Il s’agit d’un immense cerf-volant de 1000 m². Il est installé à l’avant du navire et le capitaine peut le déployer automatiquement. Un ordinateur embarqué s’occupe de le paramétrer en fonction des conditions météos et de la force du vent. Une fois le navire passé en mode « voilier », ce produit conçu par la start-up Airseas assure aux armateurs une réduction de la consommation de carburant de plus de 20 %. Une manière efficace de réduire l’empreinte carbone du transport maritime.

Airseas est une entreprise française qui a été fondée en 2016. Il s’agit d’un spin-off de la société Airbus. L’entreprise aujourd’hui installée à Toulouse va déménager prochainement son siège social à Nantes afin de franchir un cap dans le déploiement de ce système innovant. Elle apporte ainsi une solution au problème des émissions de gaz à effet de serre du transport maritime.

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seawing est la voile conçue par Airseas pour réduire l'empreinte carbone du secteur maritime
Les émissions de gaz à effet de serre du secteur maritime pourraient croître de 250% d’ici 2050. Photo : Airseas


Le retour des bateaux à voile pour réduire les émissions de CO2

Le secteur du transport maritime et notamment le secteur du fret est l’un de ceux qui polluent le plus la planète. 90% du transport de marchandises dans le monde s’effectue par le transport maritime. Cela représente entre 2% et 3% des émissions totales des gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines. A lui seul, le fret maritime représente également 7% de la consommation mondiale de pétrole. Et d’après l’Organisation Maritime Internationale, ce trafic devrait encore augmenter dans les prochaines années. L’OMI estime ainsi que les émissions de gaz à effet de serre du secteur maritime pourraient croître de 250% d’ici 2050 et représenter 1/5ème du total des GES émis par les activités humaines.

Plusieurs pistes sont donc à l’étude afin de diminuer l’empreinte carbone du transport maritime. Elles concernent l’architecture des navires et le calcul des routes commerciales. Mais la question essentielle pour limiter la pollution est cependant celle qui concerne le mode de propulsion des bateaux. À ce sujet, il existe plusieurs possibilités. Certains armateurs optent pour une transition du pétrole au gaz naturel liquéfié. Le second est moins polluant que le premier mais les deux restent des énergies fossiles.

Concernant l’utilisation d’énergies renouvelables, les deux principales pistes sont celles de l’électrique et de la propulsion vélique. La chine a récemment mis à l’eau le premier navire commercial à propulsion électrique. Ce premier essai concerne le trafic fluvial et donne à ce bateau une autonomie d’environ 80 kilomètres. L’autre voie possible concerne la propulsion vélique. C’est à dire l’usage du vent comme moteur grâce à une voile. Sur ce sujet, la France est pionnière avec deux start-up nantaises, Neoline et AirSeas. Et si le travail à la voile était considéré comme ridicule il y a encore quelques années, ces deux entreprises prouvent que les voiliers pourraient faire leur grand retour.

AirSeas compte notamment démontrer la pérennité de cette méthode avec le développement de son projet SeaWing, une aile géante capable de tracter des navires de commerce. Après tout, la voile est une méthode qui a fait ses preuves pendant plus de 5 000 ans.

la voile airseas
La propulsion vélique pourrait aider le secteur du transport maritime à réduire son empreinte carbone. photo : Airseas


AirSeas promet des économies de carburant de 20%

Au départ, c’est une société allemande qui avait lancé ce concept de voile géante il y a quinze ans. Ils n’ont malheureusement pas réussi à le commercialiser car le système était manuel et il fallait plusieurs personnes pour le manipuler. Ils ont en revanche réussi à démontrer à l’échelle réelle qu’une voile peut tracter un très gros bateau. Grâce au savoir-faire des ingénieurs d’Airbus, la société Airseas a donc réussi à reprendre ce concept et à le développer en automatisant le déploiement et le guidage de la voile.

Airbus est également le premier client de la jeune start-up. Son navire, le « ville de Bordeaux » sera équipé des voiles SeaWing à partir de 2021. Il transportera des pièces de ses A320 vers l’Alabama aux Etats-Unis. Quant à Airseas, l’entreprise va quitter Toulouse afin de rejoindre la ville de Nantes fin 2020. Elle y déménage son siège social dans un bâtiment de 5 000 m2. Un second bâtiment de 6 000 m2 devrait ouvrir par la suite afin d’assurer l’intégration des ailes sur les navires.

La solution de Airseas ne permet pas aujourd’hui de tracter les navires sur 100% de leur trajet mais elle devrait les aider à réaliser des économies sur certaines portions de trajets. Des économies de carburant que l’entreprise chiffre autour de 20%. Ce qui devrait se matérialiser pour les armateurs par une économie de 1 à 2 millions de dollars par bateau en fonction de leur taille. Airseas souhaite équiper environ 1000 navires par an sur les dix prochaines années. A terme, la combinaison des voiles et d’une propulsion propre grâce à l’électricité hydrolienne ou solaire pourrait ainsi permettre au secteur du transport maritime d’être totalement propre. Une étape qui serait la bienvenue dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Afin de réduire l’empreinte carbone du transport maritime, la start-up AirSeas conçoit des ailes géantes capables de tracter les navires grâce à la force du vent. Retour sur ce principe qui pourrait révolutionner l’un des principaux mode de transport au monde.

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