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Ville durable

Angers investit 178 millions d’euros pour sa ville durable- 4 minutes de lecture

La ville d’Angers, en collaboration avec Engie, va investir 178 millions d’euros sur 12 ans pour devenir une ville durable et “zéro carbone”.


“Prenons une ville de la taille d’Angers […] en Europe, c’est probablement la bonne taille”. Interrogé récemment dans nos colonnes au sujet de la taille idéale d’une ville durable, Hervé Allègre, directeur de l’Institut Ville Durable, nous citait justement l’exemple de la ville d’Angers. Hasard du calendrier, quelques mois plus tard, le journal Le Monde révèle que la communauté urbaine Angevine va investir 178 millions d’euros pour devenir un territoire “zéro carbone”.

En partenariat avec un consortium mené par Engie (avec SUEZ, La Poste et le groupe VYV), la ville compte déployer pas moins 50 000 objets connectés sur son territoire. Des objets high-tech qui ont vocation à aider cette agglomération de 290 000 habitants à réaliser sa transition écologique et à atteindre des objectifs principalement en matière de réduction du trafic automobile et de réduction des consommations d’eau et d’électricité.

ville d'angers vue aérienne


Angers, territoire “intelligent” et durable

Grâce à cet investissement, la ville d’Angers souhaite se doter d’outils lui permettant de réduire drastiquement sa consommation d’énergie. Grâce à des solutions d’éclairage intelligent en premier lieu. Ainsi, 30.000 lampadaires vont être équipés de LED mais surtout, 3.600 capteurs de présence seront installés. Ces capteurs permettent de ne déclencher l’éclairage qu’au passage d’un piéton ou d’un véhicule. Ces deux actions permettraient de réduire la facture d’électricité de la commune de 66% d’ici 2025.

En outre, des capteurs connectés vont également permettre d’optimiser en temps réel les consommations de gaz et d’électricité des bâtiments publics. D’autres seront chargés d’analyser la circulation pour mieux fluidifier le trafic. En fonction des conditions de circulation ou des conditions météo, les feux pourront être gérer en temps réel, par exemple. Et d’autres viendront informer sur la disponibilité des places de parking.

Outre l’énergie et la circulation, la ville d’Angers compte également utiliser la technologie pour réduire sa consommation d’eau. Environ 400 capteurs placés dans les jardins et parcs de l’agglomération analyseront l’humidité du sol pour déclencher l’arrosage uniquement en cas de nécessité. L’objectif est de réduire la facture d’eau de 30 %.

D’autres applications concernant la gestion des déchets et des bâtiments sont également mentionnés. Sur l’ensemble de son programme, Angers Loire Métropole espère réaliser 101,2 millions d’euros d’économies sur les vingt-cinq prochaines années. Une manière aussi de se positionner en ville intelligente, en ville durable et en territoire innovant.

angers cathédrale et jeux d'enfants


Les objets connectés, fausse bonne idée écologique ?

L’offre est portée par un consortium mené par le groupe Engie, Ineos, Suez, La Poste et le groupe Vyv. Selon le site d’Engie, il sera chargé d’élaborer “des infrastructures capables de communiquer entre elles pour améliorer le pilotage des services publics et leurs relations aux usagers, réduire l’empreinte écologique de la communauté urbaine et réaliser des économies d’énergie et ce, dans tous les domaines de la vie quotidienne.”

Evidemment, cela nécessite la mise en place d’une “plateforme d’hypervision” – baptisée LIVIN’ – pour contrôler et gérer sur la base des informations remontées par les objets connectés, les services de l’éclairage public, la vidéosurveillance, les services de l’eau et de l’assainissement, des espaces verts, des déchets, etc. Un projet qui rappelle le dispositif Smart-City OnDijon déployé par l’agglomération bourguignonne au printemps, et qui présente des objectifs et un fonctionnement similaire.

On note cependant que l’idée d’installer 50 000 objects connectés pour réussir sa transition écologique souffre malgré tout d’un petit bémol… outre la sécurité, la consommation énergétique des objets connectés (leur conception, leur fonctionnement, mais aussi le stockage des données qu’ils collectent) va à l’encontre de ce qu’on appelle la sobriété numérique.

“Les gains d’efficacité énergétique obtenus grâce aux objets connectés ne seront pas suffisants, il faut une approche de sobriété numérique” plaide à ce sujet le Think Tank The Shift Project, qui redoute que le déploiement massif des objets connectés viennent alourdir encore l’empreinte carbone du numérique.



Lire aussi : La Rochelle, ville “zéro carbone” dans 20 ans ?


Guillaume Joly. @guitjoly

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