Le marché des producteurs maraîchers et légumiers, hors filière industrielle, représente 25 000 exploitations en France. Une production diversifiée en termes de pratiques, de modes de commercialisation et de profils de ferme, dont la taille varie entre des exploitations qui font moins de 2 hectares à des fermes de 20 hectares.

En comptant la filière industrielle, nous sommes le 3ème pays producteur européen après l’Italie et l’Espagne, et notamment le premier producteur de légumes en conserve ainsi que le deuxième fabricant de légumes surgelés. Et comme pour toutes les filières agricoles, le secteur du maraîchage subit actuellement de profondes mutations afin de tendre vers des pratiques durables et respectueuses de l’environnement sans perdre en productivité.

C’est pour répondre à ce besoin qu’est née la startup Elzeard (du nom du personnage principal de L’homme qui plantait des arbres, de Jean Giono) qui propose une application de gestion de production, d’aide à la décision et de pilotage spécifiquement conçue pour les producteurs maraichers et légumiers.


Améliorer la transparence des cultures maraîchères

« Il n’y a pas pas de bases de connaissances partagées par les producteurs, aujourd’hui, sur les cultures potagères et maraîchères. La plupart des professionnels utilisent encore des carnets de notes ou des tableurs Excel » précise Florence Amardeilh, co-fondatrice de la structure, dont la vocation est justement d’aider les maraîchers et légumiers dans leur quotidien grâce à un « compagnon numérique ».

Elzeard se présente comme une solution web et mobile entièrement paramétrable pour s’adapter aux contextes locaux et aux méthodes propres à chaque producteur. Elle propose trois modules pour aider les producteurs : un pour la gestion des plans d’assolement et des plannings culturaux ; un module pour assurer le suivi des interventions et la collecte de données, un troisième pour l’exploitation des données du producteur et la gestion des flux de documents (registre phytosanitaire, offre prévisionnelle, traçabilité…).

La plateforme gère notamment les itinéraires techniques des cultures : dates de plantation, besoins en amendements, opérations à effectuer, durée de maturation, etc. Ces itinéraires sont entièrement personnalisables par les producteurs pour intégrer leur propres connaissances, méthodes et conditions de culture. Un outil qui permet de gagner du temps et d’optimiser la production. C’est aussi une manière simple et efficace de générer de la transparence auprès des consommateurs à une époque où l’information produit est en passe de devenir l’un des principaux critères d’achat.


Faciliter le lien entre les territoires et les producteurs

Au-delà des producteurs, les territoires bénéficient eux aussi de ce type d’application. Par le partage des expériences, la valorisation des pratiques culturales respectueuses de l’environnement ou encore pour stimuler des projets de relocalisation alimentaire. Pour accélérer sur cet aspect, la startup travaille à la création d’un portail de partage de connaissances et de pratiques culturales baptisé « La Serre des Savoirs » qui facilite le lien entre les territoires et les producteurs.

Cette collaboration avec les territoires est d’ailleurs au cœur de la stratégie d’Elzeard. « Nous avons l’ambition de devenir une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) et nous avons pour cela créé un comité stratégique dont font notamment partie des collectivités : la ville de Narbone, Dijon Métropole – un territoire particulièrement engagé sur l’agroécologie – ainsi que la région Nouvelle-Aquitaine » précise Florence Amardeilh.

Incubée à ses débuts par Atis – un incubateur de projets à impact incontournable dans le Grand Ouest – la startup est aujourd’hui épaulée par le groupe Aviva et vient d’intégrer le programme Alliance For Impact initié par le groupe La Ruche et Ventech. Elle espère boucler une première levée de fonds courant 2021 pour accélérer son développement.


Une opération de crowdfunding en cours

D’ici là, une opération de crowdfunding vient d’être lancée pour permettre aux particuliers et entreprises qui le souhaitent de soutenir la démarche. Par leurs dons, ils vont permettre de parrainer des maraîchers qui pourront ainsi s’inscrire dans une dynamique de tests et d’adaptation de l’application pour une période de 2 à 6 mois. Une étape clé avant la commercialisation du produit, prévue au premier trimestre 2021.

L’objectif d’Elzeard est d’embarquer au moins une centaine de maraîchers à bord de sa plateforme d’ici la fin de l’année 2021. « C’est ce qui va nous permettre de mesurer l’impact de nos outils et d’améliorer la démarche » ajoute l’entrepreneure.

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