Selon les données publiées début avril par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), plus de 260 gigawatts (GW) de capacité en énergies renouvelables ont été installé l’année dernière à travers le monde. Une croissance de 10% par rapport à l’année dernière. Un autre chiffre publié par l’agence est intéressant : au total, plus de 80% de toutes les nouvelles capacités d’électricité mises en place l’an dernier exploitent des sources d’énergies renouvelables. En parallèle, le développement des énergies fossiles se rétracte : 60 GW de capacités ont été installé cette année contre 64 GW en 2019.

Une croissance des capacités renouvelables largement dominée par le solaire et l’éolien. Deux sources dont la capacité a été multipliée par 7 en 10 ans et qui, en cumulé, dépassent désormais l’hydroélectricité, qui reste cependant toujours la principale source mondiale d’électricité d’origine renouvelable. En 2020, la Chine (12 GW) et la Turquie (2,5 GW) ont été les deux principaux pays a augmenter leurs capacités en hydroélectricité. En France, l’électricité d’origine hydraulique est toujours la première source d’énergie renouvelable, avec une production de l’ordre de 63,1 TWh en 2018, soit 11,5% de la production électrique totale du pays.

panneaux solaires


La Chine, premier de la classe sur à peu près toutes les technologies

En 2020, la forte croissance des nouvelles capacités en énergies renouvelables est largement liée au marché Chinois qui continue d’investir massivement dans ces technologies. Elle s’est dotée l’an dernier de 136 GW de capacité supplémentaire, soit presque la moitié des nouvelles capacités mondiales, pour l’essentiel en énergies éolienne (72 GW) et solaire (49 GW). Derrière, les États-Unis sont en seconde position, avec 29 GW de capacité supplémentaire, soit une augmentation 80% plus rapide qu’en 2019, répartie entre le solaire (15 GW) et l’éolien (14 GW).


Capacités solaires installées dans le monde à fin 2020

graphique capacités électricité solaire
En 2020, la Chine est le 1er pays au monde en terme de capacités solaire photovoltaïque installées sur son territoire, très très loin devant les États-Unis et le Japon. L’Allemagne est le premier pays Européen en matière de capacités solaires. (source : IRENA – 2021)


Capacités éoliennes installées dans le monde à fin 2020

graphique Capacités éoliennes installées dans le monde à fin 2020
La Chine est également le premier pays au monde en matière de capacités éoliennes installées sur son territoire devant les États-Unis et l’Allemagne. (Source : IRENA – 2021)


Capacités renouvelables (toutes technologies) installées dans le monde à fin 2020

graphique Capacités renouvelables (toutes technologies) installées dans le monde à fin 2020
La Chine domine très largement le reste du monde en matière de capacités renouvelables installées sur son territoire. L’Union Européenne compte 4 pays dans ce top 10 mondial : l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie puis la France. (Source : IRENA – 2021)


En France, l’éolien et l’hydraulique en tête

L’augmentation des capacités renouvelables françaises est assez homogène sur 2020, avec l’éolien et l’hydraulique en tête, de peu devant le solaire. On rappelle que la France est le second producteur européen d’électricité d’origine hydraulique, après la Norvège. Nos capacités en la matière sont cependant presque à saturation et le développement de l’éolien onshore et offshore, ainsi que celui du solaire photovoltaïque représentent les principaux axes de développement pour l’électricité renouvelable. D’autres technologies, en particulier le biométhane, pourraient aussi venir se substituer au gaz naturel.

Répartition du mix renouvelable français à fin 2020, par technologies

répartition des énergies renouvelables utilisées en France
Le mix-renouvelable français en 2020 est relativement équilibré, avec la dominance de l’hydraulique et de l’éolien, ainsi que le solaire photovoltaïque. Sont peu représentées dans ce graphique le biométhane, la géothermie et les technologies hydroliennes. (Source – IRENA 2021)


La PPE (programmation pluri-annuelle de l’énergie) prévoit une augmentation de nos capacités renouvelables de 73,5 GW en 2023, soit + 50 % par rapport à 2017 pour atteindre une capacité située en 101 et 113 GW en 2028, soit deux fois plus qu’en 2017. On rappelle que la France est aujourd’hui l’un des pays à avoir l’électricité la plus bas-carbone au monde grâce à son parc nucléaire. Pour autant, l’objectif est d’atteindre, petit à petit, un mix-électrique qui soit de plus en plus renouvelable, ce que certaines régions visent via des actions d’accompagnement énergétique.

Les leviers pour cela sont en premier lieu d’optimiser nos consommations en développant l’efficacité énergétique, la lutte contre les passoires thermiques et une réduction du gaspillage d’électricité. En second lieu, des investissements massifs sont à penser dans des technologies permettant de palier à l’intermittence des énergies renouvelables. Les principales pistes mènent à l’hydrogène, à des technologies de stockage par batterie pour l’autoconsommation. Enfin, des investissements en matière d’infrastructures pour assurer la compatibilité et la stabilité du réseau avec les renouvelables sont également à prévoir.

Pour aller plus loin : quelles conditions pour un mix électrique 100% renouvelable ? Notre synthèse du rapport de l’AIE et RTE.