte et aux différentes manières de lutter contre l’érosion côtière et les risques de submersion.

Entre autres initiatives, l’une d’elles se développe de plus en plus à travers le monde : la pratique du CoastSnap : une manière collaborative et pédagogique de surveiller les plages.

érosion plage


Le CoastSnap, une pratique qui à le vent en poupe

Cette initiative – qui trouve son origine en Australie – a connu un réel engouement depuis son lancement en 2017, et a été rapidement adoptée dans différents pays du globe. Le principe est simple : des stations installées le long des côtes permettent aux particuliers d’y insérer leur téléphone (afin de garantir un cadrage similaire pour tous les clichés) et de prendre en photo la plage. Ces photos sont ensuite transmises à des équipes chargées de les compiler et d’étudier, au fil des saisons, la manière dont évolue la plage.

En France, on retrouve ce dispositif à plusieurs endroits du littoral, en Nouvelle-Aquitaine, et particulièrement dans le Morbihan, autour de l’agglomération de Lorient. Depuis 2019, la communauté d’agglomération – en partenariat avec l’Université Bretagne Sud – s’est ainsi engagée à rendre opérationnelles 6 stations CoastSnap le long de ses côtes. La dernière en date a été mise en place pour récolter des données sur la plage des Grands Sables à Groix. Il s’agit de la première station insulaire de l’Hexagone.

La récolte de ces données se fait à partir d’un point fixe – prévu et permettant d’optimiser le cadrage – à partir duquel le public a la possibilité de prendre une photo avec son téléphone. Le cliché obtenu est par la suite envoyé par mail ou partagé sur une plateforme gérée par l’Université Bretagne Sud – via les réseaux sociaux.

Avec une moyenne de 15 clichés par mois, ce dispositif, en plus de sensibiliser le public à la hausse du niveau des eaux, contribue donc à faciliter le travail des spécialistes chargés du traitement des données puisqu’elles permettent de mesurer aussi bien la variation des hauteurs de sable sur l’estran et sur la dune, que l’échouage d’algues ou l’évolution du profil de la plage et du recul du trait de côte.

une plage en bretagne


Lorsque l’évitement n’est plus possible, l’anticipation devient une priorité

Noirmoutiers, Saint-Jean-de-Luz, Lacanau ou encore Cap Breton : le CoastSnap est donc une initiative qui se développe sur le littoral français. Elle vient s’ajouter à d’autres dispositifs de surveillance qui essaiment sur les plages françaises. En Normandie, la commune d’Étretat fait par exemple appel aux services de la startup Waves’n’see, qui utilise une technologie d’imagerie pour mesurer des paramètres comme le recul du trait de côte, l’évolution de la topographie du haut de plage ou encore la hauteur et la périodicité des vagues.

Ces outils ont un intérêt scientifique, dans un premier temps, afin de venir enrichir nos connaissances sur la manière dont évolue le littoral français. Elles ont également un rôle pour alerter les pouvoirs publics et permettre d’anticiper les risques de submersion, et donc de pouvoir agir en conséquence. Ils peuvent aussi venir en renforcement des seuils d’alertes développés par Météo France en cas d’orages et de tempêtes.

Un sujet qui intéresse aussi les plus grands noms de la Tech. Récemment, Google a par exemple annoncé le lancement d’un outil de prévision météo en temps réel afin de renforcer les systèmes d’alertes météo dans des zones qui ne bénéficient pas de telles technologies, en particulier les pays en développement.

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