Selon les Nations Unies, 80% de la pollution marine provient de l’érosion des terres et de l’activité humaine, dont la consommation de plastique à usage unique, mais aussi le tourisme, et les rejets de polluants par les industriels et les exploitants agricoles.

Entre autres effets nocifs pour l’environnement et la biodiversité, ces rejets favorisent l’apparition de ce qu’on appelle des “zones mortes”. C’est peut-être ce que l’humain a fait de plus grave aux océans puisqu’il s’agit de zones où la teneur en oxygène est si faible que la vie marine y est impossible. Selon l’IPBES, les rejets de déchets industriels et de fertilisants agricoles ont considérablement augmenté le nombre de zones mortes dans le monde, passés de 150 en 2003 à 400 en 2016. Ce qui équivaut à 245 000km2 de zones mortes, soit la surface du Royaume-Uni.

Les actions pour remédier à ce fléau sont donc indispensables. Il existe beaucoup d’initiatives qui, à l’image du projet The SeaCleaners, vont tenter de “nettoyer les océans” en récupérant notamment les déchets plastiques. Il y a aussi des solutions comme celle de la startup française Capillum, qui réutilise les cheveux coupés afin de créer des structures pour contenir la pollution marine, notamment en cas de marée noire.

La société Pollustock s’intègre également parmi ces acteurs qui agissent pour réduire la pollution marine grâce à des murs flottants.

Des murs flottants contre les polluants de surface

C’est Stéphane Asikian qui, en 2009, a créé Pollustock, en ayant pour ambition de contribuer à l’amélioration de la situation environnementale qui se dégrade depuis des années. La société est spécialisée dans la conception de structures qui permettent d’éviter aux déchets d’atteindre les océans.

Pollustock intervient donc sur tous types de milieux aquatiques, à savoir les mers, les lacs, les rivières, les étangs, les fleuves ainsi qu’aux abords des ports et chantiers navals. L’enjeu principal de l’activité de l’entreprise est tout d’abord de minimiser les conséquences de la pollution issue d’acteurs industriels. “Notre travail, c’est de réduire l’impact de l’ambition humaine sur le milieu maritime. Nous développons donc des barrages de confinement. Ce sont des enceintes physiques qui vont permettre de stopper la propagation du polluant au-delà de la zone d’emprise humaine“, nous explique l’entrepreneur.

Elle propose par exemple une structure conçue pour s’adapter aux zones dont l’accès est difficile et exigu, comme les plans d’eau portuaires et les berges de rivières. “Il s’agit d’une barrière physique conçue avec une chambre de flottaison au niveau de la surface de l’eau et, en-dessous, il y a des rideaux hauts comme une voile, qui vont avoir une certaine profondeur, 12m, 15m, 20m“. Ces installations permettent ainsi de retenir les déchets produits par les industries, qu’il s’agisse de polluants liquides, de métaux lourds ou de résidus de produits chimiques.


Des filets pour empêcher le déversement des déchets

Pollustock développe également toute une gamme de filets de nasse destinés à retenir les déchets au niveau d’exutoires d’eaux pluviales, d’émissaires, d’avaloirs ou encore de canalisations. “Ils vont capter les mégots, les billes de polystyrène, les petits morceaux de plastique“, ajoute Stéphane Asikian.

Contrairement aux barrages flottants qui se placent directement dans les zones aquatiques déjà polluées, le filet agit en amont du processus de pollution et limite encore davantage les risques liés à ce fléau car il retient les déchets avant qu’ils ne se déversent dans les milieux maritimes.  

Aujourd’hui, la société compte 8 salariés, dont des marins et des scaphandriers, qui interviennent sur n’importe quel type de projets puisque l’entreprise développe ses solutions en fonction des demandes et des besoins de ses clients.

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