BiOceanOr est une jeune entreprise créée en 2018 par Charlotte et Samuel Dupont, deux passionnés des océans. Elle réunit des scientifiques et des ingénieurs autour de leur expertise en qualité de l’eau. Née près de la Méditerranée, dans la petite Silicon Valley de la côte d’Azur, la startup a levé 1,5 millions d’euros en mars 2020. Une augmentation de capital qui lui a permis de tripler son effectif en quelques mois, avec l’objectif de devenir un acteur majeur de la gestion et de l’anticipation des risques liés à la qualité de l’eau.

Désormais constituée de 15 collaborateurs – contre 5 en mars dernier – BiOceanOr se lance maintenant à l’assaut de l’Europe avec une implantation à Bergen en Norvège, capitale mondiale de l’aquaculture. Un autre site a ouvert à San Francisco comme tête de pont sur l’Amérique du Nord et le Mexique. Mais pourquoi un tel engouement pour cette jeune structure ? Son système de station de surveillance de la qualité des eaux pourrait permettre d’améliorer considérablement la pratique de l’aquaculture.


Une station météo sous-marine connectée pour l’aquaculture

Le système AquaREAL développé par BiOceanOr mêle de l’internet des objets (IoT) et de l’intelligence artificielle. La plateforme permet à son utilisateur de suivre la qualité des eaux en temps réel et en prédictif. Ce système, autonome en énergie, envoie des alertes en moins de 5 secondes n’importe où dans le monde. C’est le client qui définit les paramètres qu’il veut suivre, comme la température, l’oxygène dissous, le PH, le potentiel d’oxydoréduction, la turbidité, la salinité, voire les taux de nitrate et d’ammonium pour les eaux douces.

En plus d’une station connectée pour l’aquaculture, BiOceanOr souhaite proposer désormais une offre prédictive pour accompagner ses clients. Elle a, pour cela, signé un partenariat avec CLS (Collecte Localisation Satellites), opérateur du système de balises Argos pour le suivi des océans. L’objectif est de croiser, avec l’intelligence artificielle, les données relevées sur le terrain par les modules immergés et les données satellitaires de CLS.

Une technologie prédictive qui peut éviter de subir des crises sanitaires. Par exemple, BiOceanOr pourrait prévenir l’ostréiculteur quand l’analyse fait craindre un fort risque de contamination bactérienne : “il vaut mieux sortir vos parcs à huîtres maintenant et les mettre dans les bassins de purification pour éviter des pertes” explique ainsi Marylou Suc, Responsable commerciale de la structure.

L’entreprise s’est aussi adaptée à la crise économique liée à la Covid-19, en proposant son matériel à la location plutôt qu’à l’achat. Une proposition commerciale qui a remporté beaucoup de succès auprès des aquaculteurs, car elle réduit l’investissement de départ et permet d’optimiser rapidement sa production . “Ça a répondu à un besoin ponctuel, mais nous allons maintenir la location de matériel car elle permet à nos clients de bénéficier d’une nouvelle technologie plus efficace dès qu’elle est disponible“.

Nous avons un partenariat à Moorea en Polynésie française, avec le laboratoire Criobe pour faire des recherches sur la barrière de corail et l’acidification des océans

Marylou Suc, responsable business développement BiOceanOr


Un système de monitoring pour la surveillance des coraux et des plages

Le secteur de l’aquaculture est en pleine croissance et représente environ la moitié de la quantité de poissons consommés dans le monde. Dans ce contexte économique, la France est particulièrement bien positionnée, avec 3 500 fermes aquacoles qui produisent 224 000 tonnes de poissons par an (données Ifremer 2010). Ce qui place le pays en troisième position des pays producteurs en Europe, a proximité immédiate de l’Espagne et loin derrière la Norvège qui a une production supérieure à 1 million de tonnes par an.

La solution de BiOceanOr permet aussi de surveiller la qualité des eaux dans les zones de baignade et de loisirs ainsi que la qualité des eaux de rivière, à l’instar de ce que propose la startup Biomae. L’entreprise pourrait également mettre sa technologie au service de la surveillance des coraux.