des voitures thermiques sur une route au coucher du soleil
Transports

Quels enjeux pour la voiture électrique ?- 6 minutes de lecture

D’après un rapport de la Fondation pour la nature et l’homme, le développement de l’économie circulaire et des énergies renouvelables est essentiel pour garantir que les véhicules électriques soient propres pour l’environnement. 


Le secteur des transports est le seul en France dont les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté ces vingt dernières années. Il représente environ un tiers de ces émissions sur le territoire national. En outre, il dépend à 94% des carburants fossiles

S’il est envisageable dans les centres urbains d’accélérer le développement des mobilités douces, la question est plus délicate dans les territoires ruraux où l’usage de la voiture est un impératif. Pour faire face à cet enjeux, les regards se tournent aujourd’hui vers la voiture électrique. A tel point que le gouvernement espère qu’il soit vendu 4,8 millions de véhicules électriques d’ici 2028.

Cependant, la voiture électrique est-elle la solution pour rendre nos transports plus propres ? Si elle permet sans aucun doute d’améliorer la qualité de l’air dans nos villes, son efficacité repose sur le développement d’une filière de recyclage pour les batteries. Mais il faudra aussi que le secteur de l’énergie se transforme rapidement.

voiture Waymo


Des véhicules électriques pour améliorer la qualité de l’air

Si le développement des voitures électriques est attendu, c’est qu’il a pour avantage de ne pas trop polluer. Aussi, le fait que les voitures électriques remplacent petit à petit les véhicules thermiques dans le parc automobile français devrait permettre d’améliorer la qualité de l’air dans le pays. Au moins dans les villes.

Pour autant, ces véhicules ne sont pas tout à fait exempt de pollution car le phénomène d’abrasion des pneus, des revêtements routiers ou des freins, n’est pas supprimé. Et ces phénomènes produisent des particules fines. Néanmoins, la réduction des émissions reste significative et représente un atout conséquent pour la qualité de l’air.

En effet, le véhicule électrique se distingue du véhicule thermique par l’absence d’émissions de polluants (dioxydes d’azote notamment) à l’échappement. Selon l’étude « En route pour un transport durable » publiée en 2015 : à l’échelle d’un parc de 4,4 millions de véhicules électriques en 2030, les émissions de polluants atmosphériques des véhicules légers pourraient être réduites d’environ 72% pour le dioxyde d’azote et de 92% pour les particules fines (PM10). 

Lire aussi : c’est quoi les particules fines ? 

Pollution de l'air à Paris
Le secteur des transports est le seul en France dont les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté depuis 1990. 


L’économie circulaire : maillon essentiel de l’électromobilité

Le secteur des voitures électriques peut-il être viable sans le développement en parallèle d’une filière de recyclage ? A priori non, et cette filière devra s’organiser autour de l’économie circulaire. 

A l’heure actuelle, le secteur automobile traditionnel a déjà réussi à optimiser ses processus de production et a atteindre des taux de recyclage des matières allant jusqu’à 85%. Il est bien évidemment nécessaire que les véhicules électriques suivent la même logique. Avec notamment une attention forte portée sur le recyclage des batteries. 

Sur ce point, il s’avère qu’en Europe – depuis 2006 – la loi impose aux sociétés automobiles de recycler au moins 50 % de la masse des batteries lithium-ion. Ce qui est ciblé de manière privilégiée sont les ressources minérales (cobalt, manganèse, nickel, cuivre, lithium). Ces fameux métaux rares dont l’extraction est elle-même écologiquement douteuse. Cependant, ce chiffre de 50% pourrait être augmenté largement. Cela permettrait aussi de recycler les matières plastiques et aluminium qu’on retrouve sur ces batteries. 

Donner une seconde vie aux batteries lithium-ion

Mais un autre point intéressant concernant les batteries, c’est la possibilité de leur donner une seconde vie. En effet, quand une batterie a perdu une partie importante de sa capacité initiale, elle est souvent remplacée pour une batterie neuve. L’ancienne peut alors être collectée et reconditionnée pour servir de moyen de stockage d’électricité. L’énergie ainsi stockée peut être réinjectée quand la demande électrique est importante, ou servir pour des usages d’autoconsommation.

La seconde vie prolonge ainsi l’usage des batteries de manière significative, au-delà de sa première vie dédiée à la mobilité. Et cela en apportant une valeur-ajoutée à d’autres filières comme celle du bâtiment ou de l’éclairage urbain. 

Ainsi, pour un stock de batteries d’environ 960 000 unités (d’après les estimations contenue dans la PPE 2016 pour le parc automobile français de 2020) on pourrait imaginer en 2030 avoir grâce aux batteries en seconde vie une capacité de stockage de 8 TWh par an. Un impact non-négligeable si la filière est en place. 

Lire aussi : C’est quoi l’économie circulaire ? 

des voitures thermiques sur une route au coucher du soleil
Les émissions de dioxyde d’azote pourrait être réduit d’environ 72% et celles des particules fines PM10 de 92%.


A condition d’un mix énergétique qui fait la part belle aux EnR

Enfin, si le développement des voitures électriques est essentiel et si une filière de recyclage est mise en place pour assurer sa croissance, tout se joue malgré tout sur l’aspect énergétique.

En effet, l’impact d’un véhicule électrique sur le climat se situe principalement lors de la phase de production (à hauteur de 75%). Notamment sur celle de la batterie compte tenu de l’énergie consommée pour extraire et transformer les ressources minérales qui servent à sa conception. 

Mais l’autre déterminant de l’impact environnemental du véhicule électrique concerne les modalités de production de l’électricité utilisée pour rouler. Car si l’électricité qui alimente la batterie a été produite dans des centrales fonctionnant aux énergies fossiles, alors à quoi bon ?

A l’inverse, un mix électrique reposant largement sur les énergies renouvelables permet de réduire l’impact environnemental de la voiture électrique. Cette question doit donc accompagner le développement de la filière. Aussi l’efficacité de la transition énergétique sera un des points clés de la transition de nos transports. 

Et finalement, l’enjeu principal des véhicules électriques consiste donc à créer des synergies viables et efficaces entre le secteur des énergies renouvelables, les constructeurs automobiles et des acteurs de l’économie circulaire. Et à terme, de trouver une solution pour mieux gérer l’impact environnemental de l’extraction des matériaux nécessaire à sa conception. 

Lire aussi : Solaire Power !


Pour aller plus loin : 
– L’étude de la FNH
Le développement des véhicules propres – site du ministère de la transition écologique 

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